prise[pri:z] n.f. 1 拿, 取, 握, 抓, 揪 ~ de bec 〈转义〉吵嘴, 口角 en venir aux ~s 竟然动手打起来 être [se trouver] aux ~s avec 跟…打架;〈转义〉与…搏斗, 与…作斗争 lâche...
prise[pri:z]
n.f.
1 拿, 取, 握, 抓, 揪
~ de bec
〈转义〉吵嘴, 口角
en venir aux ~s
竟然动手打起来
être [se trouver] aux ~s avec
跟…打架;〈转义〉与…搏斗, 与…作斗争
lâcher ~
松手, 放手;〈转义〉放弃
2 (网球拍等的)握法;(柔道、摔角等的)抓法
3 柄, 把手, 捏手;(悬岩峭壁上)可手攀或脚踏之处, 支撑点
Je n'ai pas de ~ pour tenir cet outil.
这件工具我没有地方握住它。
alpiniste qui cherche une ~
寻找一个支撑点的登山运动员
avoir [trouver] ~ sur
〈转义〉有办法控制…, 有办法左右…, 对…能起作用
donner ~ à
〈转义〉给把柄于, 给机会于, 招来, 引起:
donner ~ à la médisance
给人诽谤的口实
Sa conduite ir-réprochable ne donne aucune prise sur lui.
他无可指责的行为使人对他无可非议。
4 一撮;(药物的)一次剂量
une ~ de tabac
一撮鼻烟
5 夺取, 攻克;捕获, 掳获
~ de la Bastille
攻克巴士底狱
la ~ d'une ville
一座城市的攻克
~ d'otages
劫持人质
6 掳获物, 捕获物;赃物;充公物品
Les douaniers ont fait une belle ~.
海关人员截获了一大批物品。
7 〈转义〉获得;采取;呈现
~ de conscience
觉悟, 产生意识
~ en considération
予以考虑
~ de possession
占有, 取得
~ de contact avec
与…接触;与…会晤
~ de position sur une question
在一问题上采取的立场;对一问题的表态
8 ~ en charge (par un taxi) 出租汽车的起步价
~ en charge par la sécurité sociale
由社会保险承担
9 [一些装置的名称]
~ d'eau
取水装置 [指水喉、水管、水阀等];【铁路】水鹤
~ d'air
(空气)进气口
~ (de courant)
插座, 插孔;插头, 插塞;接线柱
~ d'antenne
天线插头
~ de téléphone
电话机插头
~ de terre
接地装置, 地线
~ mâle
插头
~ femelle
插座, 插孔
~ multiple
复式插座, 多路插座
~ directe
直接传动;直接传动装置:
être en ~ (directe) sur la réalité
〈转义〉直接接触现实
10 ~ d'armes 【军事】阅兵式
11 【工程技术】凝结, 凝固
ciment à ~ rapide
快凝水泥
12 【法律】 ~ de corps 逮捕
~ à partie
(对法官的)控告
13 ~ d'habit [de voile] 【宗教】初学修士、初学修女的正式入会修道典礼
14 (弈棋时)吃掉对方的棋子
15 ~ de vue(s) (电影的)拍摄, 拍镜头
16 ~ de son (电影的)录音
17 ~ de sang (供化验用的)抽血
prendre[prɑ̃:dr]
prendre 的动词变位
v.t.
1 拿, 取, 抓
~ une poignée de poudre
抓一把粉
~ son chéquier dans son sac
从手提包里拿出支票本来
Je te défends de ~ ce livre.
我禁止你拿这本书。
~ le volant
开车
~ qn par la main
拉着某人的手
~ qn par la taille
搂着某人的腰
~ qch. des mains de qn
从某人手中拿走某物
~ qch. avec les dents
咬住某物
~ en main
〈转义〉承担, 担负, 负责, 掌管
~ l'occasion aux cheveux
迅速抓住时机
~ de l'argent à la banque
到银行取款
2 捉住, 捕捉
~ des ennemis
俘获敌人
Prenez-le vivant!
逮活的!
~ un poisson à la ligne
钓着一条鱼
~ au piège
用陷阱捕捉
Il s'est pris le doigt dans la porte.
他的手指被门夹了一下。
3 欺骗, 使上当;笼络
se laisser ~
受骗, 上当
On ne m'y prendra plus.
我再也不会上这个当了。
savoir ~ qn
善于笼络某人, 善于对付某人
~ un enfant par la douceur
用软功夫来对付孩子
~ qn par son point faible
投某人之所好来达到自己的目的, 抓住某人的弱点
4 携带
~ un parapluie pour sortir
带把伞出门
5 带走, 接走
Le train ne prend pas de voyageurs à cette gare.
列车此站不上客。
Je passerai te ~ à ton bureau.
我到你办公室来接你。
6 搭乘
~ l'avion [un taxi]
乘飞机 [出租汽车]
7 穿, 戴
~ des lunettes
戴眼镜
~ l'habit [le voile]
〈转义〉出家, 进入修会, 当教士
~ le deuil
〈引申义〉戴孝
8 吃, 喝, 服用;吸入;使用
~ un repas
进餐, 吃饭
~ le thé
喝茶
~ un remède [du poison]
服药 [毒]
faire ~
使服用
~ du tabac
吸鼻烟
~ le frais
纳凉
~ le soleil
晒太阳
~ un bain
〈引申义〉洗个澡
~ la poudre d'escampette
〈转义〉逃之夭夭
9 记录, 记载;拍摄;复制
~ des notes
作笔记
~ une photo
拍照
10 量取
~ les dimensions [les mesures] de
量…的尺寸
~ la température [la tension artérielle]
量体温 [血压]
~ mesure à qn
给某人量尺寸
11 接纳, 收容;收留
maison qui prend des pensionnaires
收寄宿者的人家
Le médecin ne peut pas vous ~ aujourd'hui.
医生今天不能收您就诊。
~ un ami chez soi
把一个朋友接到家里来住
12 受, 接受
Prenez ce petit cadeau.
请收下这份小礼物。
~ les choses comme elles viennent
既来之则安之;随遇而安
Dans ce qu'il dit, il faut en ~ et en laisser.
他说的不可不信也不可全信。
~ des leçons
听课, 上课
~ les ordres de qn
奉某人之命
13 聘请, 雇用;娶(妻)
~ un apprenti
收学徒
~ (une) femme
娶妻
~ qn pour [comme, à, en]
请某人做, 让某人做;把某人当做:
~ qn comme secrétaire
请某人当秘书
14 租下
~ une chambre à l'hôtel
在旅馆里订一间房间
15 买
~ un billet de chemin de fer
买张火车票
Prenez-le pour cent francs.
这个卖给您100法郎。
C'est à ~ ou à laisser.
要不要随便。这不容讨价还价。
Il y a à ~ et à laisser.
有好有坏。
16 讨价, 索价;收费
Combien prend-il?
他要多少钱?
médecin qui prend cher
〈口语〉收费高昂的医生
17 询问, 打听
~ des nouvelles [des renseignements]
打听消息 [情况]
Prenez conseil auprès de lui.
去听听他的意见吧。
18 引用, 援引, 取自
Prenons cet exemple.
让我们拿这个例子来看。
~ exemple sur qn
向某人学习, 以某人为榜样
Où avez-vous pris cela?
〈口语〉您这是从哪儿听来的?您这个想法是哪儿来的?
à tout ~
总的说来, 总之;终究, 毕竟:
Cette maison a ses défauts; mais, à tout ~, elle peut vous convenir.
这所房有缺点, 但是总的说来, 对您可能合适。
19 占用, 花费, 需(时间)
Ce travail m'a pris beaucoup de temps.
这项工作花了我好多时间。
~ un an pour achever ce travail
用一年工夫来完成这项工作
20 利用, 使用
~ la plume
执笔, 书写
~ place
就座
~ le lit
(因病)卧床, 卧病
~ le vent
【航海】趁风扬帆;〈转义〉观望形势, 窥测方向
~ congé de qn
向某人告别
Prenez votre temps.
您不用着急。
~ bien son temps pour
选择适当时机…
21 攻占, 攻取, 拿下;夺取;袭击, 攻击;占有(妇女)
~ le pouvoir
夺取政权
~ une place fortifiée
拿下一个要塞
~ l'ennemi de flanc
自侧面袭击敌人
~ d'assaut
猛攻, 强击
~ la place de qn
夺取某人的位子
C'est autant de pris.
到手这一些也好。得到一点是一点。
22 抢, 窃
Le voleur a pris les bijoux.
小偷偷走了首饰。
~ une phrase à un auteur
剽窃一作家的句子
Il lui a pris sa femme.
他抢走了他的妻子。他霸占了他的妻子。
~ un baiser
强吻了一下
23 走上, 选取(道路, 路线)
~ un raccourci
抄近路
Prenez la première rue à droite.
请走右手第一条路。
~ la route d'Italie
取道意大利
~ la porte
走出门去
~ un virage
(车辆等)拐弯
~ la mer
开航, 出海
~ le large
出海;逃跑
~ terre
上岸, 登陆
~ de la hauteur
升高, (飞机等)爬高
24 选择, 挑选
Lequel prenez-vous?
您拣哪一个?
~ jour
选日子
25 遭到, 沾, 着, 得到
~ feu
着火;〈转义〉光火, 发怒
~ froid
着凉, 受凉
~ un rhume
得感冒
Cette substance prend l'humidité.
这物质会受潮。
chaussures qui prennent l'eau
沾了水的鞋
tissu qui prend bien la teinture
易染色的织物
~ contact avec qn
跟某人取得联系
~ de l'expérience
获得经验
26 〈口语〉挨, 遭受
~ des gifles
挨了几记耳刮子
~ l'averse
淋了一阵大雨
La voiture a pris un bon choc.
车子被猛撞了一下。
Qu'est-ce qu'il a pris!
他挨了一顿好打!
27 (感情、病痛等)攫住, 侵袭
La fatigue me prend.
我累了。
Ça me prend la tête.
〈口语〉这使我恼火。
La colère l'a pris soudain.
他勃然发怒。
Qu'est-ce qui vous prend?
〈口语〉您这是怎么啦?您干吗这样?
[用作v.impers.] :
Il me prend l'envie de voyager.
我忽然想出门旅行。
28 发现, 撞见
~ qn en faute
发现某人正在犯错误
Je vous y prends!
这下您可给我撞见啦!
~ qn la main dans le sac
当场捉住某人
29 具有, 呈现
~ forme
成形
~ racine
生根, 扎根
~ une bonne tournure
开始好转, 进展顺利, 情况良好
~ conscience
意识到;觉悟
~ une couleur
呈现一种颜色
~ un mauvais goût
变味
~ de l'embonpoint [du poids]
发胖, 长胖
~ peur
害怕起来
~ sa source
起源
~ naissance
诞生;开始
~ de l'âge
上年纪
30 〈转义〉触及, 对待, 看待;理解, 领会
~ un problème de front
从正面着手解决一问题
~ une chose du bon côté
从好的方面看待一事物
On ne sait par où le ~.
真叫人不知如何对待他才好。
~ une expression à la lettre
从字面理解一词句;取一词句的本义
~ qch.au sérieux [à la légère]
认真 [轻率] 地对待某事
le ~ de haut avec qn
高傲地对待某人
~ mal les paroles de qn
曲解某人的话;对某人的话感到不快
~ fait et cause pour qn
为某人进行辩护;袒护某人
~ qn en pitié [en amitié, en haine]
怜悯 [喜爱, 憎恨] 某人:
ne ~ jamais les méchants en pitié
决不怜惜恶人
~ en considération
予以考虑, 给予注意:
On prendra cette demande en considération.
这个请求将予以考虑。
31 采取, 采用, 作出, 持;装出, 表现出
~ une attitude
持一种态度
~ un air innocent
装出无辜的样子
~ courage
鼓起勇气
~ la défense de
保护…, 保卫…
~ une décision
作出一个决定
~ un engagement
立保证
~ fin
结束, 终止
~ la fuite
逃跑
~ garde
当心, 提防;照顾
~ goût à
对…感兴趣, 爱好
~ haleine
喘息, 喘气
~ l'initiative
带头, 发起, 主动
~ des mesures de sécurité
采取安全措施
~ la parole
发言;开始讲话
~ la parole de qn
取得某人的诺言
~ part
参加;分享
~ son parti
打定主意;死了心
~ le pas sur qn
赶在某人前头;〈转义〉排挤某人
~ patience
忍耐
~ de la peine
努力工作, 辛勤劳动
~ la peine de
劳驾…, 费心…:
Prenez la peine d'entrer.
劳驾请进。
~ plaisir à
喜欢…, 乐于…
~ position
表态, 采取立场
~ du repos
休息
~ sa retraite
退休
~ sa revanche
扳回第二局, 赢回第二盘
~ des risques
冒险
~ du soin à
细心护理…;照顾…, 关心…
~ son vol
起飞
~ la tête
带头, 居首
32 ~... pour 〈引申义〉把…当成;把…误认为
On le prend souvent pour son frère.
别人往往把他当成他兄弟。
~ le Pirée pour un homme
把比雷埃夫斯错当作人名 [比雷埃夫斯系希腊地名。喻闹个大笑话]
~ pour bon
相信, 信以为真:
Il prend pour bon tout ce qu'on lui débite.
随便人家跟他说什么, 他全信。
33 〈转义〉 ~ qch. sur soi, ~ qch. sous sa responsabilité, 〈口语〉 ~ qch. sous son bonnet 承担某事的责任;强迫自己
~ sur son compte
算在自己账上, 负全部责任
34 bien lui [nous...] prend de (+inf.) 幸好他 [我们…] …
Mal lui en a pris.
结果他倒了大霉。
— v.i.
1 凝结, 凝固, 冻;(河流等)结冰, 上冻
La mayonnaise a pris.
蛋黄酱凝结起来了。
Le lac a pris.
湖上冻了。
2 粘在, 沾, 附着
aliment qui prend au fond de la casserole
粘在锅底的食物
3 (植物栽种、移植、接枝后)长根, 成活, 接活
bouture qui prend
成活的插条
4 烧, 烧着
Le feu s'éteint, ne prend pas.
火熄了, 烧不起来。
5 〈转义〉奏效, 成功, 起作用
Ce livre n'a pas pris.
这本书失败了。
Cette mode a pris très vite.
这种式样很快就流行了。
La teinture de ce tissu a bien pris.
这种织物染得很好。
Le vaccin prend.
牛痘发了。
6 (笑话等)被相信, 被接受
À d'autres, ça ne prend pas!
去对别人吹吧, 我才不信呢!
7 朝 [指方向], 走 [指路径];(道路等)开始
~ à gauche, ~ sur la gauche
向左拐
~ tout droit
一直朝前
~ par les petites rues
走小路
rue qui prend au numéro 21 du Boulevard
在林荫大道21号旁边开始的路
8 冲, 呛人 [指刺激鼻咽]
Cette odeur prend au nez.
这股气味冲鼻。
9 (疾病等)侵袭
La fièvre lui a pris.
他发烧了。
— se ~ v.pr.
1 被拿住, 被握住
Cela se prend par le milieu.
这个要握住中间。
2 (药品等)被服用;(语词等)被使用
médicament qui se prend avant les repas
饭前服用的药
mot qui se prend dans tel ou tel sens
作某种解释的词
3 被抓住;被钩住, 被逮住
mouche qui se prend dans une toile d'araignée
投进蛛网的苍蝇
Son veston s'est pris à un clou.
他的上装被钉子钩住了。
ne savoir où se ~
〈转义〉不知如何是好
4 〈转义〉〈书面语〉依恋, 缠住, 感兴趣
5 凝固起来, 凝结起来;(河流等)结冰, 上冻;(天空)布满云, 有云
La mer de Norvège se prit.
挪威海结冻了。
6 把自己看作, 自以为
se ~ au sérieux
自视甚高, 自以为了不起
7 相互拉住
se ~ par la main
手牵着手;〈转义〉〈口语〉锻炼, 练习 [亦可se ~ par les épaules]
se ~ aux cheveux
互揪头发相打;〈转义〉吵架
se ~ de paroles
口角, 吵架
8 相互夺取
joueurs qui cherchent à se ~ le ballon
互相夺球的球员们
9 交媾
10 se ~ à qn 〈转义〉惹某人, 向某人挑衅
11 se ~ à (+inf.) 〈书面语〉开始…, …起来 [一般指突然地、出乎意料地]
Elle se prit à rire.
她蓦地笑起来。
12 s'en ~ à qn 指责某人, 责怪某人
Il ne pourra s'en ~ qu'à lui-même.
他只能怪自己不好。
13 se ~ de 开始有, 产生
se ~ d'amitié [d'aversion] pour qn
对某人产生好感 [反感]
14 s'y ~ 干, 做;动手干, 做起来
ne pas savoir par quel bout s'y ~
不知道该从哪儿做起
Il faudra s'y ~ à l'avance.
这事得尽早动手。这事得开始在前面。
s'y ~ bien [mal]
干得好 [坏], 干得利索 [笨拙]
15 se ~ pour 自以为, 把自己当作
se ~ pour un génie
自以为是个天才
Il ne se prend pas pour une merde.
〈口语〉他自以为了不起。
priser1[prize]
priser1 的动词变位
v.t.
1 〈旧语,旧义〉估价;标价
2 〈转义〉〈书面语〉高度评价, 赏识
~ un ouvrage
赏识一部作品
— se ~ v.pr.
自我赏识
priser2[prize]
priser2 的动词变位
v.t.
吸(鼻烟)
~ du tabac
吸鼻烟
[宾语省略] :
Il a l'habitude de ~.
他有吸鼻烟的习惯。
~ de l'héroïne
〈引申义〉吸海洛因
pris, e[pri, i:z]
a.
1 被占据的, 被占用的
Il avait sa journée ~e.
他整天都有事。
2 忙碌的, 有事的 [指人]
Je suis ~ ce soir.
今晚我有事。
3 被借用的, 被沿用的
mots ~ du grec
从希腊文借用来的字
4 被(病痛)侵袭的, 感到不舒适的;受(恐惧等情绪)支配的, 被攫住的
être ~ de fièvre
发烧
avoir la gorge ~e
感到喉咙不适, 喉咙发炎
être ~ de panique
惊慌失措
5 热恋的, 入迷的
6 凝结起来的;上冻的, 结冰的
crème bien ~e
凝结起来的奶油
rivière ~e
结了冰的河流
7 受骗上当的
8 ~ de vin [de boisson] 喝醉酒的
9 taille bien ~e 〈旧语,旧义〉匀称的身材, 好身材
拉鲁斯法汉双解
prendre
verbe transitif CONJUGAISON
1. (attraper, saisir)
拿 [ná]
prendre un stylo pour écrire
拿一支钢笔来写 [ná yì zhī gāngbǐ lái xiě]
2. (emporter)
带 [dài]
prendre un parapluie
带上一把雨伞 [dàishang yì bǎ yúsǎn]
3. (consommer)
吃 [chī]
prendre une boisson
喝一种饮料 [hē yì zhǒng yǐnliào]
prendre des médicaments
吃药 [chīyào]
prendre un repas
吃一顿饭 [chī yí dùn fàn]
4. (utiliser)
乘坐 [chéngzuò]
prendre l'avion
坐飞机 [zuò fēijī]
prendre le bus
坐公共汽车 [zuò gōnggòngqìchē]
5. (acheter)
买 [mǎi]
prends du pain en rentrant
回来的时候去买些面包 [huílai de shíhou qù mǎixiē miànbāo]
6. (aller chercher)
接 [jiē]
ma mère est passée me prendre à la gare
我母亲到火车站接我 [wǒ mǔqin dào huǒchēzhàn jiē wǒ]
7. (attraper, surprendre)
抓住 [zhuāzhù]
je l'ai pris sur le fait
我当场抓住了他 [wǒ dāngchǎng zhuāzhù le tā]
se faire prendre
被抓住 [bèi zhuāzhù]
8. (acquérir)
增加 [zēngjiā]
prendre du poids
体重增加 [tǐzhòngzēngjiā]
prendre de l'âge
年龄增加 [niánlíng zēngjiā]
9. (faire)
prendre un bain
洗个澡 [xǐ ge zǎo]
prendre une photo
拍张照片 [pāi zhāng zhàopiàn]
prendre des notes
记笔记 [jì bǐjì]
10. (occuper le temps)
花 [huā]
le voyage a pris des heures
旅途花了好几个小时 [lǚtú huā le hǎo jǐ ge xiǎoshí]
ce travail prend beaucoup de temps
这个工作很花时间 [zhè ge gōngzuò hěn huā shíjiān]
prendre
verbe intransitif CONJUGAISON
1. (s'épaissir)
凝结 [níngjié]
la mayonnaise a pris
蛋黄酱凝结起来了 [dànhuángjiàng níngjié qǐlái le]
le ciment prend très vite
水泥凝固得很快 [shuǐní nínggù de hěn kuài]
2. (commencer à brûler)
着 [zháo]
le feu ne veut pas prendre
火着不起来 [huǒ zháobuqǐlái]
prendre feu
着火 [zháohuǒ]
3. (se diriger)
走 [zǒu]
prenez la première à droite
走第一街向右拐 [zǒu dìyī jiē xiàng yòuguǎi]
se prendre
verbe pronominal CONJUGAISON
se prendre pour qqn
把自己当成某人 [bǎ zìjǐ dàngchéng mǒurén]
il se prend pour un héros
他把自己当成是英雄了 [tā bǎ zìjǐ dàngchéng shì yīngxióng le]
s'en prendre
verbe pronominal CONJUGAISON
s'en prendre à qqn
怪罪某人 [guàizuì mǒurén]
s'y prendre
verbe pronominal
做 [zuò]
elle sait s'y prendre avec les enfants
她懂得该如何对待小孩子们 [tā dǒngde gāi rúhé duìdài xiǎoháizimen]
FrenchWiktionary 2019 v1.1
Prise
Pincée
Fügen Sie nach dem Kochen eine Prise Salz hinzu. — Ajoutez après la cuisson une pincée de sel.
Prise
prise
Faculté de prendre, de saisir.
Ces objectifs sont déterminés par un plan à long terme, pour l'atteinte duquel on ménagera au maximum ses forces tout en cherchant les prises les plus variées qu'offre la situation du moment.
Avoir prise.
Les lutteurs se frottaient d’huile, afin de donner moins de prise sur eux.
La pitié n’a aucune prise sur ce peuple cruel.
Avoir prise, trouver prise sur quelqu’un, avoir sujet, trouver occasion de le critiquer.
Donner prise sur soi, donner prise à la critique, s’exposer à être repris, critiqué.
Cette chose est hors de prise, on ne peut la dérober ou on ne saurait y atteindre.
Cette pièce est en prise, est hors de prise, une autre pièce peut la prendre ou ne peut pas la prendre.
Action de prendre quelqu’un ou quelque chose.
Nos recherches océanographiques se prolongèrent autour du récif jusqu'au 4 juillet, et nous effectuâmes douze stations comprenant prises d'eau et de températures, sondages, dragages, chalutages. , Dans la mer du Groenland, 1928
Cette transformation générale de la société ne se fera pas par la prise du pouvoir d'État par une majorité de gauche ; elle suppose une myriade de luttes locales et globales.
Les prises d’échantillons de litière et de terre ont été effectuées avec l'aide d'un programme de casualisation préalablement établi : […].
Action de s’emparer d’un navire ; le navire capturé.
Les corsaires qui commandaient le navires furent donc très satisfaits ; ils le furent peut-être un peu moins... quand ils apprirent que les capitaines qui ne dressaient pas un inventaire fidèle de leurs prises commettaient, eux, un vol irrémissible, s'ils ne restituaient pas aux armateurs tout ce qu'ils détournaient. , Le vieux Saint-Malo : Les Corsaires chez eux, Édouard Champion, 1929, p.49&50
Toutefois, en cas de prise, naufrage ou déclaration d'innavigabilité, le marin payé au mois ou au voyage ne reçoit ses salaires que jusqu'au jour de la cessation de ses services.
Conseil des prises, conseil établi pour juger de la validité des prises.
Code international des prises.
Succession de mouvements ayant pour but de neutraliser un adversaire ou de s’en libérer.
Il a pu se libérer de son agresseur grâce à une prise de judo.
Chose qui a été saisie.
Une prise importante.
Ils sont allés à la pêche et ils sont revenus avec une belle prise.
Saillie ou autre relief permettant de prendre appui pour l’escalade.
Le mur lisse n’offrait aucune prise. Impossible d’y grimper.
Mets ton pied sur cette grosse pierre à ta gauche, c’est une bonne prise.
Une prise mal vissée dans un mur d’escalade c’est dangereux : si l’on met la main dessus par mégarde et qu’elle se détache, sa chute peut blesser quelqu’un.
Dose qu’on prend en une fois, en parlant de médicament ou de drogue.
Deux prises de rhubarbe.
Pincée de tabac.
[…] : c’était Napoléon ; il tenait la main levée comme pour prendre une prise de tabac, […]. Il prit sa prise et tourna le coin, pendant que les cris redoublaient et que le canon tonnait. , Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864
Comme elle tire sa tabatière, Tantôt lui demande une prise; c'est du tabac à la menthe. , Retour d'Alsace - Août 1914, 1916
Solidification en parlant du plâtre, du ciment, de la chaux, etc.
Quand l’enduit fin de finition a commencé à faire sa prise, on peut le talocher en faisant des 8 vers le haut et en ré-étalant la matière qui se dépose sur la taloche-éponge.
Coagulation, en parlant du lait.
Cette quantité de calcium et la dose de présure, ont été fixées arbitrairement en tenant compte simplement du temps de prise choisi ….
Action de combattre. Il se dit aussi de deux ou de plusieurs personnes qui disputent ou qui jouent les unes contre les autres. On ne l’emploie guère en ce sens que dans les locutions suivantes :
en venir aux prises.
être aux prises, combattre, se battre.
Les deux armées, les deux combattants sont aux prises.
Nos joueurs en sont aux prises.
Je les ai mis aux prises.
Être aux prises avec la mort, être en grand danger de mourir, être à l’agonie.
Être aux prises avec la mauvaise fortune, être dans le malheur, dans l’adversité.
prise de courant ou port de données électronique.
Où y a-t-il une prise pour que je puisse recharger mon portable ?
Cette prise USB ne marche plus.
(Par métonymie) Fiche (électrique, ou de câble de données).
Il faut mettre la prise mâle dans la prise femelle qui est ici.
Terrain pris sur la mer.
Cette après-midi du samedi 1 août 1914, l’habituelle activité estivale anime les aires qui bordent la route des prises, à la sortie du bourg.
prendre
Saisir, mettre en sa main.
[…] Joseph offre un bouquet de roses à son amoureuse, qui étend la main pour le prendre. , , J. Hetzel, 1864
De joyeuse humeur, le mari cause avec force gestes, prend parfois les mains de sa femme, la taille aussi […]
Vers la tombée du jour, le poète, ayant pris son parapluie, baisa galamment les mains de Mme Mirondeau et lui fit ses adieux. , , dans , 1921
Il prit un siège, alluma une cigarette et accepta sans se faire prier un verre de vin de messe.
Saisir une chose, l’enlever, la tirer à soi autrement qu’avec la main.
[…] ; deux bandelettes serrant ses cheveux ondés sont prises sous l’étole et vont s’entrecroiser par-derrière à la chute des reins. & , Nous allions à l’aventure par les champs et par les grèves, 1886, rééd. Le Livre de Poche, 2012
Prendre quelqu’un dans ses bras. - Prendre quelque chose avec les dents.
Saisir les choses avec leur gueule, leur bec, leurs griffes, etc., en parlant des animaux.
Le perroquet prend souvent avec sa patte ce qu’il veut prendre ensuite avec son bec.
Mettre sur soi, en parlant des habits, des vêtements.
Pour la Promenade du soir, on prend une robe blanche de percale ; mais elle doit être très-courte et décoletée […]
Commencer à porter.
Prendre la perruque ou prendre perruque.
Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution.
Prendre un parapluie, une lanterne. - Prendre sa canne, son épée, son chapeau.
Il a pris son fusil et il est allé à la chasse.
Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu’un ce qu’il possède, le lui dérober.
On lui a pris sa bourse, sa montre, tout ce qu’il possédait. - Ils lui ont pris jusqu’à sa chemise.
Ce chien a pris un poulet sur la table.
S’emparer, se saisir par force d’une chose ou d’une personne.
On se rappelle que, ce que nous avions pris aux autres, il a fallu leur rendre, et on leur reprendra ce qu’ils nous ont pris sans raison en 1871. , La Politique au village, Fischbacher, 1896, p. 320
Il a pris l’arme de son adversaire.
Prendre quelqu’un au collet, à la gorge, par le bras, à bras-le-corps.
Dominer sexuellement.
Je l’ai prise en levrette, mon gars, quelque chose de concret !
Enlever à l’adversaire.
Je prends votre dame avec mon roi.
Je prends et je joue.
Faire des levées d’hommes.
Il a été pris pour le service militaire.
Arrêter quelqu’un pour le conduire en prison.
Ce voleur s’est enfin laissé prendre. La gendarmerie a déjà pris deux de ces bandits.
Butiner à la guerre, y faire des prisonniers.
On a pris à l’ennemi quinze cents hommes, deux drapeaux, dix canons.
Se rendre maître par la force des armes ou autrement, d’une place forte.
Le 26 octobre, une dépêche annonça que les Anglais avaient pris Bois-le-Duc après une attaque de nuit exécutée par des chars lance-flammes « au clair de lune artificiel ». , L’Agonie de l’Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p. 117
Attraper à la chasse ou à la pêche.
[…] n’avait-il point remarqué une superbe truite qui se calait sous un rocher de la rive. […] La question se posait seulement de savoir s’il la prendrait au filet ou à la main. , , dans , 1921
Nous avons chassé tout le jour sans rien prendre.
Prendre des oiseaux à la pipée, au trébuchet.
Poursuivre et saisir un gibier, en parlant des animaux de chasse, des oiseaux de proie, des prédateurs.
Mon chien a pris deux lièvres.
Ses chiens n’ont rien pris de la journée.
S’emparer de quelqu’un, gagner quelqu’un en s’attaquant à son esprit, à son cœur, à ses sens.
Raïssouli est évidemment un profond psychologue qui connaît nos petites faiblesses et sait comment il faut nous prendre. , Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 240
Surprendre.
Je l’ai pris à voler des fruits dans votre jardin. - Il promit qu’on ne l’y prendrait plus. - Tout le monde y aurait été pris.
Attaquer, aborder.
Prendre une armée de flanc. - Prendre son ennemi par derrière. - Prendre quelqu’un en traître, en trahison.
Manger, boire, avaler, absorber, en parlant des aliments, des boissons, des médicaments solides ou liquides.
L’abbé Plomb est privé de sa gouvernante qui s’absente, cette après-midi, et il prend son repas, chez nous […] , , Plon-Nourrit, 1915
Le café noir très fort qu’il a pris au début de la veille, empêche Arsène André de s’endormir.
Tonton Mbagnick appelle le serveur et commande un ballon de Kir Royal et demande à Meïssa Bigué ce qu’il voulait prendre. , Femmes dévouées, femmes aimantes, L’Harmattan, 2011, p. 46
Le dur travail et l'air pur excitent l'appétit. Au petit matin, après un déjeuner copieux, les bûcherons gagnent l'aire de coupe. Ils prennent sur place, en le dévorant, le repas préparé par le cook : du lard, de la mélasse, des galettes.
Faire usage pour sa santé, pour son agrément, etc.
Muni même d’un pain de savon, il prit, sur le bord d’un cours d’eau, hors la ville, son premier bain depuis seize mois.
Prendre un lavement.
Se faire contaminer par contagion, en parlant des maladies.
Il a pris la peste, la fièvre jaune, le typhus. - C’est d’un tel qu’il a pris la grippe.
Atteindre par surprise.
L’orage, la pluie nous prit en chemin.
La fièvre l’a pris le samedi.
La frayeur, la colère, l’ennui, l’enthousiasme, etc., le prit.
Fixer sur le corps.
Il prend de l’embonpoint.: Il prend du ventre. - Prendre des forces.
Contracter ; adopter.
Un rhume, en apparence bénin peut, s’il est négligé, dégénérer en bronchite ou en pneumonie ; le plus sage serait d’éviter de courir ce risque en prenant des précautions nécessaires pour que vous ne vous enrhumiez pas.
On avait beau le corriger quand les voisins le ramenait en carriole, l’habitude de ces fugues était prise. […] Si une semaine s’écoulait sans escapade, on le voyait s’ennuyer, dépérir et fureter dans le logis pour trouver une issue.
Si profond était le fossé entre la bourgeoisie manufacturière et les ouvriers du textile que les luttes révolutionnaires, dans Sedan, prirent comme nulle part ailleurs le caractère d’un conflit entre classes. , Des luttes ardennaises, 1969
Bien qu’il n’eût pu comprendre un seul mot de ce qui avait été dit, Bert éprouva un choc en remarquant le ton qu’avait pris l’homme.
Je pris l'habitude, à l'imitation des goumiers et des bellahs, d'aller pisser accroupi, à flanc de dune, […].
Se donner, employer, en parlant de titres, de qualités, de noms.
Il prit le titre de comte. - Elle prit le nom de son mari.
Acquérir, acheter.
Je prendrai tout à six francs pièce. - Vous en demandez trop cher : je ne le prendrai pas.
C’est à 'prendre' ou à laisser.
Demander, percevoir un prix pour quelque chose que l’on vend.
Ce marchand prend vingt francs du mètre de ce drap. - On m’a pris mille francs pour ce travail.
Recevoir ; accepter.
Rien n’avait été convenu entre nous : il a pris ce que je lui ai donné.
Ce train prend des voyageurs de toutes classes.
Bénéficier de.
Ce cabinet était la demeure favorite du roi ; c’était là qu’il prenait ses leçons d’escrime avec Pompée, et ses leçons de poésie avec Ronsard.
Emprunter, tirer de.
Il a pris l’idée de cette tragédie dans un vieux roman.
C’est un mot que nous avons pris du latin.
Recevoir des traits psychologiques ou physiques de son ascendance.
: C’est vrai, ce qu’on dit, vous êtes le fils d’un démon et d’une pucelle ? […] Vous avez plus pris de la pucelle. , , Livre I, épisode Les Défis de Merlin
Engager des personnes, ou s’engager avec elles, sous certaines conditions.
Prendre un domestique, une femme de chambre, une cuisinière, un chauffeur, etc.
Prendre un ouvrier, des ouvriers à la tâche, à la journée.
Prendre un associé, une épouse.
Joindre quelqu’un en quelque endroit, pour se rendre ailleurs avec lui.
J’irai vous prendre à deux heures précises. - Il est venu me prendre pour aller au théâtre.
Emmener avec soi.
Le capitaine prit trente hommes pour faire cette reconnaissance.
Recueillir, donner l’hospitalité.
Je l’ai pris chez moi. - Il eut la bonté de prendre chez lui toute cette famille.
Ôter, retirer, retrancher une partie d’un tout.
Prendre dix mille francs sur une succession. - Il a pris mille francs d’avance sur son traitement.
Retrancher de quelque chose pour subvenir à autre chose.
Prendre sur sa nourriture, sur sa dépense, sur son nécessaire, etc., pour donner aux pauvres.
Prendre sur son sommeil pour travailler.
Se charger d’une chose, entrer en possession, en jouissance d’une chose à certaines conditions.
Prendre des terres en fermage.
Prendre un appartement en location.
J’ai pris une chambre, un pied-à-terre dans cette maison.
Charger quelque chose, recevoir quelqu’un, à bord.
Engager et conduire, en parlant d’une affaire.
Il a mal pris son affaire, voici comme il fallait la prendre.
Prendre une affaire du bon, du mauvais biais.
Choisir, préférer, adopter de préférence, se décider pour.
Vous recherchez moins mon avis sur le parti que vous avez à prendre que mon approbation pour celui que vous avez pris. à Henriette, du 7 mai 1764, dans Lettres philosophiques, présentées par Henri Gaston Gouhier, Paris : J. Vrin, 1974, page 131
Je ne sais quel livre prendre.
Choisir une route, un chemin, s’y mettre en marche, en parlant particulièrement de ceux qui voyagent, qui cheminent.
Il suivit la D 925 sur une vingtaine de kilomètres, puis prit au sud, traversa la forêt de Lancosme jusqu'à Méobecq et bifurqua vers Rosnay par la D 27.
Sur des routes aux doux reliefs, vous prendrez la direction de Champlay, Neuilly et Laduz, où vous pourrez visiter un intéressant musée des Arts et Traditions populaires. , p. 234
Entrer dans un chemin qui se présente au choix.
Nous contournâmes, sans l’apercevoir, la colonne, puis le taxi remonta le faubourg Saint-Antoine, prit à gauche.
Prendre à droite, à gauche, tout droit.
Utiliser un mode de locomotion qui se présente au choix.
Prendre la voiture, prendre le train, prendre le paquebot.
Prendre un cheval, une voiture, un bateau, une automobile, un avion.
Couper, utiliser, façonner, de certaines façons, en parlant des étoffes, des viandes, et plus généralement ce que l’on coupe ou tranche avec art.
Le tailleur a mal pris cette étoffe. - Prendre une étoffe de droit fil, de biais.
Vous coupez mal ce morceau; vous n’avez pas pris le sens.
Entendre, comprendre, concevoir, expliquer, interpréter, considérer d’une certaine manière.
Accompagnez vos traits d’humour ou d’ironie d'une binette (smiley) : ":—)", qui indiquera au lecteur que vous plaisantez ou que vous désirez qu'on ne prenne pas mal votre boutade, votre allusion, etc. , Les salons littéraires sont dans l'internet, Presses universitaires de France, 2002, p. 176
Les commentateurs prennent ce passage en des sens très opposés.
À bien prendre la chose, vous devez être plus content que fâché de cet arrangement.
Adopter, soutenir avec chaleur.
Il a pris ma défense. - J’ai pris ses intérêts. - J’ai pris son parti.
Éprouver, en parlant des sentiments, des passions, des affections et des répugnances.
Prendre du plaisir, prendre son plaisir à quelque chose.
Prendre quelque chose en dégoût.
Prendre intérêt à quelqu’un, à quelque chose.
Prendre quelqu’un en amitié, en affection, en aversion, en haine, en grippe.
Obtenir, recueillir.
Prendre un congé.
Prendre l’avis de quelqu’un, prendre conseil d’un avocat.
Fixer, en parlant d’une date.
Tous récitèrent debout les grâces et Durtal prit rendez-vous avec l’abbé Plomb pour visiter la Cathédrale […] , , Plon-Nourrit, 1915
Déterminer par la mesure, les dimensions, la grandeur d’une chose.
Enfin, on a prétendu qu’en 1888, le patron d’un smack de Grimsby serait grimpé au sommet et aurait pris la hauteur totale du rocher avec une ligne de sonde. , Dans la mer du Groenland, 1928
Prendre la largeur d’une armoire. - Prendre la surface de la pièce.
Prendre la température, la tension artérielle d’un malade.
Rédiger, relever, fixer sur le papier.
Prendre des notes, prendre un croquis, prendre un plan, prendre une photographie.
[…] je décidai de passer l’après midi avec eux, d’étudier leurs méthodes de plonge et de ’prendre’ plusieurs films. , À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929
Prendre du temps ; durer.
Le passage a commencé le 12, par celui des nouaïb, l’âsker a suivi le lendemain le makhzen et le guîch ont traversé le 14 et le 15.
L’opération a donc pris quatre jours. , Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 143
[…] j’avais près de cent brasses de chaîne et mon ancre à ramener à bord, une tâche énorme pour un homme seul qui me prit près de quatre heures et demie […] , À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929
S’enraciner, pousser, croître.
La vigne ne prend pas dans cette région.
Il y a des plantes qui prennent également en toute sorte de pays; il y en a d’autres qui ne prennent qu’en de certaines terres.
Réussir, trouver son lectorat, son auditoire, en parlant d’un ouvrage de l’esprit, d’une proposition, d’un compliment, etc.
Votre maudite flotte est mise en pièces… Et vous avez le toupet de continuer vos grimaces… À d’autres ! avec moi, ça ne prendra pas !
Ce livre, cette pièce de théâtre n’a pas pris.
Cette plaisanterie n’a pas pris.
Ce jeune homme a bien pris dans le monde.
Adhérer, s’attacher, produire son effet.
Je m’apprête à allumer la lampe. Je frotte une allumette. Elle ne prend pas, le phosphore s’écaille, elle se casse. Je la jette, et, un peu las, j’attends…
Cette couleur naturelle ne prend pas sur les tissus synthétiques.
L’encre ne prend pas sur le papier huilé.
Le feu a pris à cette maison, à ce magasin.
Faire une impression trop forte à la gorge, au nez.
Cette odeur est trop forte, elle prend à la gorge.
Se geler, se coaguler, s’épaissir, se solidifier.
La rivière a pris cette nuit.
Mettez de la présure dans ce lait, pour qu’il prenne.
Vos confitures ont mal pris. - Cette gelée ne prendra pas.
Le fleuve était entièrement pris.
Il faut attendre que le béton ait complètement pris avant de passer à l’étape suivante.
Contribuer à un bon ou à un mauvais résultat.
Bien lui a pris d’avoir été averti à temps.
Il lui prendra mal un jour d’avoir montré tant d’insouciance.
Après ce qu’il avait fait, bien lui en prit d’avoir des protecteurs.
Être atteint.
La fièvre, la goutte lui a pris.
Il lui prit une colique, un mal de dents, une sueur froide, une faiblesse, etc.
Il lui prit une fantaisie, un dégoût; il lui prend des accès d’humeur.
S’attacher, s’accrocher.
Rencontré Artaud, […] qui s’est pris le pied dans la roue de sa voiture, a cogné la tête dans le marchepied, et est retombé sur une botte de paille ; il aurait voulu le faire qu’il n’y serait jamais arrivé. , Retour d’Alsace - Août 1914, 1916
Concevoir un sentiment pour quelqu’un.
Se prendre d’amitié, se prendre d’aversion, se prendre de passion, pour quelqu’un.
Provoquer, s’attaquer à quelqu’un.
Il ne faut pas se prendre à plus fort que soi.
Se contracter, en parlant de maladies.
La grippe se prend très facilement en cette saison.
Se figer, se solidifier.
L’huile se prend quand on la tient dans un endroit froid. - Le sirop se prendra bientôt.
pris
Précédé de l’adverbe bien, il s’emploie comme adjectif et signifie bien fait, bien proportionné.
Quelle admirable race au contraire que celle des femmes chrétiennes de la Bulgarie, dont nous avons tant de fois rencontré de jeunes essaims, les cheveux ornés de fleurs des champs […], la taille droite et bien prise, toutes les fois que leurs charmes natifs n’étaient pas flétris par le malheur ou la souffrance !
Une personne bien prise dans sa taille. - Il est petit, mais il est bien pris dans sa taille.
Avoir la taille bien prise, être de taille bien prise.
priser ou
Aspirer par le nez (du tabac, ou une autre substance : cocaïne, etc.).
Toujours vêtu de culottes noires, habit marron, il prisait dans une tabatière d’argent richement armoriée, en plissant sa figure sèche et ridée. , La Dernière Nuit dans Cœur double, 1891
Elle m’a répondu que c’était pour faire comme la nièce de madame, mademoiselle Cynthia, qui buvait, fumait, prisait des tas de cochonneries, dont la Lucie m’a dit les noms, qui étaient des drôles de noms que je ne rappelle pas. , Babylone, Éditions du Sagittaire/Simon Kra, 1927, chap. 3
法汉汉法词典
音标:[priz]
动词变位提示:prise是priser的变位形式
f. 取,拿,握,占,夺;捕捉;掳获物;捏手处;记录,拍摄;凝结,凝固;一撮,--帖;揪打;(气、水)进口,管嘴;插座,插头
专业辞典
1. n.f.
【工程技术】凝结,凝固:cilment à~rapide快凝水泥
2.n.f
【机械】进口
3.n.f.
【军事】阅兵式
4.n.f.
【宗教】初学修士、初学修女的正式入会修道典礼
prise
f.
(水泥)凝固;(水泥)硬化;(水泥等)凝固性;插[头、座];抽头;端子;取出;摄入;捕获船;捕获物;入口
prise (maritime, en mer)
海上俘获船
prise accélérée
急凝[混凝土]
prise cohésive
内聚引力
prise d'air
空气进口
prise d'air neuf
新风口
prise d'eau
吸水口,吸水器,吸口;取水装置
prise d'eau (à géométrie) fixe
固定形吸水口
prise d'eau (à géométrie) variable
可变形吸水口
prise d'eau (à la mer)
通海阀
prise d'eau (à la mer) principale
主通海阀
prise d'eau en écope
勺形吸水口
prise d'eau pariétale
舷墙吸水口
prise d'eau principale
海水主入口
prisé
音标:[prize]
动词变位提示:prisé是priser的变位形式
adj. 受到高度评价的 / prise d'effet
生效
prise d'essai
样品分析
prise d'humidité
受潮
prise d'échantillon
采样;取样
prise de bénéfice
获利回吐
prise de béton
混凝土凝固
prise de ciment
水泥凝结
prise de courant
集电弓,两孔插销
prise de feu
火灾
prise de fond
海水入口
prise de livraison
提货
prise de médicament à jeun
空腹服
prise de niveau
液位测量
prise de points
取穴
prise de points avoisinants
临近取穴
prise de points distants
远道取穴
prise de points selon les symptômes
辨症取穴
prise de points suivant le méridien
循经取穴
prise de réchauffement
上火
prise de sang
抽血
prise de terre
接地端子
prise des points selon les symptômes
随症取穴
prise femelle
插座,母插[头、座]
prise finale
终凝(混凝土)
prise initiale
初凝
prise initiale de béton
混凝土初凝
prise mâle
公插[头、座]
prise tripolaire
三孔插销
近义词
butin, capture, capture, conquête, absorption, ingestion, préhension, solidification, ascendant, empire
音标:[prãdr]
vt.
拿, 喝, 吃, 搭乘
I v.t. 1. 拿,取,抓:prendre une poignée de terre 取一把土
prendre son stylo dans son sac 从手提包里拿出钢笔来
prendre qn par la main 拉着某人的手
prendre qn par la taille 搂着某人的腰
prendre qch des mains de qn 从某人手中拿走某物
prendre qch avec les dents 咬住某物
prendre en main [转]承担,负责,掌管
prendre l'occasion aux cheveux 迅速抓住时机
prendre de l'argent à la banque 到银行取款
2. 捉住,捕捉:prendre des ennemis 俘获敌人
Prenez-le vivant! 逮活的!
prendre un poisson à la ligne 钓着一条鱼
prendre au piège 用陷阱捕捉
Il s'est pris le doigt dans la porte. 他的手指被门夹了一下。
3. 欺骗,使上当;笼络:se laisser prendre 受骗,上当
On ne m'y prendra plus. 我再也不会上这个当了。
savoir prendre qn 善于笼络某人善于对付某人
prendre qn par son point facile 役合某人的所好来达到自己的目的,抓住某人的弱点
4. 携带:prendre un parapluie pour sortir 带把伞出门
5. 带走,接走:Les enfants sont pris chaque matin à la maison. 孩子们每天早上被从家里接走。
Le train ne prend pas de voyageurs à cette gare. 列车此站不上客。
Je passerai te prendre à ton bureau. 我疳到你办公室来接你一同去。
6. 搭乘:prendre l'avion (un taxi) 乘飞机[出租汽车]
7. 穿插,戴:prendre des lunettes 戴眼镜
prendre l'habit (le voile) [转]出家,进入修会,当教士
prendre le deuil [引]戴孝
8. 力,喝,服用;吸入;使用:prendre un repas 进餐,吃饭
prendre le thé 喝茶
prendre un remède (du poison) 服药(毒)
faire prendre 使服用
prendre du tabac 吸鼻烟
prendre le frais 纳凉
prendre le soleil 晒太阳
prendre un bain [引[洗个澡
prendre la poudre d'escopette [转]逃之夭夭
9. 记录,记载;拍摄;复制:prendre des notes 作笔记
prendre une photo 拍照
10. 量取:prendre les dimensions (les mesures) de 量…的尺寸
prendre la température [la tension artérielle] 量体温[血压]
prendre mesure à qn 给某人量尺寸 / 11.收纳,收容;收留: maison qui prends des pensionnaires 收寄宿者的人家
prendre un ami chez soi 把一个朋友接到家里来住
12. 受,接受:Prenez ce petit cadeau. 请收下这份小礼物
prendre les chose comme elles viennent 既来之则安之;随遇而安
Dans ce qu'il dit, il faut en prendre et en laisser. 他说的不可不信也不可全信。
prendre des leçons 听课,上课
prendre les ordres de qn 奉某人之命脉
13. 聘请,雇用。娶(妻):prendre un apprenti 收学徒
prendre (une) femme 娶妻
prendre qn pour (comme, à , en) 请某做,让某人做;把某人当做:prendre Norman Béthune pour exemple 以白求恩为榜样,学习白求恩
prendre qn comme secrétaire 请某人当秘书
14. 租下
15. 买:prendre un billet de chemin de fer 买张火车票
Prenez-le pour cent francs. 一百法郎卖给你。
C'est à prendre ou à laisser. 这不容许讨价还价。
16. 讨价,索价;收费:Combien prend-il? 他要多少钱?
médecin qui prend cher [俗]收费高昂的医生
17. 询问,打听:prendre des nouvelles (des renseignements) 打听消息[情况]
Prenez conseil auprès de lui. 去听听他的疫吧。
18. 引用,援引,取自:prenons cet exemple. 让我们拿这个例子来看。
prendre exemple sur qn 向某人学习,以某人为榜样
Où avez-vous pris cela? [俗]你这是从哪儿听来的》你这个想法是哪儿来的?
À tout prendre 总的说来,总之;终究,毕竟:Cette maison a ses défauts; mais. À tout prendre, elle peut vous convenir. 这所房有缺点,但是总的说来,对你可能合适。
19. 占用,花费,需(时间):Ce travail m'a pris beaucoup de temps. 这项工作花了我好多时间。
prendre un an pour achever ce travail 用一年工夫来完成这项工作
20. 利用,使用:prendre la plume 扫笔,书写
prendre place 就座
prendre le lit (因病)卧床,卧病
prendre le vent [海]趁风扬帆;[转]观望形势,窥测方向
prendre congé de qn 向某人告别
Prenez votre temps. 你不用着急。
prendre bien son temps pour 选择适当时机…
21. 攻占,莉取,拿下;夺取;袭击,攻击;占有(妇女):prendre le pouvoir 夺取政权
prendre une place fortifiée 拿下一个要塞
prendre l'ennemi de flanc 自侧面袭击敌人
prendre d'assaut 猛攻,强击
prendre la place de qn 夺取某人的位子
C'est autant de pris. 到手这一些也好
22. 抢,窃:prendre une phrase un auteur 剽窃一作家的句子
23. 走上,选取(道路,路线):prendre un raccourci 抄近路
Prenez la première rue droite.请走右边第一条路。
prendre la route d'Italie. 取道意大利
prendre la voie du socialisme 走社会主义道路
prendre la porte 走出门去
prendre un virage (车辆等)
prendre la mer 开航,出海
prendre le large 出海,逃跑
prendre terre 上岸,登陆
prendre de la hauteur 升高,(飞机等)爬高
24. 选择,挑选:Lequel prenez-vous? 你拣哪一个?
prendre jour 选日子
25. 遭到,沾,着,得到:prendre feu 着火;[转]光火 ,发怒
prendre froid 着冷,受凉
prendre un rhume 得感冒
Cette substance prend l'humidité. 这物质会受潮。
chaussures qui prennent l'eau 沾了水的鞋
tissu qui prend bien la teinture 易染色的织物
prendre contact avec qn 跟某人取得联系
prendre des habitudes d'économie 养成节约习惯
prendre de l'expérience 获得经验
26. [俗]捱,遭受:prendre des gifles 捱了几记怔刮子
prendre l'averse 淋了一阵大雨
La voiture a pris un bon choc. 车子被猛撞了一下。
Qu'est-ce qu'il a pris ! 捱了一顿好打!
27. (感情、病痛等)攫住,侵袭:La fatigue me prend. 我累了。
La colère l'a pris soudain. 他勃然发怒。
Qu'est-ce qui vous prend? [俗]你这是怎么啦?你干吗这样?
[用作v.impers.] Il me prend l'envie de voyager. 我忽然想出门旅行。
28. 发现,撞见:prendre qn en faute 发现某人正在犯错误
Je vous y prends! 这下你可给撞见啦!
prendre qn la main dans le sac 当场捉住某人
29. 具有,呈现:prendre forme 成形
prendre racine 生根,扎根
prendre une bonne tournure 开始好转,进展顺利,情况良好
prendre conscience 觉悟,觉醒
prendre une couleur 叶现一种颜色
prendre un mauvais goût 变味
prendre de l'embonpoint (du poids) 发胖,长胖
prendre peur 害怕起来
30. [转]触及,对待,看待;理解,领会:prendre une problème de front 从正面接触一问题
prendre une chose du bon côté 从好的方面看待一事物
On ne sait par où le prendre. 真叫人不知如何对待他才好。
Il a très bien pris cette critique. 他对待这个批评的态度很好。
prendre une expression la lettre 从字面理解一词句;取一词句的本义
prendre qch au sérieux (à la légère) 认真地[累率地]对待某事
le prendre de haut avec qn 高傲地对待某人
prendre mal les paroles de qn 曲解某人的话;对某人的话感到不快
prendre fait et cause pour qn 为某人进行辨护;袒护某人
prendre qn en pitié (en amitié, en haine) 怜悯[喜爱,憎恨]某人 :ne prendre jamais les méchants en pitié 决不怜惜恶人
prendre en considération 予以考虑,给予注意:On prendra cette demande en considération. 这个请求将予以考虑。
31. 采取,采用,作出,持,装出,表现出:prendre une attitude 持一种态度
prendre un air innocent 装出无辜的样子
prendre courage 鼓起勇气
prendre la défense de 保护…,保卫 …
prendre une décision 作出一个决定
prendre un engagement 立保证
prendre fin 结束,终止
prendre la fuite 逃跑
prendre garde 当心,提防;照顾
prendre goût à 对…感兴趣,爱好
prendre haleine 喘息,喘气
prendre l'initiative 带头,发动,主动
prendre des mesures de sécurité 采取安全措施
prendre la parole 发言; 开始讲话
prendre la parole de qn 取得某人的诺言
prendre part 参加;分享
prendre son parti 打定主意;死了心
prendre le pas sur qn 赶在某人前头;[转]排挤某人
prendre patience 忍耐
prendre de la peine 努力工作,辛勤劳动
prendre la peine de 劳驾…,费心…:Prenez la peine d'entrer 劳驾请进。
prendre plaisir à 喜欢…,乐于 …
prendre position 表态,采取立场
prendre du repas 休息
prendre sa retraite 退休
prendre sa revanche 翻回第二局,赢回第二盘
prendre des risques 冒险
prendre du soin à 细心护理…;照顾 …,关心 …
prendre son vol 起飞
prendre la tête 带头,居首
32. prendre … pour [引]把…当成;把 …误认为: On le prend souvent pour son frère. 别人往往把他当成他兄弟。
prendre le Pirée pour un homme 把比雷埃夫斯错当作人名
prendre pour bon 相信,信以为真:Il prend pour bon tout ce qu'on lui débite. 随便人家跟他说什么,他全信。
33. [转]prendre qch sur soi, prendre qch sous sa responsabilité. prendre qch sous son honnête 承担某事的责任
prendre sur son compte 算在自己帐上,负全部责任
prendre sur soi de (+inf.) 克制自己…,竭力抑止 …;承担… 责任: Il prit sur lui de ne pas se mettre en colère. 他克制自己不要发火。
[补语省略]Il faut prendre sur soi. 应该克制自己。
34. bien lui (nous …) prend de (+inf.) 幸好他[我们…] …
Mal lui en a pris. 结果他倒了大霉。
II v.i. 1. 凝结,凝固,冻;(河流等)结冰, 上冻:Le lac a pris. 糊上冻了。
2. 粘在,沾,附着:aliment qui prend au fronde de la casserole 粘在锅底的食物
3. (植物栽种、移植、接枝后)长根,成活,接活
4. 烧,烧着:Le feu a pris cette maison. 火已烧着了这所房子。
Le feu s'éteint, ne prend pas. 火熄灭了,烧不起来。
5. [转[]奏效,成功,起作用:Ce livre n'a pas pris. 这本书失败了。
Cette mode a pris très vite. 这种式样很快流行了。
La vaccin prend. 牛痘发了。
6. (笑话等)被相信,被接受:A d'autres, ça ne prend pas! 去对别人吹吧,我才不信呢!
7. 朝[指方向盘],走[指路径];(道路等)开始:prendre à gauche, prendre sur la gauche 向左拐
prendre tout droit 一直朝前
prendre par les petites rues 走小路
rue qui prend au numéro 21 du Boulevard 在林荫大道21号旁边开始的路
8. 冲,呛人[指剌激鼻喉]:Cette odeur prend au nez. 这股气味冲鼻。
9. (疾病等)侵袭:le fièvre lui a pris. 他发烧了。
III se prendre v.pr. 1. 被拿住,被握住:Cela se prend par le milieu. 这个要握住中间。
2. (药品等)被服用;(语调等)被使用:Ce remède se prend à jeun. 此药空腹服用。
mot qui se prend dans tel sens 作某种解释的词
3. 抓住;被钩住,被逮住:mouche qui se prend dans une toile d'araigne. 投进蛛网的苍蝇
Son veston s'est pris un clou. 他的上装被钉钩住了。
ne savoir où se prendre [转]不知如何是好
4. [转]依恋,缠住,感兴趣
5. 凝固起来,凝结起来;(漆黑流等)结冰,上冻;(天空)布满云,有云:L'huile se prend quand on la met dans un endroit froid. 油放在冷的地方会冻起来。
6. 把自己看作,自以为:se prendre au sérieux 自视甚高,自以为了不起
7. 相互拉住:se prendre par la main 手牵着手
se prendre aux cheveux 互揪头发相打;[转]吵架
se prendre de paroles 口角,吵架
8. se prendre par la main (par les épaules) [转,俗]锻炼,练习
相互夺取:joueurs qui cherchent à se prendre le ballon 相互夺球的球员们
交媾
11.se prendre à qn [转]惹某人,向某人挑衅
12. se prendre à (+inf.) 开始…, …起来[一般指突然地、出乎意料地]:Elle se prit à rire. 她蓦地笑起来。
13. s'en prendre à qn 指责某人,责怪某人:Il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même. 他只能怪自己不好。
14. se prendre de 开始有,产生:se prendre d'amitié (d'aversion) pour qn 对某人产生好感[反感]
15. s'y prendre 干,做;动手干,做起来:ne pas savoir par quel bout s'y prendre 不知道该从哪儿做起
s'y prendre à plusieurs fois 多次摸索,多次尝试
s'y prendre bien (mal) 干得好[坏]
16. se prendre pour 自以为,把自己当作:se prendre pour un génie 自以为是个天才
Il ne se prend pas pour une merde. [俗]他自以为了不起
专业辞典
v.t.
【航海】趁风扬帆
prendre
vt取,拿;做;用;服
prendre (la relève, le quart)
接班
prendre (à) par voie buccale
口服
prendre acte
备案
prendre des (médicaments, remèdes)
服药
prendre des marchandises à (compte, crédit)
货物赊购
prendre des mesures adéquates contre la maladie
对症下药
prendre des photos
照相
prendre des relèvements
船位测量
prendre des ris
收帆
prendre du poison
服毒
prendre effet
生效
prendre en considération
考虑
prendre en location
承租
prendre l'exclusivité
买断
prendre la mer
出海,出航
prendre la tension (artérielle)
血压测量
prendre le mou
收回绳索
prendre le pouls
按脉,号脉,摸脉,切脉
prendre les devants
先行
prendre les drogues en infusion
泡服
prendre rendez vous
预约
prendre soudain conscience de qch
顿悟
prendre un médicament par voie buccale
口服药
prendre un relèvement au compas
海图定方位
prendre un taxi
打的
prendre une décision
裁夺
prendre une photo
拍摄
prendre une position
卖空
prendre à jeun
空腹服
prendre à la remorque
拖索
近义词
agripper, attraper, empoigner, happer, ramasser, saisir, se saisir de , barboter, carotter, chiper
音标:[pri]
动词变位提示:pris是prendre的变位形式
pris,-e
a. 被占用的;被借用的;忙碌的;罹病的,遭受…的;入迷的;凝结的,结冰的;受骗上当的
pris de vertige
昏眩
近义词
affairé, débordé, occupé
音标:[prize]
v.t. 吸(鼻烟):priser du tabac吸鼻烟
Il a l'habitude de priser. 他有吸鼻烟的习惯。
priser de l'héroïne [引]吸海洛因
近义词
apprécier, estimer, faire cas de
French Morphology
prise
Part. pas. f.s. - prendre
prendre
(v. 3)
Présent : prends, prends, prend, prenons, prenez, prennent ;
Futur : prendrai, prendras, prendra, prendrons, prendrez, prendront ;
Passé : pris, pris, prit, prîmes, prîtes, prirent ;
Imparfait : prenais, prenais, prenait, prenions, preniez, prenaient ;
Présent du subjonctif : prenne, prennes, prenne, prenions, preniez, prennent ;
Imparfait du subjonctif : prisse, prisses, prît, prissions, prissiez, prissent ;
Conditionnel : prendrais, prendrais, prendrait, prendrions, prendriez, prendraient ;
Participe présent : prenant ;
Participe passé : pris, prise, pris, prises.
pris
1 p.s. Pas., 2 p.s. Pas., Part. pas. m.s., Part. pas. m.p. - prendre
Dictionnaire de l’Académie Française
PRISE
n. f.
Faculté de prendre, de saisir. Avoir prise. Trouver prise. Les lutteurs se frottaient d’huile, afin de donner moins de prise sur eux.
Il s’emploie aussi figurément. La pitié n’a aucune prise sur ce peuple cruel.
Fig., Avoir prise, trouver prise sur quelqu’un, Avoir sujet, trouver occasion de le critiquer. On dit dans le même sens : Donner prise sur soi, donner prise à la critique, S’exposer à être repris, critiqué.
Cette chose est hors de prise, On ne peut la dérober ou On ne saurait y atteindre.
En termes de jeu d’échecs, Cette pièce est en prise, est hors de prise, Une autre pièce peut la prendre ou ne peut pas la prendre.
Lâcher prise, Laisser aller ce qu’on tenait avec force. Se débattre pour faire lâcher prise à quelqu’un.
Fig., Lâcher prise, Cesser une poursuite, une dispute; un combat, etc.; ou Rendre malgré soi ce qu’on a pris. Ils ont disputé longtemps sans vouloir lâcher prise.
En termes d’Automobile, Prise directe, Disposition du mécanisme où l’arbre primaire transmet le mouvement à l’arbre secondaire sans l’intermédiaire d’engrenages.
PRISE se dit aussi de l’Action de prendre quelqu’un ou quelque chose. La prise d’une place de guerre. Se trouver à la prise du cerf.
Prise d’eau, Action de détourner d’une rivière, d’un étang, etc., une certaine quantité d’eau, soit pour faire tourner un moulin, soit pour quelque autre usage. Il se dit aussi de la Concession qui est faite pour détourner ainsi de l’eau, et quelquefois aussi de l’Eau même qui est détournée.
Prise d’air, Action de percer une ouverture pour faire entrer l’air dans un endroit clos, dans un calorifère. dans une cheminée, etc.
Prise de vapeur, Appareil servant à conduire la vapeur de la chaudière d’une machine dans le cylindre.
Prise d’habit, Cérémonie au cours de laquelle un religieux, une religieuse prend l’habit religieux. On dit dans le même sens pour une religieuse : Prise de voile.
Prise d’armes, Manoeuvre, revue, pour laquelle une troupe prend les armes. Il y aura aujourd’hui une prise d’armes aux Invalides.
En termes de Médecine, Prise de sang, Opération qui consiste à prendre une petite dose de sang à une personne, pour l’analyser.
En termes de Droit, Prise de possession, Acte par lequel une personne prend possession d’une charge, d’un emploi, d’un héritage, d’une terre.
En termes de Jurisprudence, Prise de corps, Action par laquelle on se saisit d’un homme, en vertu d’un acte du juge. Un décret, une ordonnance de prise de corps. Il y a plusieurs décrets de prise de corps contre lui. Il se dit aussi de l’Arrêt ou de la sentence qui ordonne la prise de corps. Il y a prise de corps contre lui. On a décerné une prise de corps contre lui.
En termes de Procédure, Prise à partie, Recours qu’exercent les parties contre leurs juges, dans les cas prévus par la loi.
Prise de bec, Lutte entre deux oiseaux. Il se dit aussi, figurément et familièrement, d’une Querelle de paroles. Ces deux adversaires ont en une violente prise de bec.
PRISE désigne spécialement, en termes de Marine, l’Action de s’emparer d’un navire, et aussi le Navire capturé. Amener une prise dans un port.
Conseil des prises, Conseil établi pour juger de la validité des prises. On dit dans un sens analogue : Code international des prises.
Navire de bonne prise, Navire qui a été pris justement. Ce bâtiment portait des armes aux ennemis, il a été déclaré de bonne prise.
PRISE se dit aussi, dans le langage courant, de la Chose qui a été prise. Une prise importante. Ils sont allés à la chasse et ils sont revenus avec une belle prise.
En parlant de Médicaments et de drogues, il se dit de la Dose qu’on prend en une fois. Deux prises de rhubarbe. Une demi-prise. On dit aussi Prise de tabac et absolument Prise, Pincée de tabac. Prendre une prise.
PRISE se dit encore de la Solidification de certaines matières comme le plâtre, le ciment, la chaux, etc. Le degré de prise.
PRISES, au pluriel, se dit de l’Action de combattre. On ne l’emploie guère en ce sens que dans les locutions suivantes :
En venir aux prises, Se prendre des mains, se saisir mutuellement, se jeter l’un sur l’autre. Après avoir brisé leurs épées, ils en vinrent aux prises.
être aux prises, Combattre, se battre. Les deux armées, les deux combattants sont aux prises. Il se dit aussi de Deux ou de plusieurs personnes qui disputent ou qui jouent les unes contre les autres. Nos joueurs sont aux prises, en sont aux prises. Les deux avocats sont aux prises. On dit de même : Je les ai mis aux prises, je les ai laissés aux prises.
Fig., être aux prises avec la mort, être en grand danger de mourir, être à l’agonie. Fig., être aux prises avec la mauvaise fortune, être dans le malheur, dans l’adversité.
PRENDRE
v. tr.
Saisir, mettre en sa main. Prendre un livre. Prendre une épée. Prendre une pierre. Prendre une plume. Prendre un bâton. Prendre la main, le bras, l’oreille à quelqu’un. Prendre quelqu’un par la main. Prendre un cheval par la bride.
Prendre les armes, S’armer, soit pour combattre, soit. pour faire l’exercice, ou pour rendre des honneurs militaires à quelqu’un. Les soldats ont eu ordre de prendre les armes.
On ne sait par où le prendre, se dit d’un Malade dont tout le corps est douloureux; et, figurément, d’un Homme très susceptible, très irritable. On le dit encore figurément et dans un sens opposé, en parlant d’un Homme qui ne paraît sensible à rien, touché de rien.
Prendre d’une chose à pleine main, En prendre à poignée autant que la main peut en contenir.
Fig., Prendre à pleines mains, à toutes mains, de toutes mains, se dit des Gens avides qui ne laissent échapper aucune occasion de s’enrichir.
Fig., Prendre une affaire en main, S’en charger pour la diriger, pour la conduire. On dit à peu près de même dans le style soutenu : Prendre en main le timon des affaires, les rênes de l’état, etc.
Fig., Prendre en main le droit, les intérêts de quelqu’un, Soutenir ses droits, ses intérêts. Aux jeux de Paume et de Tennis, Prendre la balle de volée, à la volée, La relancer sans qu’elle ait touché terre. Prendre la balle au bond, La relancer alors qu’ayant touché terre elle rebondit.
Fig., Prendre la balle au bond, Saisir vivement et à propos une occasion favorable. On dit aussi figurément Prendre l’occasion aux cheveux.
Fig. et fam., Prendre la clef des champs, S’en aller, s’évader, s’enfuir. On dit familièrement, dans le même sens : Prendre la poudre d’escampette.
Fig. et fam., Prendre le taureau par les cornes, Aborder de front une difficulté, ne pas biaiser.
Fig. et ironiquement, Il semble qu’il n’y ait qu’à se baisser et à prendre, se dit d’une Chose qui paraît aisée et qui ne l’est point.
PRENDRE signifie aussi Saisir une chose, l’enlever, la tirer à soi autrement qu’avec la main. Prendre quelqu’un dans ses bras. Prendre quelque chose avec les dents. Prendre du feu sur une pelle. Prendre de l’encre avec une plume.
Par exagération, il n’est pas à prendre avec des pincettes, Il est extrêmement sale. Il signifie aussi figurément : Il est d’humeur très désagréable.
Fig. et fam., C’est vouloir prendre la lune avec les dents, C’est vouloir faire une chose impossible.
Fig. et fam., Prendre ses jambes à son cou, Se sauver précipitamment.
PRENDRE se dit aussi des Animaux qui saisissent les choses avec leur gueule, leur bec, leurs griffes, etc. Le perroquet prend souvent avec sa patte ce qu’il veut prendre ensuite avec son bec.
Prendre le mors aux dents. Voyez
MORS .
PRENDRE se dit en parlant des Habits, des vêtements, et signifie Mettre sur soi. Vous avez pris aujourd’hui un vêtement bien léger. Il a pris des gants fourrés. Il a pris son habit de cérémonie.
Prendre le deuil, S’habiller de noir à l’occasion de la mort de quelque personne. Prendre l’habit de religieux, de religieuse ou simplement Prendre l’habit, Entrer au noviciat, dans un monastère. Prendre le voile se dit, dans le même sens, des Religieuses.
Fam., Prendre le froc, Prendre la robe, Se faire moine. Prendre le petit collet, Entrer dans l’état ecclésiastique. Prendre le bonnet, Se faire recevoir docteur. Prendre la haire, Embrasser une vie pénitente. Prendre la livrée, Se faire laquais. Ces locutions vieillissent.
Prendre la perruque ou Prendre perruque, Commencer à porter perruque.
PRENDRE signifie aussi Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne, son épée, son chapeau. Il a pris son fusil et il est allé à la chasse.
Il signifie aussi Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu’un ce qu’il possède, le lui dérober. On lui a pris sa bourse, sa montre, tout ce qu’il possédait. Ils lui ont pris jusqu’à sa chemise.
Il se dit aussi des Animaux. Ce chien a pris un poulet sur la table.
PRENDRE signifie aussi S’emparer, se saisir par force d’une chose ou d’une personne. Il a pris l’arme de son adversaire. Prendre quelqu’un au collet, à la gorge, par le bras, à bras- le-corps. Il voulait résister, on l’a pris de force.
Prendre de force ou par force une fille, une femme, Attenter par violence à son honneur.
En termes de Jeu, Prendre une carte, Faire la levée. Je prends votre dame avec mon roi. Absolument, Je prends et je joue.
PRENDRE se dit aussi des Levées d’hommes. Il a été pris pour le service militaire.
Dieu l’a pris se dit de Quelqu’un qui est mort.
PRENDRE signifie aussi Arrêter quelqu’un pour le conduire en prison. Ce voleur s’est enfin laissé prendre. La gendarmerie a déjà pris deux de ces bandits.
Prov. et fig., Sitôt pris, sitôt pendu. Voyez
PENDRE .
PRENDRE se dit aussi en parlant de Ceux que l’on fait prisonniers à la guerre on du Butin de guerre. On a pris à l’ennemi quinze cents hommes, deux drapeaux, dix canons.
Fig. et fam., C’est autant de pris sur l’ennemi, C’est toujours avoir obtenu quelque avantage, avoir tiré quelque parti d’une mauvaise affaire. On dit de même absolument : C’est toujours autant de pris.
PRENDRE se dit encore en parlant des Places dont en se rend maître par la force des armes ou autrement. Prendre une ville, une forteresse. On a pris cette ville d’assaut. Cette place a été prise de vive force, et cette autre par la famine.
Il signifie aussi Attraper à la chasse ou à la pêche. Prendre un sanglier. Nous avons chassé tout le jour sans rien prendre. Prendre des oiseaux à la pipée, au trébuchet. Prendre des loups, des renards au piège. Prendre un lièvre au gîte. Cet oiseau s’est laissé prendre à la main. On a pris beaucoup de poisson. Nous avons pris tant de carpes d’un coup de filet. Prendre un poisson à la ligne, à l’hameçon.
Il se dit aussi des Animaux qui en poursuivent d’autres et les saisissent. Mon chien a pris deux lièvres. Ses chiens n’ont rien pris de la journée.
Fig. et fam., Se laisser prendre au piège, à l’hameçon, Se laisser tromper. On dit dans le même sens : Ne vous laissez pas prendre à ses paroles, à sa feinte douceur.
Fig. et fam., Cette femme l’a pris dans ses filets, Cette femme l’a séduit, s’est rendue maîtresse de son esprit, de son coeur.
Fig. et fam., Prendre quelqu’un au trébuchet, L’engager par adresse, par de belles apparences, à faire une chose qui lui est désavantageuse, ou qui est contraire à ce qu’il avait résolu. Il est vieux.
Prov., On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, On ne gagne pas les gens en les rudoyant.
PRENDRE signifie figurément S’emparer de quelqu’un, gagner quelqu’un en s’attaquant à son esprit, à son coeur, à ses sens. Il le prit par les sentiments. Elle le prit par les yeux. Il le prit par son propre intérêt.
Prendre quelqu’un par son faible, Toucher, flatter son inclination favorite.
Savoir prendre quelqu’un, Connaître les moyens par lesquels on peut agir sur lui. Quand on sait le prendre, on en fait tout ce que l’on veut.
PRENDRE signifie aussi Surprendre. Je l’ai pris à voler des fruits dans votre jardin. Prendre quelqu’un au dépourvu. Je vous y prends. On vous y prend. Il promit qu’on ne l’y prendrait plus. Tout le monde y aurait été pris.
Prendre quelqu’un sur le fait, Le surprendre dans le temps même où il fait une action qu’il voulait cacher. On dit dans le même sens Prendre quelqu’un en flagrant délit.
Prendre quelqu’un en faute, Le surprendre au moment où il commet une faute.
Fig., Prendre quelqu’un la main dans le sac, Le surprendre au moment où il commet un vol ou quelque infidélité en affaire d’intérêt, en sorte qu’il ne puisse nier sa culpabilité.
Fig. et fam., Prendre quelqu’un sans vert, Le prendre au dépourvu. Voyez
VERT .
Fig., Prendre quelqu’un au pied levé, Vouloir l’obliger à faire quelque chose sur-le-champ.
Il signifie aussi Lui poser une question inattendue, sans lui donner le temps de se reconnaître.
Fam., Prendre quelqu’un au saut du lit, L’aller trouver dès le matin, afin de ne pas le manquer.
L’orage, la pluie nous prit en chemin, Nous surprit en chemin.
La fièvre l’a pris tel jour, Tel jour il a été atteint de la fièvre, il a commencé d’avoir la fièvre. On dit de même L’accès le prit à telle heure. On dit de même La frayeur, la colère, l’ennui, l’enthousiasme, etc., le prit.
PRENDRE signifie aussi Attaquer, aborder. Prendre une armée de flanc. Prendre son ennemi par derrière. Prendre quelqu’un en traître, en trahison.
Il se dit aussi en parlant des Aliments, des boissons, des médicaments solides ou liquides, et signifie Manger, boire, avaler, absorber. Prendre deux repas par jour. Prendre des aliments. Prendre un bouillon, un verre de vin. Je n’ai rien pris de la journée. Ne sortez pas sans avoir pris quelque chose. Prendre un médicament. Prendre médecine. Prendre de la tisane, une tasse de thé.
Prendre du poison, S’empoisonner.
PRENDRE se dit aussi en parlant de Certaines choses autres que les aliments ou les boissons, et dont on fait usage pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un lavement. Prendre un bain, une douche, un tub.
Prendre l’air, Sortir d’un lieu où l’on était enfermé pour aller dans un endroit découvert; et, par extension, Sortir de la ville pour aller passer quelque temps à la campagne. Il signifie, figurément et familièrement, S’évader. On voulut l’arrêter, mais il avait pris l’air.
Prendre le frais, Respirer la fraîcheur de l’air.
Prendre du repos, Cesser de travailler, d’agir, se reposer.
Dans les Maisons religieuses, Prendre la discipline, Se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine.
PRENDRE se dit aussi en parlant des Maladies dont on est atteint par contagion. Il a pris la peste, la fièvre jaune, le typhus. C’est d’un tel qu’il a pris la grippe.
Il se dit aussi de Certaines conditions du corps. Il prend de l’embonpoint. Il prend du ventre. Prendre des forces.
Prendre chair, S’incarner.
Prendre de l’âge, Avancer en âge, vieillir. On dit, en parlant des Chevaux qui entrent dans leur quatrième, dans leur cinquième année Ce cheval prend quatre ans, cinq ans.
Prendre une posture, une attitude, Placer son corps d’une certaine manière. Il prit une attitude imposante. Vous avez pris une posture bien gênante.
En parlant d’un Cheval, Prendre le trot, le galop, Se mettre à trotter, à galoper. Ce cheval a pris le galop tout à coup.
Prendre son élan, Se donner un certain mouvement du corps en courant, pour s’élancer ensuite avec plus de force. Il a sauté le fossé sans prendre son élan.
Fig., Prendre son vol, son essor, se dit de Quelqu’un qui commence à faire carrière, à réussir.
PRENDRE signifie aussi Contracter, adopter. Il prend de mauvaises habitudes. Il a pris un ton insupportable, des manières ridicules, des airs impertinents. Il prit un ton sévère, un air sévère pour lui parler. Prendre un goût, une odeur, une couleur, une consistance.
Fam., Cet homme prend des airs, prend de certains airs, Il affecte des manières, un ton qui ne lui conviennent point.
Cette affaire prend un bon tour, un mauvais tour, Au cours qu’elle prend, il y a lieu de présumer qu’elle réussira, qu’elle ne réussira pas. On dit plutôt aujourd’hui : Cela prend une bonne, une mauvaise tournure.
Prendre la fuite, S’enfuir.
Prendre de l’avance, Gagner du terrain. Il signifie figurément Arriver à être en avance dans son travail.
Prendre la liberté de faire une chose, Prendre sur soi de la faire. Il s’emploie ordinairement par civilité. J’ai pris la liberté de vous écrire.
Prendre des libertés, Agir trop librement, peu décemment avec quelqu’un. Il prend avec vous d’étranges libertés. Il se dit particulièrement d’Actions, de gestes trop libres auprès des femmes. On dit de même : Prendre des licences, des privautés.
Ce vêtement, cette étoffe a pris son pli, Les plis qui y sont y demeureront toujours.
Fig., Cet homme a pris son pli, Il a contracté des habitudes difficiles à détruire, il est incorrigible. Ce jeune homme a pris un bon pli, un mauvais pli; Il est déjà tout formé aux habitudes du bien ou du mal.
Prendre le sel se dit en parlant des Viandes qu’on sale et signifie Se pénétrer de sel. La viande prend mieux le sel quand elle est fraîche.
Prendre l’eau, S’imprégner d’eau. Ces souliers prennent l’eau. Son bateau prend l’eau.
PRENDRE se dit encore en parlant de Titres, de qualités, de noms, que l’on se donne, que l’on emploie en parlant de soi. Il prit le titre de comte. Il prit un nom qui ne lui appartenait pas.
PRENDRE signifie aussi Acquérir, acheter. Je prendrai tout à six francs pièce. Vous en demandez trop cher : je ne le prendrai pas. Je lui ai pris en bloc, en gros toute sa marchandise. Si vous voulez me donner ce drap à tel prix, j’en prendrai dix pièces. Absolument, C’est à prendre ou à laisser.
Il se dit aussi en parlant du Prix qu’on demande, qu’on perçoit pour quelque chose que ce soit. Ce marchand prend vingt francs du mètre de ce drap. On m’a pris mille francs pour ce travail. Il n’a rien voulu prendre pour sa peine. On prend tant de droit d’entrée sur cette denrée. On prend tant sur chaque barrique de vin, pour chaque boeuf.
Il signifie encore Recevoir, accepter. Rien n’avait été convenu entre nous : il a pris ce que je lui ai donné. Prenez ceci à compte sur ce qui vous revient. Ce train prend des voyageurs de toutes classes.
Prendre les choses comme elles viennent, Les recevoir avec indifférence, sans se mettre en peine des suites qu’elles peuvent avoir. Prendre les hommes comme ils sont, S’en accommoder, quelle que soit leur humeur, leur caractère. Prendre le temps comme il vient, Ne s’inquiéter de rien, s’accommoder à tous les événements.
Prendre légèrement quelque chose, S’en accommoder sans y attacher grande importance.
Prendre des leçons, Recevoir des leçons. Il prend aujourd’hui sa première leçon de philosophie.
Prendre l’ordre, Recevoir l’ordre de celui qui doit le donner. On dit plutôt dans le même sens : Prendre les ordres de quelqu’un.
PRENDRE signifie aussi Emprunter, tirer de. il a pris cela dans Cicéron, dans Virgile. Il a pris l’idée de cette tragédie dans un vieux roman. C’est un mot que nous avons pris du latin. Cette ville a pris son nom du fleuve qui la traverse.
Fam., Où avez-vous pris cela? Qui vous a dit cette nouvelle? qui vous fait avoir cette pensée? On dit de même : Où avez-vous pris que le voulais, que je voulusse vendre ma maison? Où va-t-il prendre tout ce qu’il dit?
PRENDRE se dit aussi en parlant des Personnes que l’on engage, ou avec lesquelles on s’engage, sous certaines conditions. Prendre un domestique, une femme de chambre, une cuisinière, un chauffeur, etc. Prendre un ouvrier, des ouvriers à la tâche, à la journée. Prendre un garçon de magasin, un employé. Prendre un précepteur, une gouvernante pour ses enfants. Prendre un apprenti. Prendre un associé.
Prendre une femme, Choisir une femme et l’épouser. Il a pris une femme dont on ne saurait dire trop de bien.
Prendre femme, Se marier. Il a pris femme à quarante ans.
PRENDRE se dit aussi en parlant des Personnes que l’on va joindre en quelque endroit, pour se rendre ailleurs avec elles. J’irai vous prendre à deux heures précises. Il est venu me prendre pour aller au théâtre. Je vous prendrai en passant. Je vous ramènerai où je vous ai pris.
Il signifie aussi Emmener avec soi. Le capitaine prit trente hommes pour faire cette reconnaissance.
Il se dit encore en parlant des Personnes que l’on recueille, à qui on donne l’hospitalité. Je l’ai pris chez moi. Il eut la bonté de prendre chez lui toute cette famille.
PRENDRE signifie aussi ôter, retirer, retrancher une partie d’un tout. Prendre dix mille francs sur une succession. On prendra cette somme, cette dépense sur tel fonds. Il a pris mille francs d’avance sur son traitement. J’ai pris la moitié, le quart de cette somme. Il a pris sa part de la récolte.
Fam., Il a pris sa bonne part de la fête, du plaisir, Il y a beaucoup participé, il s’est fort amusé.
Intransitivement, Prendre sur sa nourriture, sur sa dépense, sur son nécessaire, etc., Retrancher de sa nourriture, de sa dépense ordinaire, etc., pour subvenir à autre chose. Il prend sur son nécessaire pour donner aux pauvres. On dit de même : Prendre sur son sommeil pour travailler.
PRENDRE signifie aussi Se charger d’une chose, entrer en possession, en jouissance d’une chose à certaines conditions. Prendre une somme en dépôt. Prendre des terres à terme. Prendre un logement, un appartement à loger, ou simplement, Prendre un logement, un appartement. J’ai pris une chambre, un pied-à-terre dans cette maison.
Prendre une affaire à ses risques et périls, S’en charger pour son compte, sans garantie, et en risquant même d’y perdre.
Prendre une affaire à forfait, S’en charger pour un prix convenu, qu’il y ait de la perte ou du gain.
Prendre un ouvrage à la tâche, S’en charger à raison de tant pour tel ou tel travail, pour telle ou telle quantité.
Prendre une somme à intérêt, L’emprunter à condition d’en payer les intérêts.
Prendre un intérêt dans une affaire, dans une entreprise, Contribuer de ses fonds à une affaire, à une entreprise dont on partagera le profit ou la perte.
Prendre quelqu’un sous sa protection, Se charger de le protéger, de le défendre.
Prendre un engagement, Contracter un engagement.
Prendre quelque chose sur soi, En répondre, s’en charger; Faire quelque chose de son chef, sans y être autorisé. Cela passe un peu mes pouvoirs, mais je le prends sur moi. Ne vous inquiétez pas, je prends cela sur moi, je prends tout sur moi. Je prends sur moi de le faire. Je prends sur moi la faute, J’en accepte la responsabilité.
Prendre sur soi signifie aussi, intransitivement, Se retenir, se faire violence, se contraindre. J’ai pris sur moi pour ne pas lui répondre. Cet homme était d’un caractère emporté, il a compris la nécessité de prendre sur lui.
Prendre trop sur soi, Se surcharger, vouloir faire plus qu’on ne peut.
En termes militaires, Prendre ses quartiers d’hiver, S’établir dans ses quartiers d’hiver. Il se dit aussi de Quelqu’un qui s’installe dans l’endroit où il compte passer l’hiver.
PRENDRE signifie aussi Choisir, préférer, adopter de préférence, se décider pour. Je ne veux point de cette étoffe, je prends celle-ci. Je ne sais quel livre prendre. Vous avez à choisir, que prendrez-vous? Il faut prendre du plus beau bois pour faire ce meuble. Il a pris là un métier fort rude. Vous prenez le bon parti, le bon moyen.
Prendre le haut bout, Choisir la place la plus honorable.
Prendre des mesures, prendre ses mesures, Employer des moyens pour faire réussir une chose. Cet homme a réussi dans son dessein, il avait bien pris ses mesures. Prendre de bonnes, de justes mesures. Prendre de fausses mesures.
Prendre ses précautions, ses sûretés, Prendre les moyens nécessaires pour ne pas tomber dans un danger, pour ne pas éprouver un dommage.
Prendre une résolution, une détermination, Se résoudre, se décider à quelque chose. On dit dans le même sens Prendre un parti.
Prendre son parti, Se résoudre, se décider, choisir un moyen, un expédient dans une affaire difficile et douteuse. Il est quelquefois nécessaire de prendre son parti sur-le-champ. Il signifie aussi Prendre son extrême et dernière résolution. Il est inutile de lui parler davantage de cette affaire, il a pris son parti.
Prendre son parti, en prendre son parti, Se résigner à ce qui doit arriver. Voyant qu’il ne pouvait pas guérir, il prit son parti et se disposa à la mort.
Prendre les ordres, Entrer dans les ordres.
Prendre jour, prendre date, Choisir un jour, une date. Nous avons pris jour pour régler cette affaire.
PRENDRE se dit particulièrement de Ceux qui voyagent, qui cheminent, et signifie Choisir une route, un chemin, s’y mettre en marche. Vous avez pris la route la plus longue, la plus courte. Prendre la voie de terre. Prenez ce chemin, cette rue, ce sentier. Il a pris le chemin de l’église. Prenez la première rue, la seconde rue à droite, à gauche.
Prendre la file, Suivre la file.
Prendre le plus long ou le plus court ou, intransitivement, Prendre par le plus long ou par le plus court, S’engager dans le chemin le plus long ou le plus court.
Prendre sa droite, sa gauche, Se porter sur le côté de la route que l’on a à sa droite, à sa gauche.
Intransitivement, Prendre à droite, à gauche, Entrer dans le chemin qui est à droite, à gauche. Prenez par ici, par là, Allez par ce chemin-ci, par ce chemin-là.
Intransitivement, Prendre à travers champs à travers les terres labourées, Aller directement, sans suivre de chemin frayé.
Prendre le chemin de fer, prendre le train, Prendre le paquebot, Aller par le chemin de fer, par le train, par le paquebot. On dit dans le même sens : Prendre un cheval, une voiture, un bateau, une automobile, un avion.
Fig., Prendre la bonne voie, la mauvaise voie, Se porter au bien, se porter au mal. Il signifie aussi Se servir de bons ou de mauvais moyens pour faire réussir quelque affaire. Il a pris une bonne voie, une mauvaise voie pour parvenir à son but. On dit dans le même sens : Prendre les voies de la douceur, de la rigueur, etc. La voie que vous prenez n’est pas bonne, n’est pas honnête.
Fig., Prendre le chemin de se ruiner, de faire fortune, Faire ce qu’il faut pour se ruiner, pour s’enrichir. Il veut faire fortune, il n’en prend pas le chemin.
Prendre les devants, prendre le devant, Partir avant quelqu’un; et, figurément, Le prévenir, le devancer, le gagner de vitesse dans une affaire.
Prendre le pas sur quelqu’un, Passer devant lui pour. le précéder. Prendre le pas s’emploie aussi figurément et signifie Passer avant. L’ambition a pris le pas sur ses autres passions.
PRENDRE se dit aussi en parlant des étoffes, pour marquer la Façon dont on les coupe, dont on les emploie. Le tailleur a mal pris cette étoffe. Prendre une étoffe de droit fil, de biais. Prendre une étoffe du bon, du mauvais côté, du bon, du mauvais biais. Il se dit aussi en parlant de Viandes que l’on découpe. Vous coupez mal ce morceau; vous n’avez pas pris le sens.
Fig., Prendre une affaire à contre-poil, La prendre dans un sens contraire à celui qui serait convenable.
Fig., Prendre bien, prendre mal une affaire, L’engager, la conduire bien ou mal. Il a mal pris son affaire, voici comme il fallait la prendre, L’affaire n’a pas réussi, parce qu’on ne l’a pas bien prise. On dit dans le même sens : Prendre une affaire du bon, du mauvais biais.
Fig., Prendre une chose du bon, du mauvais côté, La voir, la considérer, l’interpréter dans un sens favorable ou défavorable.
PRENDRE signifie, au figuré, Entendre, comprendre, concevoir, expliquer, interpréter, considérer d’une certaine manière. Les commentateurs prennent ce passage en des sens très opposés. Prendre une chose à contresens. Vous avez mal pris la chose. à bien prendre la chose, vous devez être plus content que fâché de cet arrangement. Il a bien pris ce qu’on lui a dit de votre part. Vous prenez mal mes paroles. Prendre une affaire à rebours, de travers. Ce mot se prend dans telle signification. Cet adjectif se prend quelquefois substantivement.
Prendre quelque chose en bonne part, en mauvaise part, En être content ou mécontent, recevoir bien ou mal ce qu’on nous dit, ce qu’on nous fait, le trouver bon ou mauvais. On dit de même : Ce mot peut se prendre en bonne part, en mauvaise part, Il est susceptible d’une bonne, d’une mauvaise interprétation.
Prendre pour soi un reproche, une plainte, etc., S’en faire l’application. Ne prenez pas pour vous cette critique.
Prendre une chose à la lettre, au pied de la lettre, L’expliquer exactement selon le sens littéral, selon le propre sens des paroles. Il ne faut pas toujours prendre les choses au pied de la lettre. Vous prenez trop à la lettre ce qu’on vous a dit. On dit à peu près dans le même sens : Prendre les choses à la rigueur, en toute rigueur, Trop à la lettre sans modification.
Prendre en riant quelque chose, Ne s’en point fâcher, n’en faire que rire. Prendre sérieusement une chose, L’entendre comme si elle avait été dite sérieusement. Prendre sérieusement ou Prendre au sérieux une chose signifie aussi La regarder comme une chose d’importance qui mérite attention, considération.
PRENDRE signifie aussi, figurément, Adopter, soutenir avec chaleur. Il a pris ma défense. J’ai pris ses intérêts. J’ai pris son parti.
Prendre parti pour quelqu’un, Se déclarer pour lui et, dans le sens opposé : Prendre parti contre quelqu’un.
En termes de Procédure, Prendre le fait et cause de quelqu’un ou Prendre fait et cause pour quelqu’un, Intervenir dans une cause pour lui. Il se dit figurément dans le langage courant et signifie Prendre la défense de quelqu’un.
PRENDRE se dit aussi en parlant des Sentiments, des passions, des affections et des répugnances que l’on éprouve. Prendre du plaisir, prendre son plaisir à quelque chose. Prendre plaisir à quelque chose. Prendre de l’humeur, du dépit de quelque chose. Prendre de l’amitié pour quelqu’un. Prendre intérêt à quelqu’un, à quelque chose. On dit dans le même sens : Prendre quelqu’un en amitié, en affection, en aversion, en haine, en grippe. Prendre quelque chose en dégoût.
Prov., Chacun prend son plaisir où il le trouve, à chacun son goût.
Prendre quelqu’un en pitié, Avoir pour lui de la compassion ou du dédain, suivant la circonstance. Prendre le mal d’autrui en pitié, En être touché.
Prendre son mal en patience, Le souffrir patiemment.
PRENDRE signifie aussi Obtenir, recueillir. Prendre un congé. Prendre l’avis de quelqu’un, Prendre conseil d’un avocat.
Prendre congé de quelqu’un, Lui faire, avant de partir, les adieux qu’exige la politesse.
Prendre des renseignements, des informations, Se faire donner des renseignements sur un fait et sur ses circonstances, sur une personne, sur sa conduite, sur sa capacité, etc. On dit à peu près dans le même sens : Prendre connaissance d’une chose, d’un fait.
Prendre des notes, prendre un croquis, prendre un plan, prendre une photographie, Rédiger des notes, dessiner un croquis, relever un plan, faire une photographie.
Prendre ses avantages, Profiter, tirer avantage des occasions qui se présentent. Il sait bien prendre ses avantages : On dit de même Cet homme prend avantage de tout.
Prendre la haute main dans une affaire, Y prendre la principale autorité.
Prendre des inscriptions, ses inscriptions en médecine, en droit, etc., S’inscrire pour faire ses études de médecine, de droit, etc.
Prendre ses degrés, ses grades, Obtenir les titres de bachelier, de licencié, etc. On dit de même : Prendre sa licence, son doctorat.
Prendre le dessus se dit d’une Personne dont la santé, le moral, etc., commencent à se rétablir. Il a été longtemps malade, mais il commence à prendre le dessus. Après une si cruelle épreuve, il a peine à prendre le dessus.
En termes de Jeu, Prendre sa revanche, Jouer une seconde partie pour compenser ce qu’on a perdu à la première. Il a perdu la première partie et a pris sa revanche.
Prendre sa revanche signifie, dans le langage courant, Regagner un avantage qu’on avait perdu ou l’équivalent. Ce général avait été battu l’année précédente, mais il prit sa revanche. Prendre une belle revanche, une facile revanche.
Prendre la mesure, les dimensions d’un objet, Voir quelles sont les dimensions d’un objet, le mesurer.
On dit dans un sens analogue : Prendre la température, la tension artérielle d’un malade.
Prendre les avis, les voix, Recueillir les avis, les voix.
Prendre la parole, Parler, faire un discours dans une assemblée. Le premier qui prit la parole fut... Une fois la proposition faite, un tel prit la parole.
Prendre le plaisir de la chasse, de la pêche, de la promenade, etc., Se livrer au divertissement de la chasse, de la pêche, de la promenade, etc. Prendre un divertissement, Se divertir, s’amuser à quelque chose.
PRENDRE s’emploie encore, tant au propre qu’au figuré, dans un grand nombre de locutions où sa signification varie, et ne peut se rapporter que difficilement aux acceptions précédemment indiquées.
Fig., Prendre quelqu’un au mot, Se hâter d’accepter une offre, une proposition qui vous est faite.
Prendre quelqu’un à part, Le séparer des personnes présentes, pour l’entretenir en particulier.
Prendre du délai, prendre du temps, Retarder l’exécution de quelque chose.
Prendre du temps se dit aussi des Choses dont l’exécution exige du temps. Ce travail m’a pris beaucoup de temps.
Prendre le temps de faire quelque chose, Employer pour faire une chose tout le temps qui est nécessaire. Prenez un an, s’il le faut, pour achever ce travail.
Prendre son temps, Faire une chose à loisir, ne pas se presser. Il signifie aussi Se servir du moment favorable pour faire réussir quelque chose. Je prendrai mon temps pour cela.
Prendre le temps de quelqu’un, Attendre le moment qui convient à quelqu’un dont on a besoin. Je prendrai votre temps. On dit plutôt aujourd’hui : Je prendrai votre jour et votre heure. Dans un autre sens, Prendre le temps de quelqu’un, Lui faire perdre son temps.
Prendre une chose en considération, Faire attention à une chose, la mettre en quelque sorte à part pour la considérer et en tenir compte. On prendra cet article, cette demande en grande considération.
Le prendre de haut, de très haut, Parler avec arrogance. On dit de même Vous le prenez sur un ton que je ne puis admettre.
En parlant d’un Récit, Prendre la chose de plus haut, Remonter aux choses qui ont précédé celles qu’on raconte ou qu’on vient de raconter. Vous ne nous avez pas appris l’origine, les causes de cet événement; prenez la chose de plus haut.
Fig. et fam., Prendre la mouche, Se fâcher, s’irriter tout à coup, pour un léger sujet, mal à propos.
Prendre un siège, S’asseoir.
Prendre le lit, S’aliter, se coucher pour cause de maladie.
Ce fleuve, cette rivière prend sa source en tel endroit, Ce fleuve, cette rivière commence à couler en cet endroit. On dit aussi : Cette rivière prend son cours vers le nord, Elle coule dans la direction du nord.
En termes de Chasse, Prendre le change se dit des Chiens, lorsqu’ils quittent la bête qui a été lancée, et qu’on appelle la bête de meute, pour en courir une autre.
Fig., Prendre le change sur un objet, dans une affaire, Se tromper sur un objet, dans une affaire. Faire prendre le change à quelqu’un, Le tromper, l’induire en erreur.
En termes de Chasse, Prendre le vent, Aller à la rencontre du gibier.
Fig., Prendre le vent, Chercher la direction dans laquelle il serait habile d’agir, se déterminer adroitement.
En termes de Marine, Prendre un chargement, prendre du monde, des troupes, des passagers, etc., Les mettre, les recevoir à bord. Prendre le vent sur un bâtiment, Se mettre entre ce bâtiment et le point d’où le vent souffle. Prendre la mer, Commencer un voyage sur mer. Prendre la haute mer, prendre le large, S’éloigner du rivage, gagner la haute mer. Prendre terre, prendre port en quelque terre, Y aborder, y débarquer. Prendre la hauteur du soleil, Observer avec un instrument, principalement à l’heure de midi, l’élévation du soleil au-dessus de l’horizon. Absolument, Prendre hauteur, Mesurer la distance d’un astre ou de tout autre objet, à l’horizon. Prendre des ris, Raccourcir les voiles par en haut, au moyen des ris. Prendre le vent, en parlant d’une Voile, être gonflée par le vent. Etc.
Fig. et fam., Prendre le large, S’enfuir.
En termes de jeux de Cartes, Prendre des cartes, Changer une ou plusieurs des cartes de son jeu pour autant de cartes du talon. Jouer sans prendre, se dit de Celui qui entreprend de jouer sans appeler une autre carte.
PRENDRE se construit avec la préposition à dans diverses locutions particulières :
Prendre à témoin, Invoquer le témoignage de quelqu’un, le sommer de déclarer ce qu’il sait. Je les prends à témoin de la violence, de l’insulte que cet homme vient de me faire. Je prends Dieu à témoin de ce que je dis.
Prendre à partie, Attaquer en justice un homme qui n’était pas d’abord notre adversaire. Vous vous opposez à l’exécution de l’arrêt que j’ai obtenu contre un tel, je vous prends à partie. On dit, par extension, Prendre quelqu’un à partie, Lui imputer quelque chose, lui reprocher une chose dont on se plaint, l’en rendre responsable.
Prendre un juge à partie, Se plaindre en justice d’un juge, intenter une action contre lui. Il demande à prendre ce juge à partie.
Prendre une chose à coeur, S’en affecter, y être vivement sensible. Vous prenez cela trop à coeur.
Prendre une chose à tâche, Chercher et employer tous les moyens de faire une chose. Il semble avoir pris à tâche de me contrarier.
PRENDRE se construit aussi avec la préposition Pour et signifie Considérer comme, traiter comme.
Prendre une personne pour une autre, Croire qu’une personne en est une autre. La mère de Darius prit éphestion pour Alexandre. On dit de même Prendre une chose pour une autre.
Fam., Prendre quelqu’un pour un autre, En juger autrement qu’il ne faut. Vous croyez que c’est un habile homme, vous croyez que c’est un sot; vous le prenez pour un autre. Vous voulez me faire votre dupe; vous me prenez pour un autre.
Fam., Pour qui me prenez-vous? Vous me jugez mal, vous vous méprenez sur mon compte.
Prendre un homme pour une dupe, Le regarder comme un homme facile à tromper.
Prendre quelqu’un pour dupe, Le tromper, le duper. Il a fait un mauvais marché, on l’a pris pour dupe, il a été pris pour dupe.
Prendre pour bon, Croire. Il se dit ordinairement dans un sens ironique. Il prend pour bon tout ce qu’on lui débite, tous les contes qu’on vient lui faire.
Fig. et fam., Il a pris ce qu’on lui a dit pour argent comptant, Il a cru trop facilement ce qu’on lui a dit; il a fait trop de fond sur de simples apparences.
PRENDRE se construit avec la conjonction Que, dans le sens de Supposer que, admettre que : Prenons que les choses se sont passées ainsi. Prenez que je n’ai rien dit. On dit plutôt aujourd’hui : Mettons, mettez que.
PRENDRE se construit avec un substantif non précédé de l’article dans un grand nombre de locutions particulières qui équivalent souvent à un seul verbe, et dont la plupart expriment un commencement d’action ou d’état. Prendre racine. Prendre feu. Prendre couleur. Prendre forme. Prendre consistance. Prendre corps. Prendre place. Prendre rang. Prendre séance. Prendre peine, Prendre contact. Prendre tournure. Prendre position. Prendre haleine. Prendre pied. Prendre langue. Prendre mesure. Prendre note. Prendre acte. Prendre jour. Prendre naissance. Prendre fin. Prendre possession. Prendre patience. Prendre courage. Prendre plaisir. Prendre pitié. Prendre soin. Prendre garde. Prendre prétexte. Prendre occasion. Prendre parti. Prendre goût. Prendre exemple. Prendre fait et cause. Prendre part. Prendre intérêt à quelqu’un, à quelque chose. Etc. Voyez
RACINE , FEU , COULEUR , FORME , CONSISTANCE , ETC.
PRENDRE s’emploie aussi comme verbe intransitif et signifie S’enraciner, pousser, croître. La vigne ne prend pas dans cette région. Il y a des plantes qui prennent également en toute sorte de pays; il y en a d’autres qui ne prennent qu’en de certaines terres.
Fig., Prendre, ne pas prendre; prendre bien, prendre mal se dit d’un Ouvrage de l’esprit, d’une proposition, d’un compliment, etc., qui a réussi, ou qui n’a pas réussi. Ce livre, cette pièce de théâtre n’a pas pris. Votre proposition a pris. Cela prend bien, cela ne prend pas, cela prend mal. Cette plaisanterie n’a pas pris. L’argument ne prend pas sur nous. Cette mode n’a pas pris. Ces manières-là ne prendront pas avec nous. Il se dit aussi en parlant des Personnes. Ce jeune homme a bien pris dans le monde.
PRENDRE
intransitif
, signifie aussi Adhérer, s’attacher, produire son effet. Cette couleur ne prend pas. L’encre ne prend pas sur le papier huilé. Les vésicatoires ont pris, ont bien pris. Les sangsues n’ont pas pris. Le feu a pris à cette maison, à ce magasin. Le feu commence à prendre.
Il se dit également de Ce qui fait une impression trop forte à la gorge, au nez. Cette odeur est trop forte, elle prend à la gorge.
Il se dit aussi de Ce qui se gèle, se coagule, s’épaissit, se solidifie. La rivière a pris cette nuit. Mettez de la présure dans ce lait, pour qu’il prenne. Vos confitures ont mal pris. Cette gelée ne prendra pas. Ces glaces n’ont pas bien pris. On dit aussi Le fleuve était entièrement pris. Il se dit encore de Ce qui contribue à un bon ou à un mauvais résultat. Bien lui a pris d’avoir été averti à temps. Il lui prendra mal un jour d’avoir montré tant d’insouciance. Dans cette acception, il s’emploie aussi avec la particule En. S’il ne se corrige, il lui en prendra mal. Après ce qu’il avait fait, bien lui en prit d’avoir des protecteurs.
La fièvre, la goutte lui a pris, Il a été atteint de la fièvre, de la goutte. On dit impersonnellement dans le même sens : Il lui prit une colique, un mal de dents, une sueur froide, une faiblesse, etc.; et figurément, Il lui prit une fantaisie, un dégoût; il lui prend des accès d’humeur. Qu’est-ce qui vous prend? Qu’avez- vous?
SE PRENDRE signifie S’attacher, s’accrocher. Un homme qui se noie se prend à tout ce qu’il peut. Ma robe s’est prise à un clou, à une épine. Il s’est pris à un clou et sa manche a été toute déchirée.
Fig., Ne savoir où se prendre, à quoi se prendre, Ne savoir à quoi s’attacher, à quoi recourir.
Se prendre à quelqu’un, Le provoquer, l’attaquer. Il ne faut pas se prendre à plus fort que soi.
S’en prendre à quelqu’un, Lui attribuer quelque faute, vouloir l’en rendre responsable, lui en donner le tort. On s’en prend à moi, comme si j’étais pour quelque chose dans cette affaire. Si les choses Ont mal tourné, ne vous en prenez qu’à vous-même. Je m’en prendrai à vous de tout ce qui pourra arriver.
S’y prendre bien, s’y prendre mal, Mettre plus ou moins d’adresse à ce qu’on fait; Employer de bons ou de mauvais moyens pour réussir dans une affaire. On dit de même : S’y prendre comme il faut. S’y prendre adroitement, maladroitement, gauchement. Ne savoir comment s’y prendre.
Se prendre à, Commencer, se mettre à. Elle se prit à rire. Elle se prit à pleurer.
Se prendre de querelle avec quelqu’un, Se quereller, avoir un démêlé avec lui. On dit dans le même sens, figurément et familièrement : Ils se sont pris de bec.
Se prendre d’amitié, se prendre d’aversion pour quelqu’un, Concevoir de l’amitié, de l’aversion pour quelqu’un. On dit de même Se prendre d’une belle passion pour quelqu’un.
SE PRENDRE signifie aussi Se contracter, en parlant de Maladies. La grippe se prend très facilement en cette saison.
Il se dit aussi des Liquides qui se figent, se solidifient. L’huile se prend quand on la tient dans un endroit froid. Le sirop se prendra bientôt.
Le participe passé PRIS précédé de l’adverbe bien s’emploie comme adjectif et signifie Bien fait, bien proportionné. Une personne bien prise dans sa taille. Il est petit, mais il est bien pris dans sa taille. On dit dans le même sens : Avoir la taille bien prise, être de taille bien prise. On dit aussi Ce cheval est bien pris, Il a le corsage bien fait.
être pris de vin, Avoir trop bu, s’être enivré.
à TOUT PRENDRE
loc. adv.
En considérant le pour et le contre, en compensant le bien et le mal. Il est vif, impatient; mais, à tout prendre, c’est un homme estimable. Cette maison a ses défauts; mais, à tout prendre, elle peut vous convenir.
AU FAIT ET AU PRENDRE
loc. adv.
Au moment de l’exécution, quand il est question d’agir, de parler, etc. Quand ce fut au fait et au prendre. Quand on en vint au fait et au prendre. On le disait plein d’intelligence; mais, au fait et au prendre, il n’est bon à rien.
PRISER
v. tr.
évaluer une chose, en faire l’estimation. Combien prisez-vous cette étoffe? On a choisi deux libraires pour priser les livres de cette bibliothèque.
Fig., Il prise trop sa marchandise, se dit d’un Homme qui estime trop ce qui lui appartient et veut trop le faire valoir.
PRISER signifie figurément Estimer. On prise beaucoup ce prédicateur. Ce que le vulgaire prise le plus n’est pas toujours fort estimable. C’est un homme qui se prise beaucoup et qui ne prise guère les autres.
A Frequency Dictionary of French
444 prise nf grip, hold, seizure, catch
il y a souvent des prises de becs entre les deux – there were frequent squabbles between the two of them
85 | 2561
43 prendre v to take
elle lui prit la main – she took him by the hand
90 | 24323
Grand Robert Étymologie
prise [pʀiz] n. f.
ÉTYM. V. 1175; p. p. fém. du v. prendre*.
prendre [pʀɑ̃dʀ] v.
ÉTYM. 980; lat. pre(he)ndere.
1. priser [pʀize] v. tr.
ÉTYM. XIVe; preiser, 1080, Chanson de Roland; prisier, XIIe; bas lat. pretiare « apprécier »; de pretium « prix ».
2. priser [pʀize] v. tr.
ÉTYM. 1807; de prise, III.
Larousse Difficultes
prendre (difficultés)
verbe transitif
(latin prendere, de prehendere, saisir)
Conjugaison
Accord
1. S'y prendre mal, bien, etc. Dans cette construction, le participe passé s'accorde toujours avec le sujet : elles s'y sont mal prises.
2. Se prendre au jeu. Le participe passé s'accorde toujours avec le sujet : elles se sont prises au jeu.
3. S'en prendre à quelqu'un. Le participe passé s'accorde toujours avec le sujet : elles s'en sont prises à lui.
4. Se prendre de. Le participe passé s'accorde toujours avec le sujet : elles se sont prises d'une haine profonde pour lui.
5. L'envie lui a pris de / l'envie l'a prise de. L'accord ne se fait jamais avec le complément d'objet indirect (quant à ces femmes, l'envie leur a pris de...), mais se fait toujours avec le complément d'objet direct (l'envie les a prises de...).
Construction
1. L'envie lui a pris de partir / l'envie l'a pris de partir. Les deux constructions sont désormais admises ; la construction avec complément d'objet indirect (l'envie lui a pris) est plus soutenue, celle avec complément d'objet direct (l'envie l'a pris) plus courante.
2. S'en prendre à quelqu'un / se prendre à quelqu'un. Aujourd'hui, se prendre à quelqu'un ne se dit plus (sauf dans le registre littéraire, pour produire un effet d'archaïsme). S'en prendre à quelqu'un l'a remplacé en prenant sa signification (il s'en prend à elle continuellement = il rejette toutes les fautes sur elle, il l'attaque continuellement).
Remarque À l'origine, ces deux expressions avaient des sens différents : se prendre à quelqu'un signifiait « l'attaquer, le provoquer » et s'en prendre à quelqu'un « l'incriminer, rejeter sur lui une faute ».
3. Prendre le plus court / prendre au plus court. Les deux tournures sont également correctes ; la seconde est plus fréquente.
Emploi
1. Prendre qqn à partie / prendre parti contre qqn. → partie.
Registre
Prendre une secrétaire. Prendre au sens de « engager » est légèrement familier.
Larousse Multidico
prise
nom féminin
(de prendre)
Action de s'emparer, en particulier par la force, d'un lieu, de quelqu'un : La prise de la Bastille. Prise d'otages.
Personne, animal capturés, objet dont on s'est saisi : Pêcheur qui rapporte une belle prise.
Indique l'action et le résultat de locutions verbales avec prendre : Prise de conscience. Prise de contact.
Quantité de médicament administrée en une seule fois.
Pincée de poudre de tabac, d'une drogue, qu'on inspire en une fois dans chaque narine.
Aspérité, partie d'un objet que l'on peut saisir, à laquelle on peut s'accrocher : Ne pas trouver de prise pour soulever un meuble.
Fait de se solidifier, en parlant d'une substance (adhésif, béton, plâtre, fromage, etc.).
Cinéma et Photographie
Chaque enregistrement d'un plan d'un film.
Électronique
Connecteur servant à relier plusieurs appareils (amplificateur et magnétophone, poste de télévision et magnétoscope, etc.).
Marine
Navire capturé.
Sports
Action ou manière de saisir l'adversaire (dans les sports de combat notamment).
Manière de saisir la balle.
Technique
Bifurcation, ouverture au moyen de laquelle on détourne une partie de la masse d'un fluide.
Expressions
Synonymes
Homonymes
Prise
dispositif fixe comprenant plusieurs bornes, réunies aux fils de ligne, et sur lequel on peut brancher des appareils d'utilisation mobiles.
Prendre, regarder, voir les choses de haut
l'arrêter de force, se rendre maître de sa personne.
prendre
verbe transitif
(latin prendere, de prehendere, saisir)
Attraper un animal, se rendre maître d'un lieu, arrêter, faire prisonnier quelqu'un : Prendre un animal au piège. L'ennemi a pris la ville frontière.
Voler, subtiliser ou emprunter quelque chose à quelqu'un : Qui m'a pris mon stylo ? Elle lui a pris son idée.
Enlever quelqu'un à l'affection de quelqu'un, d'un groupe : La mort nous l'a pris dans la fleur de l'âge.
Se manifester soudain chez quelqu'un : La peur le prit alors.
Toucher, atteindre et saisir quelque chose, avec ou sans instrument, pour le déplacer, l'utiliser, etc. : Il prit délicatement le timbre avec la pince.
Toucher quelque chose, quelqu'un, un animal, le saisir, le tenir, le porter, etc. : Prendre un enfant par la main, dans ses bras.
Adapter son comportement à l'égard de quelqu'un, avoir telle attitude par rapport à quelque chose et, en particulier, le traiter de telle ou telle manière : Prendre quelqu'un par les sentiments.
Emporter quelque chose, le mettre sur soi ou dans ses affaires, partir avec : Tu as pris tes papiers ?
Aller retrouver quelqu'un et l'emmener avec soi : Passer prendre les enfants à l'école.
Emmener quelqu'un avec soi : L'inspecteur de police prit trois hommes avec lui.
Transporter quelqu'un : Prendre un auto-stoppeur.
Accepter quelqu'un au sein d'un groupe, le recevoir : L'école ne prend que les élèves du quartier.
Recevoir quelqu'un pour un entretien, une consultation, une leçon, etc. : Le docteur m'a pris à 17 heures.
Utiliser un moyen de transport : Prendre le bus.
S'engager sur une voie de communication, dans une direction donnée : J'ai pris la première rue à droite. Prenez la direction de Lille. Il prend le chemin de l'échec.
Choisir quelqu'un, quelque chose, le sélectionner parmi d'autres : Quel sujet as-tu pris à l'examen ?
Se procurer quelque chose, en particulier l'acheter : S'arrêter pour prendre de l'essence.
Prélever quelque chose (matière, objet, etc.) pour l'utiliser, le consommer : Prendre 50 grammes de beurre.
Consommer un aliment, une boisson, un médicament, manger, boire, absorber, avaler : Prendre une pilule matin et soir.
Occuper, nécessiter tant d'espace, de temps ou accaparer le temps, l'énergie, les forces de quelqu'un : C'est un travail qui prend trop de temps.
Occuper le temps de quelqu'un : Ses nouvelles fonctions le prennent beaucoup.
Se faire donner, faire en sorte d'avoir quelque chose ou en bénéficier de droit : Prendre des vacances.
Relever, noter les dimensions, les mesures de quelque chose : Prendre la dimension d'une pièce.
Recevoir quelque chose de quelqu'un, se le faire donner : Prendre un avis auprès des spécialistes.
Accepter quelque chose : Prenez cet argent, je vous en prie.
Faire payer, exiger tel prix, tel tarif : Coiffeur qui ne prend pas cher.
Recevoir un coup, un choc, un projectile ; être atteint par un mal ; faire l'objet d'une vive réprimande, d'une critique, etc. : Prendre une gifle.
Recevoir quelque chose, l'accepter, l'entendre, l'interpréter de telle manière : Il prend tout au tragique.
Se laisser atteindre, gagner, traiter par quelque chose, en recevoir les effets : Prendre le soleil.
Considérer quelqu'un, quelque chose comme étant tels, en particulier en se trompant : Je vous ai pris pour votre frère.
Considérer, envisager quelque chose, quelqu'un comme : Prends cette maison comme repère.
Choisir quelqu'un pour une fonction : Prendre un avocat. Prendre un amant.
Surprendre quelqu'un en train de commettre une faute : On ne l'a jamais pris en faute.
Pincer quelque chose, le coincer dans quelque chose : J'ai pris mon manteau dans la portière.
Défier quelqu'un à un jeu : Je te prends aux échecs.
Expressions
Synonymes
Homonymes
Difficultés
Citations
prendre
verbe transitif employé absolument
Accepter une offre, une proposition : À deux mille, je prends, à plus, je refuse.
Jouer tel type de partie que l'on devra mener à certains jeux : Prendre à cœur, à trèfle.
Familier. Subir une peine, un désagrément, un dommage, un choc, etc. : Il a pris pour deux mois de prison.
Homonymes
Citations
prendre
verbe auxiliaire
Forme avec un nom des locutions verbales équivalant à un verbe : Prendre une décision (= se décider). Prendre un bain (= se baigner). Prendre la fuite (= fuir). Prendre une photo (= faire une photo, ou photographier). Prendre une radio (= faire une radio, ou radiographier). Prendre des notes (= noter, inscrire).
Avec un nom complément, indique le début d'une action, par opposition à avoir + participe passé : L'affaire prend une tournure qui ne me plaît pas. Prendre feu (s'enflammer). L'oiseau prend son vol (= s'envole). Prendre (du) plaisir à faire un travail.
Homonymes
Avoir, prendre, reprendre, etc., goût à quelque chose
l'aimer, l'apprécier, se mettre à l'aimer, à l'apprécier, à s'y intéresser.
prendre
verbe transitif indirect
En parlant d'une envie, d'une idée, venir soudain à quelqu'un : Il lui prend une envie de voyager.
Expressions
Homonymes
prendre
verbe intransitif
Se solidifier sous l'effet du froid, ou se figer en fonction de certains constituants (graisse, gelée) : La confiture commence à prendre.
En parlant d'un béton, d'un mortier, du plâtre, etc., faire corps avec les matériaux qu'il enveloppe.
Réussir, atteindre son but : Un vaccin qui prend.
Commencer à brûler, à se développer : Le feu prend bien dans ces brindilles sèches.
Se diriger, choisir son chemin : Nous prendrons à travers bois.
Expressions
Synonymes
Homonymes
pris
Participe passé de prendre.
pris
nom masculin
Case coloriée du papier de mise en carte indiquant, sur un métier à tisser, que le fil de chaîne passe au-dessus de la duite.
priser
verbe transitif
(bas latin pretiare, du latin classique pretium, prix)
Littéraire. Faire cas de quelqu'un, quelque chose, l'apprécier, l'estimer : On prise chez lui sa discrétion.
Synonymes
Homonymes
priser
verbe transitif
(de prise)
Aspirer du tabac, de la drogue par le nez.
Homonymes
Larousse Synonymes
prise (synonymes)
nom féminin
(de prendre)
■ Action de s'emparer, en particulier par la force, d'un lieu... SYN : conquête, enlèvement, occupation
■ Personne, animal capturés, objet dont on s'est saisi SYN : capture, proie
■ Quantité de médicament administrée en une seule fois. SYN : absorption, ingestion
■ Avoir prise sur SYN : ascendant, empire, emprise, pouvoir
■ Électricité. Prise multiple SYN : multiprise
prendre (synonymes)
verbe intransitif
■ Se solidifier sous l'effet du froid, ou se figer en... SYN : coaguler, durcir, épaissir, tenir
■ En parlant d'un béton, d'un mortier, du plâtre, etc., faire... SYN : se figer
■ Réussir, atteindre son but SYN : prévaloir, réussir, s'implanter
■ Commencer à brÛler, à se développer SYN : commencer, débuter, partir, s'amorcer
■ Se diriger, choisir son chemin SYN : aller, se diriger, tourner
■ Familier. Ça ne prend pas SYN : marcher (familier)
prendre (synonymes)
verbe transitif
(latin prendere, de prehendere, saisir)
■ Attraper un animal, se rendre maître d'un lieu, arrêter, faire... SYN : appréhender, arrêter, capturer, cueillir (familier), épingler (familier), s'emparer
■ Voler, subtiliser ou emprunter quelque chose à quelqu'un SYN : dérober, faucher (familier), piquer (familier), rafler (familier), soustraire, voler
■ Enlever quelqu'un à l'affection de quelqu'un, d'un groupe SYN : arracher, décimer, enlever, faucher, ravir, tuer
■ Se manifester soudain chez quelqu'un SYN : étreindre, oppresser, saisir, serrer
■ Toucher, atteindre et saisir quelque chose, avec ou sans instrument, pour... SYN : attraper, empoigner, pincer, saisir
■ Toucher quelque chose, quelqu'un, un animal, le saisir, le tenir, le... SYN : agripper, attraper, happer
■ Emporter quelque chose, le mettre sur soi ou dans ses affaires... SYN : emporter, se pourvoir de
■ Emmener quelqu'un avec soi SYN : s'adjoindre
■ Transporter quelqu'un SYN : charger, embarquer
■ Accepter quelqu'un au sein d'un groupe, le recevoir SYN : accueillir, admettre, héberger
■ S'engager sur une voie de communication, dans une direction donnée SYN : s'engager dans
■ Choisir quelqu'un, quelque chose, le sélectionner parmi d'autres SYN : choisir
■ Se procurer quelque chose, en particulier l'acheter SYN : acheter, se fournir de, se procurer
■ Prélever quelque chose (matière, objet, etc.) pour l'utiliser, le consommer SYN : employer, utiliser
■ Consommer un aliment, une boisson, un médicament, manger, boire, absorber... SYN : absorber, avaler, boire, consommer, ingérer, ingurgiter, manger
■ Occuper, nécessiter tant d'espace, de temps ou accaparer le temps... SYN : accaparer, exiger, réclamer
■ Recevoir quelque chose de quelqu'un, se le faire donner SYN : demander, s'enquérir de
■ Recevoir un coup, un choc, un projectile ; être atteint par... SYN : écoper (familier), encaisser, essuyer, récolter
■ Recevoir quelque chose, l'accepter, l'entendre, l'interpréter de telle manière SYN : envisager, interpréter, regarder
■ Considérer quelqu'un, quelque chose comme étant tels, en particulier en se... SYN : confondre
■ Choisir quelqu'un pour une fonction SYN : coopter, désigner, élire, nommer, sélectionner
■ Surprendre quelqu'un en train de commettre une faute SYN : attraper (familier), coincer (familier), pincer (familier)
■ Prendre l'eau SYN : s'imprégner
■ Familier. Prendre une femme SYN : connaître (littéraire)
priser (synonymes)
verbe transitif
(bas latin pretiare, du latin classique pretium, prix)
■ Littéraire. Faire cas de quelqu'un, quelque chose, l'apprécier, l'estimer SYN : apprécier, estimer
Le Grand Robert 2005
prise [pʀiz] n. f.
ÉTYM. V. 1175; p. p. fém. du v. prendre*. REM. Ce nom ne correspond au verbe prendre que dans quelques valeurs spéciales et dans quelques emplois figés (prise en charge, à partie); la nominalisation de prendre en prise, en emploi libre, est exceptionnelle. Prise correspond en outre à des emplois figés où son sens est transféré et où il n'y a pas de correspondance entre verbe et nom (prise de courant, etc.)
❖
———
I
A (Action de prendre).
1 (Concret). a Littér. Action de prendre* qqch. pour tenir. || L'énergie (cit. 3) de la prise. ⇒ Poigne, préhension. || Poignée d'un instrument qui permet la prise. — (Tennis). Manière de tenir la raquette. || Avoir une bonne, une mauvaise prise.
b (1559). Manière de saisir et d'immobiliser l'adversaire, dans la lutte. || Prise d'épaules. || La ceinture, la clé, la cravate, le bras roulé, le collier, la manchette sont des prises. || Prises autorisées (→ Palestre, cit.). || Prises de catch, de judo.
1 (…) il était comme un lutteur devant l'adversaire, hésitant quelle prise tenter sur lui (…)
Montherlant, les Lépreuses, II, XV.
1.1 Une fois à terre, nous fournîmes tous deux un long effort; étonné de la durée de cette détente, de l'effort qu'il me fallait faire, dans cette étreinte, pour continuer de souffler, désemparé de la durée de cette prise et de toute la chaleur massive qui sortait de mes muscles, je n'avais plus le sentiment d'aucun sport (…)
Jean Prévost, Plaisirs des sports, p. 94.
1.2 Attention, hein, moi je te fais la prise qui te casse les veines !
J.-M. G. Le Clézio, le Déluge, p. 268.
c (Sports). Le fait de saisir, de tenir (plus ou moins bien) un objet nécessaire à l'exercice d'un sport; manière de tenir. || Avoir une bonne, une excellente prise (en aviron : → ci-dessous, prise d'aviron; au tennis ou au ping-pong : prise ouverte, fermée…; au javelot, à la perche).
♦ Spécialt. (Gymnastique). Manière dont la main du gymnaste saisit la barre. || Prise palmaire, radiale… || Prises mixtes : ouvertes (les cinq doigts du même côté), fermées, croisées (les avant-bras se croisant), jointes, écartées. || « On écrit prise (au singulier), qu'il s'agisse d'une ou des deux mains; mais il est recommandable de mettre le pluriel lorsqu'il s'agit des deux mains » (Fédération internationale de gymnastique, Précis de terminologie, 1971).
2 a (1632). Vx (langue class.). Altercation, dispute. — ☑ Loc. Avoir prise avec qqn.
2 Nous eûmes prise ensemble à l'hôtel de Bourgogne.
Corneille, la Galerie du Palais, I, 9.
b ☑ Loc. fig. (XIXe). Prise de bec : altercation, dispute. || Avoir une prise de bec (avec qqn).
3 (…) elle avait eu ce qu'elle appelait une prise de bec avec le pauvre Pons.
Balzac, le Cousin Pons, Pl., t. VI, p. 708.
4 Il avait mauvais caractère (…) De temps en temps, on avait des prises de bec. Mais c'était un bon chien quand même.
Camus, l'Étranger, I, V.
3 Loc. (XVIe). a ☑ Être aux prises (avec…) : se battre avec (comme par une suite de prises). || Être aux prises avec qqn. || Ils sont aux prises. ⇒ Main (aux mains). — Fig. Être en lutte contre… ⇒ Combattre, lutter. || L'homme est aux prises avec la nature (→ Modifier, cit. 1). || Se trouver aux prises avec des difficultés, une situation nouvelle (→ Intelligence, cit. 10). ⇒ Butte (en butte à). || Être aux prises avec une maladie irrémédiable (cit. 1). — Par ext. || Être aux prises avec un travail laborieux (cit. 4). — ☑ Mettre aux prises : faire s'affronter (au propre et au figuré).
5 (…) les voyageurs (de commerce), ces intrépides affronteurs de négations qui, dans la dernière bourgade, représentent le génie de la civilisation et les inventions parisiennes aux prises avec le bon sens, l'ignorance ou la routine des provinces.
Balzac, l'Illustre Gaudissart, Pl., t. IV, p. 13.
6 (Balzac) met aux prises, sous les figures de Matthias et de Solonnet, l'ancien et le nouveau notariat (…)
Th. Gautier, Portraits contemporains, Balzac, III.
7 (…) il était très saisi de se sentir aux prises avec cette chose mystérieuse qui est le souvenir.
Loti, Mon frère Yves, X.
b ☑ (1653). Lâcher prise : cesser de tenir, de serrer; lâcher ce qu'on tenait serré dans la main. || Faire lâcher prise à qqn (→ Dégager, cit. 26). || Il lâcha prise et tomba. — Par métaphore (→ Cramponnement, cit.). — Fig. Abandonner.
8 Serrez bien, dirent-ils; gardez de lâcher prise.
La Fontaine, Fables, X, 2.
9 La mort semble une force étrangère qui vient fondre sur notre pauvre nature et ne lâche prise qu'après l'avoir étouffée.
B. Constant, Journal intime, 9 mai 1805.
REM. Ces sens (2. et 3.) de prise correspondent à se prendre, C., 1.
4 (Déb. XVIIe, M. Régnier). Vx (langue class.; littér. au XIXe). Le fait de tenir sous l'influence d'une personne. ⇒ Emprise. || Avoir qqn sous sa prise. || « Il avait une prise extraordinaire sur l'esprit et sur le cœur » (Chateaubriand).
5 ☑ (De prendre la tête*). Loc. Prise de tête : obsession, souci.
B Endroit servant à prendre*.
1 (1559). Endroit, moyen par lequel une chose, une personne peut être prise. || Je n'ai pas de prise pour attraper, tenir cet outil. — (Abstrait). || Le moins qu'on peut laisser de prise aux dents d'autrui (cit. 7, La Fontaine). || Nous avons une grande prise de plus pour gouverner l'enfant (→ 1. Bon, cit. 96, Rousseau).
10 Qu'importe de paraître avoir moins de faiblesses qu'un autre, et donner aux hommes moins de prises sur vous ? Il suffit qu'il y en ait une, et qu'elle soit connue. Il faudrait être un Achille sans talon, et c'est ce qui me paraît impossible.
Chamfort, Maximes, « Sur l'homme et la société », III.
2 (1889). Alpin. Endroit d'un rocher, d'une paroi où l'on peut se tenir, prendre un point d'appui. ⇒ Aspérité, saillie. || Prises de mains, de pieds. || Chercher une prise. || Bonne prise, prise minime (⇒ Gratton), dangereuse. || Prise inversée, dont l'aspérité, la saillie est dirigée vers le bas. || Tailler des prises dans la glace.
3 ☑ Loc. (1625). Donner prise. || Bateau qui donne peu de prise (→ Avarie, cit. 3). — (XVIIe). Fig. ⇒ Exposer (s'). → Prêter le flanc*, fournir des armes*. || Donner prise à la malignité (cit. 4) des hommes, à la médisance… || Donner prise à la chimère (cit. 11). || Il faut se garder de donner prise à l'ennemi (→ Hérisser, cit. 38). — Donner prise sur soi : se rendre vulnérable.
11 (…) tous vos déportements
Pourraient moins donner prise aux mauvais jugements.
Molière, le Misanthrope, III, 4.
12 (…) ces bâtisses excessives donnaient de toute part prise à la bourrasque, comme ces généraux trop chamarrés qui dans la bataille attirent les coups.
Hugo, l'Homme qui rit, I, II, XI.
13 (…) j'ignorais encore avec quelle malignité les événements dérobent à nos yeux le côté par où ils nous intéresseraient davantage, et combien peu de prise ils offrent à qui ne sait pas les forcer.
Gide, Isabelle, I.
♦ ☑ (Déb. XVIIe). Avoir prise. a (Concret). Avoir une prise.
b (Abstrait). || Avoir prise sur (qqch., qqn) : avoir une action, un moyen d'agir* sur. || Avoir prise sur les choses (→ 1. Manche, cit. 7), sur les gens. || On n'a aucune prise sur les naturels indolents (cit. 3; → aussi Emprise, cit. 6). || Sentiment qui a prise sur qqn (→ Blesser, cit. 15), sur le cœur humain (→ Établir, cit. 35). — Absolt. || Un âge où les chagrins ont peu de prise (→ Forger, cit. 10).
14 (…) Bonaparte était un poète en action, un génie immense dans la guerre, un esprit infatigable, habile et sensé dans l'administration, un législateur laborieux et raisonnable. C'est pourquoi il a tant de prise sur l'imagination des peuples (…)
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. IV, p. 54.
15 Considérez tour à tour les grands peuples depuis leur apparition jusqu'à l'époque présente; toujours vous trouverez en eux un groupe d'instincts et d'aptitudes sur lesquels les révolutions, les décadences, la civilisation ont passé sans avoir prise.
Taine, Philosophie de l'art, t. II, p. 250.
16 Les gens qui n'eurent point de faiblesses sont terribles; on n'a point de prise sur eux.
France, le Crime de S. Bonnard, Œ., t. II, p. 425.
17 Ne croyez pas qu'un homme d'État d'aujourd'hui, fût-il entier et tyrannique comme M. Clemenceau, ait prise directe sur les faits.
Martin du Gard, les Thibault, t. VIII, p. 254.
18 Jamais la foi n'avait eu de prise sur cette femme à qui toutes les religions paraissaient également fausses (…)
J. Green, Léviathan, II, II.
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II
1 (XIIe). Action de s'emparer. ⇒ Prendre. || La prise de La Rochelle par Richelieu. || La prise de la Bastille, dont la célébration (cit. 2) a lieu le 14 juillet. — REM. Le syntagme prise de la Bastille est attesté dès 1789 (in D. D. L.). — Prise d'une ville. ⇒ Conquête, enlèvement (→ Destruction, cit. 1). — Prise d'un animal. ⇒ Capture.
♦ Dr. || Prise de navire, de cargaison : saisie d'un navire ou d'une cargaison appartenant à l'ennemi, parfois à des neutres. ⇒ Capture (→ Fortune, cit. 30).
♦ Dr. criminel. || Prise de corps : fait pour la justice de s'assurer de la personne d'un inculpé. ⇒ Arrêter; arrestation. || Ordonnance de prise de corps (→ Inculper, cit. 3).
19 (…) son tailleur, son boulanger, son marchand de vin ou son hôte avaient obtenu et mis à exécution contre lui une prise de corps.
Diderot, Jacques le fataliste, Pl., p. 573.
♦ Dr. féod. || Droit de prise : droit pour le seigneur de réquisitionner ce qui lui était nécessaire pendant ses déplacements.
20 (…) le droit de gîte, de prise et pourvoirie, qui, sur le passage du roi ou du seigneur, dévalisait les chaumières, enlevait les paillasses et les couvertures, chassait l'habitant de chez lui, quitte à ce qu'on arrachât les portes et les fenêtres, s'il ne déguerpissait pas assez vite.
Zola, la Terre, I, V.
♦ Mar. Droit de réquisitionner un navire ennemi ou sa cargaison. — Loc. (1684). || Navire, cargaison de bonne prise, contre lesquels s'exerçait le droit de prise. — ☑ Fig. Être de bonne prise, bon à prendre (→ 1. Éponge, cit. 4; filature, cit. 3).
♦ Le fait de prendre (une pièce); coup par lequel on prend une pièce adverse, au cours d'un jeu.
♦ ☑ Loc. Mettre (une pièce) en prise (aux échecs), dans une position où elle peut être prise par l'adversaire. || Roi mis en prise. ⇒ Échec. — Prise en passant (d'un pion, aux échecs).
2 (V. 1119, « animal capturé »). Par métonymie. Ce qui est pris. ⇒ Butin. || Une belle prise (cf. Un beau coup de filet). || Les prises d'un chasseur, d'un pêcheur. || Abandonner une prise (→ Indemniser, cit. 2). || Pirate qui rend ses prises (→ 2. Marque, cit.). — Spécialt. Navire capturé.
———
III (Dans des emplois ou des syntagmes figés nominalisant souvent un emploi de prendre).
A (Concret). || Prise de… : action de se pourvoir, d'utiliser.
1 Prise d'armes. a (1690). Vx. (Correspond à prendre les armes). Bataille, émeute (→ Population, cit. 6). || Périr dans une prise d'armes (→ Moteur, cit. 2).
b (1904). Mod. Parade militaire en présence de soldats en armes pour une revue*, une cérémonie.
2 (1679). || Prise d'habit, prise de voile : cérémonie par laquelle un (une) novice prend l'habit, le voile (→ Froc, cit. 4). ⇒ Vêture.
21 Les dames causaient d'une prise de voile, une cérémonie très touchante, dont le Paris mondain restait tout ému depuis trois jours. C'était la fille aînée de la baronne de Fougeray qui venait d'entrer aux Carmélites, par une vocation irrésistible.
Zola, Nana, III.
3 (Correspond à prendre, I., C., 6.). a La prise d'un médicament, etc. : action d'absorber (un aliment, un médicament…).
b (1567). || Une prise : la chose absorbée en une fois. || Médicaments à ingérer en trois prises quotidiennes. — (1812). Spécialt. Dose, pincée de tabac que l'on prend par le nez. ⇒ 2. Priser. || Humer (cit. 9) une prise de tabac. — Ellipt. || Offrir une prise (→ Insinuer, cit. 18).
22 (…) le chevalier tirait sa tabatière par un geste digne de Molé (…) levait dignement le couvercle, massait sa prise, la vannait, la lévigeait, la façonnait en talus; puis, quand les cartes étaient données, il avait garni les antres de son nez.
Balzac, la Vieille Fille, Pl., t. IV, p. 214.
23 Parfois, maman aspirait une petite prise de tabac; elle le faisait discrètement, presque en cachette, car elle sait que je n'aime pas à la voir priser, moi qui fume toute la journée, moi qui suis gâté par toute sorte de vices, de manies et de tics.
G. Duhamel, Salavin, I, XVI.
♦ Le fait d'absorber (des stupéfiants). ⇒ Sniff (anglicisme).
♦ ☑ Fam. Vx. Prendre une prise : humer, sentir une mauvaise odeur.
24 T'as le nez solide, t'as pas peur de prendre une prise, toi !
Zola, l'Assommoir, X, t. II, p. 140.
4 (1903, in Année sc. et industr. 1904, p. 323). || Prise de vue(s) (au cinéma) : tournage d'un plan* (2. Plan), entre le déclenchement de la caméra* et son arrêt (correspond à prendre, I., C., 3. : prendre une photo, etc.). || Rapport entre la position de la caméra et le sujet, dans une prise de vue. || Faire plusieurs prises de vue d'un même plan. || Angle de prise de vue. ⇒ Champ. || Opérateur de prises de vue. — Prise de vue terrestre; aérienne; horizontale, oblique (⇒ Plongée, contre-plongée); fixe, mobile. ⇒ Mouvement (d'appareil).
24.1 Il aurait voulu conclure avec sur le front, comme la lampe des dentistes, un petit appareil de prise de vues, pour filmer les visages dans cet instant-là.
Montherlant, le Démon du bien, p. 139.
♦ Par ext. || Prise de vues photographique. ⇒ Cliché, photographie. — Ellipt. || Prise. || Faire plusieurs prises d'un plan.
♦ (1930). || Prise de son : opération par laquelle on règle la modulation microphonique, la qualité du son pour le transmettre (radio) ou l'enregistrer (disque, bande, film…). || Prise de son d'un film pendant le tournage au moyen de la perche* à son, complétée par l'enregistrement d'autres éléments sonores. ⇒ Mixage.
5 (Déb. XXe). || Prise de sang : action de prélever du sang pour l'analyser, pratiquer une transfusion… ⇒ Prélèvement.
6 Rare. Action de capter (un fluide). || Effectuer une prise d'eau, de courant, illicite, frauduleuse. — REM. Les syntagmes prise d'eau, de courant, etc. sont en général employés et compris au sens IV, ci-dessous.
7 Techn. || Prise de terrain : manœuvre d'un aéronef pour se poser.
24.2 Je décrivis une large courbe, fis une « prise de terrain ».
Mermoz, Mes vols, in G. Petiot.
8 Sports (escrime; de prendre au sens de « s'emparer de, maîtriser »). || Prise de fer : action qui consiste à maîtriser le fer adverse. || L'enveloppement, le liement et l'opposition sont des prises de fer. || Prise de fer double, composée.
9 Sports (→ ci-dessus, I., A., 1., c). Le fait de prendre et de serrer (l'aviron). || Prise d'aviron. — Prise d'eau : le fait de prendre, d'attaquer l'eau, avec l'aviron.
♦ Prise de témoin (course de relais).
B (Abstrait). || Prise de… (et n. abstrait) : action de prendre, de se mettre à avoir. || Prise de conscience*. || Prise de possession*. || Prise de position sur une question. || Prise de contact avec qqn.
♦ Prise de fonction, de poste : fait de prendre ses fonctions, son poste.
24.3 La foule ouvrière arrivait drue venant du métro. Aux heures de prise de poste elle était blanche de visages tournés vers l'usine. Au départ elle apparaissait sombre vue de dos.
Pierre Hamp, la Peine des hommes (Moteurs), p. 31.
♦ Prise de commandement, pour un officier. — Admin. || Prise de rang : fait de prendre sa place hiérarchique.
♦ Prise de parole : fait de prendre la parole.
C (Avec en…, à…).
1 (Fait de prendre la responsabilité de…). — ☑ (Mil. XXe). Prise en charge. a Action de prendre en charge (qqn), d'assumer son entretien, ses dépenses. || Prise en charge des parents âgés nécessiteux par les enfants. || Prise en charge d'un assuré par la Sécurité sociale. ⇒ Charge.
b Prise en charge d'un passager par une voiture de louage. — Spécialt. Moment où le compteur d'un taxi est enclenché; prix forfaitaire minimal de départ. || Taxe de prise en charge. || La prise en charge a augmenté d'un franc.
2 ☑ Prise en… (fait de manifester une attitude). || La prise en amitié, en pitié de qqn par qqn. — ☑ Prise en considération* de quelque chose.
REM. Les loc. prise en… correspondent à prendre en… (→ Prendre, I., A., 4.).
3 ☑ (1599, en dr.). Prise à partie : fait de prendre qqn à partie, de l'attaquer. ⇒ Attaque.
♦ Dr. Poursuite contre un juge, voie de recours extraordinaire portée devant une cour d'appel ou la cour de cassation. || Prise à partie dans le cas de déni* de justice, vol, fraude, concussion…
REM. Les emplois de prise traités ci-dessus (B. et C.) correspondent à des syntagmes figés, formés avec prendre, I., C. et D., 2.
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IV (XVIe, dispositif qui « prend »). — REM. Dans ces valeurs, à la différence du sens III, prise ne correspond pas à la nominalisation d'un emploi figé de prendre.
1 (1600). || Prise d'eau : robinet*, tuyau, vanne où l'on peut prendre de l'eau (→ Pont, cit. 7). — Mar. || Prise d'eau à la mer, qui permet d'obtenir de l'eau de mer de l'intérieur du navire.
25 Près d'elle (la machine Lison), une prise d'eau, mal fermée, ruisselait et entretenait une mare, coulant entre ses roues, dans la fosse.
Zola, la Bête humaine, VI.
♦ (1869). || Prise d'air : dispositif d'aération. — Prise de vapeur d'une machine.
♦ Aéron. || Prise d'air (sur un avion supersonique), munie de parois internes (ou externes) mobiles de façon à adapter le fonctionnement du réacteur aux vitesses de l'avion.
2 (Déb. XXe; av. 1922, Duhamel). || Prise de courant, prise électrique et, absolt, prise : contacteur* électrique. Chacune des deux parties du dispositif : bouton isolant portant deux fiches ou prise mâle; socle isolant muni de deux douilles ou prise femelle. || Appareil électrique à fil terminé par une prise. || Prise fixée sur un mur (→ Fourrer, cit. 4). || Brancher (cit. 2) une lampe sur la prise électrique. || Prise de pick-up d'un récepteur de radio. || Prise d'antenne, de télévision. — (1932). || Prise de terre : conducteur qui relie à la terre une installation électrique. || Prise multiple : prise femelle à plusieurs douilles. ⇒ Multiprise; et aussi plot.
♦ (Avec un n. en appos.). || Prise tourne-disque, prise magnétophone.
3 (1899). || Prise directe, et, absolt, prise. — Autom. Position du changement de vitesse dans laquelle la transmission du mouvement moteur est directe (les autres positions correspondant aux vitesses démultipliées ou surmultipliées). || Mettre la prise directe. — En prise. || Voiture qui a sa troisième vitesse en prise. || Monter une côte en prise. || Être en prise.
♦ ☑ Loc. fig. (1961). Être en prise (directe) avec, sur qqch., en contact direct et actif. || Être en prise directe avec son époque. || Être en prise directe sur la réalité.
♦ Absolument :
26 (…) l'art n'est plus seulement cette tangence de l'esprit à la matière, cette expression métaphorique de l'exister auxquelles nous avaient habitués des générations d'artistes. Il est désormais une infusion de la pensée dans la chose inerte, un contact en prise directe et qui se résout en une création vivante (…)
M. Aymé, le Vin de Paris, « La bonne peinture », p. 212.
REM. L'auteur pastiche le style prétentieux de certains critiques.
———
V (1783, Buffon). Le fait de prendre. — Techn. ⇒ Coagulation, durcissement, solidification. || La prise d'un béton. — ☑ Loc. Ciment à prise rapide.
♦ Gélification* (cit.) du lait, dans la fabrication du fromage.
♦ (1869, in Littré). || Faire prise : se coaguler.
❖
DÉR. 2. Priser.
COMP. Cache-prise.
prendre [pʀɑ̃dʀ] v.
CONJUG. je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent; je prenais; je pris, nous prîmes; ils prirent; je prendrai; je prendrais; que je prenne, que nous prenions; que je prisse; prends, prenons; prenant; pris, prise.
ÉTYM. 980; lat. pre(he)ndere.
❖
———
I V. tr.
A Mettre avec soi ou faire sien.
1 Mettre en sa main (pour avoir avec soi, pour faire passer d'un lieu dans un autre, pour être en état d'utiliser, pour tenir). || Prendre un objet, un instrument, une quantité de matière, une partie d'une chose. || Action de prendre. ⇒ Prise. || Endroit où l'on peut prendre qqch. ⇒ Prise. || Prendre qqch. à pleines mains, entre ses doigts (cit. 4), entre le pouce et l'index, du bout des doigts*, dans le creux de la main (⇒ Préhension). || Prendre une poignée (→ Main, cit. 19), une pincée (cit. 2) de… || Prendre vivement (⇒ Saisir), en serrant (⇒ Agripper, empoigner). || Prendre au sol. ⇒ Ramasser. || N'avoir qu'à se baisser (cit. 31) et prendre, pour prendre (→ Manier, cit. 20), prendre facilement. || Prendre ce qui est loin, qui est difficile à tenir. ⇒ Attraper; atteindre, aveindre (vx). || Prendre au passage. ⇒ Intercepter. — ☑ Loc. fig. Prendre la balle* au bond. — Je te défends de prendre ce livre. ⇒ Toucher (à). || Prendre pour utiliser, mettre en œuvre (→ aussi ci-dessous, C. et D.). || « Poète, prends ton luth » (→ Baiser, cit. 12). || Elle prit son tricot (→ Laine, cit. 9). || Il prit sa pelle (cit. 3) et remplit le seau. || Prends ce miroir et vois (→ Neige, cit. 6). || Elle prit la coupe et la porta à ses lèvres (cit. 15). || Il a pris un moellon et l'a lancé de toutes ses forces (→ Lapider, cit. 1). — Prendre qqch. des mains de qqn. ⇒ Arracher, enlever (→ Lait, cit. 16). || Prendre son stylo dans son sac. ⇒ Sortir, tirer (→ Bloc, cit. 5). — ☑ Loc. fig. Prendre une affaire en main* (cit. 39). ☑ Prendre son courage* à deux mains. — Prendre la main* (cit. 24) de, à qqn. ⇒ Étreindre. || Prendre le bras* (cit. 12), la taille*, le menton (→ Pincer, cit. 1) de qqn. ⇒ Tenir. || Prendre qqn par la main, le bras, la taille (→ Frotter, cit. 29), par le cou. — (Avec une idée de violence). ☑ Prendre qqn par les cheveux, la tignasse (→ Marteler, cit. 4), la peau du cou; prendre qqn à la gorge*, au collet (cit. 5), le serrer. (→ Juguler, cit. 1). — ☑ Loc. fig. Prendre l'occasion* aux cheveux (cit. 31). ☑ Prendre le taureau par les cornes*. — Par ext. Se mettre à tenir, à serrer avec certaines parties du corps. || Prendre qqch. avec la bouche, les dents. — ☑ Loc. fig. Prendre la lune avec ses dents*. || Prendre qqn, qqch. dans ses bras (→ Délicatesse, cit. 10), à bras*-le-corps. ⇒ Embrasser.
1 À tout instant, il prenait Suzanne par le bras ou par la taille avec un naturel si parfait, avec une si charmante liberté que la jeune femme ne songeait pas même à se rebeller.
G. Duhamel, Chronique des Pasquier, t. IX, p. 145.
2 Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux (…)
Aragon, le Roman inachevé, p. 238.
– (Animaux). || Prendre avec les pattes, les pinces (cit. 4), la gueule (⇒ Happer), le bec (⇒ Picorer). — Cheval qui prend le mors aux dents (au fig. ⇒ Mors, cit. 3, 4 et 5). — Zool. || Organe qui peut prendre. ⇒ Préhensile.
♦ (En se servant d'un instrument, d'un outil mieux approprié que la main). || Prendre des berniques (Bernicle, cit. 1) au bout de son couteau. || Prendre de la terre avec une pelle, de l'herbe (cit. 15) avec une fourche, un liquide avec un seau, un vase. ⇒ Puiser. || Prendre avec une pince. — ☑ Loc. fig. N'être pas à prendre avec des pincettes* (cit. 2).
2 Mettre avec soi, amener à soi. || Prendre un sac sur son dos. || Prendre un parapluie pour sortir. ⇒ Emporter, pourvoir (se). || Des valets vinrent prendre dans les boutiques ce que leurs maîtres avaient acheté (→ Nippe, cit. 1). ⇒ Chercher, enlever. || Prendre de l'essence. || N'oublie pas de prendre le pain. ⇒ Acheter. || Prendre de l'argent à la banque. ⇒ Retirer.
2.1 Prenez ce qu'il vous faut pour un voyage de quinze jours, et suivez-moi.
Dumas, les Trois Mousquetaires, XIX.
2.2 — Dix-neuf sous, est-ce possible ! disait madame Marty, séduite comme sa fille. Bah ! je puis bien en prendre deux (cravates de femme), ce n'est pas ça qui nous ruinera.
Zola, Au Bonheur des Dames, IX.
♦ ☑ Loc. Prendre ses cliques* et ses claques.
♦ Prendre qqch. à bail*, à ferme*. ⇒ Louer. || Prendre une chambre.
2.3 Si vous faisiez épier ses démarches, je suis sûre que vous découvririez qu'il n'a fait que prendre un asile plus commode, pour quelque noirceur qu'il médite dans les environs.
Laclos, les Liaisons dangereuses, IX.
♦ (Compl. n. de personne). || Prendre qqn sur ses genoux (→ Dodeliner, cit. 1). || Prendre un enfant sur son dos. — ☑ Loc. fig. Prendre ses jambes (cit. 16) à son cou. — Prendre une personne à part* (1. Part, cit. 25). — Il la prit chez lui, avec lui (→ Captiver, cit. 6). ⇒ Accueillir, recueillir. || Prendre qqn en pension (cit. 4). || Maison qui prend des pensionnaires (cit. 1). || Prendre un élève dans une classe. — Spécialt. ⇒ Recevoir. || Le docteur ne pourra vous prendre aujourd'hui. — Pouvez-vous me prendre ?, vous occuper de moi. — Le capitaine me prit à son bord (cit. 3). || Prendre qqn en croupe, sur son cheval (→ Manquer, cit. 61). — Par ext. || Taxi qui prend un client. ⇒ Emmener. || Le canot (cit. 2) vint me prendre. || Passer* (cit. 49) prendre qqn. ⇒ Joindre. || Dieu nous l'a pris, l'a rappelé à lui. — Par ext. ☑ Prendre qqn en chasse*, en filature (cit. 4). — Prendre qqn sous sa protection.
3 Nous allons le ramener, le prendre avec nous, qu'il le veuille ou non, il ne nous quittera plus.
Hugo, les Misérables, V, IX, IV.
4 (…) il fut convenu que ses témoins le prendraient chez lui en landau, le lendemain à sept heures du matin, pour se rendre au bois du Vésinet où la rencontre aurait lieu.
Maupassant, Bel-Ami, I, VII.
5 (…) quand mon heure sera venue de quitter ce monde, Dieu veuille me prendre sur mon échelle, devant mes tablettes chargées de livres !
France, le Crime de S. Bonnard, Œ., t. II, p. 342.
6 Il prenait chacun de ses compagnons à part, à tour de rôle, et commençait toujours ainsi : « Toi qui es le seul intelligent de cette bande de patates » (…)
G. Duhamel, Salavin, III, III.
7 En tout cas elle n'avait pas encore quitté Paris, sinon elle fût repassée au Foyer pour prendre ses valises.
Sartre, l'Âge de raison, XV.
3 Fig. (avec un compl. de manière). Aborder, se mettre à considérer (qqch., qqn) de telle façon. ☑ Prendre une chose de front*. || Prendre qqch. à l'endroit, à l'envers, à contre-poil. ☑ Loc. Prendre la vie du bon côté, par ce qu'elle a d'agréable. ☑ Prendre qqn par le bon bout* (cit. 17.4). ☑ On ne sait par où le prendre : il n'est pas approchable*, il est hargneux, susceptible. — ☑ Prendre une expression à la lettre* (cit. 18), au pied de la lettre* (cit. 17).
♦ (Sans compl. second). ⇒ Considérer. || Prenons cet exemple. || Prendre un mot dans un sens (→ Anarchie, cit. 1; franchise, cit. 2; libertinage, cit. 3; pédagogie, cit. 2). || Prendre au figuré. — ☑ À tout prendre : en considérant tous les aspects de la question (→ Piètre, cit. 2; et aussi à tout examiner*, somme* toute, en conclusion*).
8 Et que, dans un âge plus avancé, l'expérience nous ait convaincus, qu'à tout prendre, il vaut mieux, pour son bonheur dans ce monde, être un honnête homme qu'un coquin ?
Diderot, Entretien d'un philosophe avec la maréchale de ***.
9 Prenez-moi votre sujet tantôt en travers, tantôt par la queue; enfin variez vos plans, pour n'être jamais le même.
Balzac, Illusions perdues, Pl., t. IV, p. 649.
10 Je ne sais quelle froideur littéraire, saine à tout prendre, me garda du délire romanesque.
Colette, la Maison de Claudine, p. 49.
11 Dupont disait qu'on ne savait par quel bout le prendre (Bonaparte), qu'il avait des moments d'humeur où il était inabordable.
A. Maurois, Lélia, I, II.
♦ ☑ Prendre bien, mal (ce qui arrive) : supporter bien ou mal; accepter avec flegme, résignation ou réagir par du dépit, de l'abattement. — Spécialt. || Prendre mal* un propos. ⇒ Fâcher (se). → 2. Mal, cit. 7. ☑ Le prendre bien, entendre la plaisanterie, ne pas être susceptible. ⇒ Interpréter. || Prendre la chose avec philosophie*. ☑ Prendre les hommes comme ils sont, les accepter, ne pas vouloir les changer. ⇒ Accommoder (s'). → 1. Être, cit. 41. || Prendre les choses comme elles viennent, le temps comme il vient. || Prendre qqch. au sérieux* (→ Espionnage, cit. 3), à cœur* (cit. 53), au tragique (→ Lettre, cit. 38), à la légère (cit. 34), en riant. || Prendre en plaisanterie, comme une plaisanterie; prendre en badinage (cit. 8). ☑ Prendre qqch. en bonne, en mauvaise part* (→ Domesticité, cit. 1; largeur, cit. 3), le prendre de haut. ⇒ Haut. || Prenez-le un peu moins haut (→ Monsieur, cit. 3). || Le prendre sur un ton… (⇒ 1. Parler). || Si vous le prenez ainsi : si vous vous fâchez. ⇒ Entendre. || Je ne le prenais pas ainsi (→ Justice, cit. 8).
11.1 Ce que je propose de dire dans cet article et dans ceux qui suivront, je voudrais qu'on le prenne bien. Je parle au nom d'une fraternité de combat et personne n'est ici visé en particulier.
Camus, Actuelles I, p. 264.
12 Les Pères démêlèrent la ruse du frère Jean et son objet : ils prirent la chose au grave, et frère Jean, au lieu d'être procureur comme il s'en était flatté, fut réduit au pain et à l'eau, et bien discipliné (…)
Diderot, Jacques le fataliste, Pl., p. 538.
13 Il en convenait et prenait bien la plaisanterie, car il était homme de bonne compagnie.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. V, p. 318.
14 (…) on se scandalisait un peu, mais surtout on le prenait à la blague, on se gaussait.
Gide, Si le grain ne meurt, II, II, p. 331.
♦ Prendre pour soi une remarque, une allusion, considérer qu'elle s'applique à soi. ⇒ Appliquer (s').
4 Prendre (qqn, qqch.) en… a (Suivi du nom d'un sentiment). Éprouver (tel sentiment) pour… ⇒ Avoir (avoir en…) || Prendre qqn en amitié, en affection (cit. 8), en pitié (→ Cœur, cit. 104), en haine (cit. 19), en grippe* (cit. 3 et 6), se mettre à éprouver pour lui de l'amitié, de l'affection… || Prendre une chose en aversion, en dégoût. || Prendre en gré (cit. 11), en considération.
15 Dès qu'il s'apercevait que quelqu'un s'attachait à lui par inclination, il le prenait en amitié.
A. R. Lesage, Gil Blas, XI, VIII.
16 (…) j'avais pris en aversion les études, les écoles (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. IV, p. 95.
b ☑ Loc. Prendre qqn en charge.
c (Avec une valeur proche de B., 7.). ☑ Prendre qqn en traître, par traîtrise (→ Assaillant, cit. 3). → aussi ci-dessous, B., 9. : prendre qqn en faute, en défaut; et ci-dessus, A., 2. (emploi concret) prendre qqn en croupe; (abstrait) prendre en chasse.
REM. Certaines de ces expressions se nominalisent en prise en… ⇒ Prise.
5 ☑ Prendre (qqn) à partie*. ⇒ aussi Prise (prise à partie).
6 ☑ (XIIe). Prendre (qqch.) sur soi, en porter volontairement la responsabilité. ⇒ Assumer, charger (se), endosser. || Prendre sur soi les péchés du monde (→ Monastique, cit. 2), la faute de qqn. ⇒ Couvrir. || Prendre sur soi de faire qqch. (→ Aveu, cit. 16; difficulté, cit. 9; outrepasser, cit. 1). — ☑ Prendre sur son compte : garder toute la responsabilité de qqch. ☑ Prendre qqch. sous son bonnet*.
17 L'idée m'est venue que nous prenons volontiers sur nous certaines fautes pour enlever au destin une part de son honneur et de sa stupidité.
G. Duhamel, Chronique des Pasquier, III, XIX.
♦ ☑ Prendre sur soi de… : faire en sorte de… par quelque effort de volonté. ⇒ Efforcer (s'). || Il prit sur lui de ne pas se plaindre.
18 Ivre d'amour et de volupté, il prit sur lui de ne pas lui parler. C'est, selon moi, l'un des plus beaux traits de son caractère; un être capable d'un tel effort sur lui-même peut aller loin (…)
Stendhal, le Rouge et le Noir, II, XXXI.
♦ Absolt. || Il faut prendre sur soi. ⇒ Supporter (→ Écouter, cit. 28).
18.1 Aimer ses parents c'est prendre sur soi, agir par sa volonté pour leur faire plaisir (…) On peut tout ce qui ne dépend que [de] notre volonté, répondit Mme Santeuil.
Proust, Jean Santeuil, Pl., p. 222.
B Agir de façon à avoir, à posséder (qqch., qqn).
1 Se mettre en possession de; se rendre maître de (en prenant matériellement, ou non). ⇒ Approprier (s'). || Prendre ce qui n'appartient à personne, ce qu'on trouve (→ Fossé, cit. 5). || Prendre qqch. sans demander (→ Offrir, cit. 8). || Prendre ce qu'on vous donne*, ce qu'on vous offre. || Vous pouvez le prendre. ⇒ Disposer (en). || Prenez ! ⇒ Tenir (tenez !). || Prendre sa part. ⇒ Attribuer (s'). || J'ai le droit d'en prendre la moitié (→ Notre, cit. 6). || Prendre tout. ⇒ Accaparer. || Prendre une partie de… ⇒ 1. Lever, prélever. || Prendre des biens, des terrains. ⇒ Anticiper, empiéter, emprise. || Prendre avec l'intention de rendre. ⇒ Emprunter. || Prendre de préférence. ⇒ Choisir. ☑ C'est à prendre ou à laisser*. || Prendre de-ci de-là. ⇒ Grappiller. — Prendre par force*, par ruse, prendre à qqn; prendre contre de l'argent.
19 Je saisis un moment, où Mme de Rosemonde s'était éloignée, pour remettre ma lettre : on refusa de la prendre (…)
Laclos, les Liaisons dangereuses, XXV.
19.1 Ou les fauteuils de cuir ou rien… c'est à prendre ou à laisser.
N. Sarraute, le Planétarium, p. 54.
♦ Prendre sa part de butin. — ☑ Loc. fig. Prendre son pied. ⇒ Pied.
♦ Absolument :
20 Prends ! Et ne t'avise pas de refuser, si tu ne veux pas que je crève de pléthore. Je ne peux pas te donner moins, arrange-toi.
Colette, la Naissance du jour, p. 53.
♦ Fig. || Prendre sur son sommeil : enlever du temps au sommeil (pour faire qqch.). ⇒ Prélever.
2 Demander, exiger. — (Le sujet désigne une personne qui touche une rémunération d'un client). || Un artisan, un coiffeur qui prend tant pour son travail. || Professeur qui prend tant de l'heure. || Combien prend-il ? : quel est son prix*. || Il me prend tant. ⇒ Coûter. — Fam. || Médecin qui prend cher, dont les prix sont élevés.
21 Combien me prendriez-vous pour mon logement, ma nourriture et vos soins ?
Diderot, Jacques le fataliste, Pl., p. 545.
22 Nous sommes obligés de demander vingt pour cent d'intérêt (…) Nous prenons des intérêts normaux qui ont été établis en considération de nos frais et de nos risques (…)
Sartre, l'Âge de raison, XV.
♦ Exiger, employer (du temps). || La traversée prend plus de quatre heures (→ Pagayeur, cit.). || Cela prendra trois jours (→ aussi Loisir, cit. 17). || Un travail qui me prend tout mon temps. ⇒ Absorber, dévorer.
23 Ta « conversation » prendra beaucoup de temps ? — Je ne sais pas (…)
J. Romains, Une femme singulière, XX.
3 Fam. Recevoir, supporter. ⇒ Attraper, recevoir. || Prendre des coups, des gifles, une raclée. ☑ Prendre une bûche* : tomber. || Qu'est-ce qu'il a pris ! || Taureau qui prend la pique (1. pique, cit. 3). || Prendre une averse. — ☑ Loc. Prendre qqch., en prendre pour son grade*. ☑ Prendre une culotte*. || L'équipe a pris trois buts (→ Encaisser).
4 (1080). Se rendre maître de, par la force; conquérir. ☑ Prendre d'assaut* (cit. 4, au fig.) qqch., un lieu. ⇒ Enlever, forcer, obtenir (→ 1. Gare, cit. 6), prise. || Prendre une forteresse (→ Citadelle, cit. 1), une place fortifiée (cit. 14), une ville (→ Dompter, cit. 6). || Place qu'on ne peut prendre. ⇒ Imprenable, inexpugnable. || Prendre des provinces. ⇒ Conquérir, envahir, occuper (→ Conquête, cit. 1). || Prendre un navire à l'ennemi. ⇒ Capturer, saisir. — Prendre le pouvoir (→ Dualité, cit. 2; fascisme, cit. 1). — ☑ Fig., fam. (au p. p.). C'est toujours ça de pris sur l'ennemi ! ☑ C'est autant de pris… (→ Assommant, cit. 1), se dit d'un petit avantage dont on est assuré.
24 Un apéritif, ça ne se refuse pas. L'autre le regarda, et pensa que c'était toujours ça de pris sur l'ennemi (…)
Aragon, les Beaux Quartiers, I, XII.
♦ Posséder sexuellement (une femme, un partenaire). ⇒ Connaître, posséder (→ Maîtresse, cit. 68). || Prendre une femme de force. ⇒ Violer.
25 Épuisée enfin, elle tomba; et je la pris brutalement, par terre, sur le pavé.
Maupassant, les Contes de la bécasse, « Un fils ».
26 Tu crois que je vais tomber à tes pieds et crier : prends-moi ! Mais tu n'as donc connu que des jeunes filles ? Penser que je vais perdre la tête, pour un baiser (…)
Colette, Chéri, p. 36.
5 Prendre qqch. à qqn : s'emparer de (ce qui appartient à qqn). ⇒ Confisquer, dérober, ravir, voler; (fam.) chiper, chouraver, faucher, piquer, rafler (→ Faire main basse* sur). || Prendre des biens, de l'argent à qqn (→ Gorger, cit. 10; 1. foutre, cit. 9). || C'est mon trésor qu'on m'a pris (→ Joignant, cit.). || Les voleurs vinrent prendre le magot (cit. 1). || Elle lui a pris sa fortune. ⇒ Manger. || Conquérants qui ne trouvent plus rien à prendre (⇒ Piller). || Prendre son argent (⇒ Escroquer), ses biens (⇒ Déposséder, dépouiller), ses affaires (⇒ Dévaliser) à qqn. || On lui a tout pris. — Fig. || Prendre une idée, une phrase à qqn, dans un auteur. ⇒ Plagier (→ Appliquer, cit. 6). || Prendre la place* de qqn. ⇒ Chasser, supplanter. — Par ext. (Compl. n. de personne). || On lui a pris son fils. || On vous les prend et on vous les tue (→ Exempter, cit. 4). || Il lui a pris sa femme, sa maîtresse. — Par ext. || Prendre un baiser (cit. 4) : embrasser qqn sans sa permission. ⇒ Cueillir, dérober.
27 Si vous m'avez pris quelque chose, je vous le donne; demandez-en seulement pardon à Dieu, et pendant le temps plus ou moins court que nous avons encore à vivre ensemble, ne me volez plus.
Diderot, Jacques le fataliste, Pl., p. 551.
28 — Vous n'aurez pas un sou de plus. Laissez-moi passer (…) — Je veux mes cent francs ou je prends la valise.
Sartre, la Mort dans l'âme, p. 19.
6 (Jeu). Se mettre en possession d'une carte, d'un pli, d'un pion, d'une pièce, etc. de l'adversaire. || Prendre une carte avec une carte plus forte. || Prendre un pion en mettant le sien à sa place. || Prendre un pion dont l'adversaire ne s'est pas servi pour prendre lui-même. ⇒ Souffler. — Absolt. || Prendre avec la dame (1. Dame, cit. 22), avec l'atout (⇒ Couper). || Je prends !
7 Se saisir de (ce qui fuit, se dérobe : animal, personne). || Poursuivre, guetter un animal pour le prendre. ⇒ Chasser, chasse; pêche, pêcher; gibier, proie. || Prendre au piège. ⇒ Amorce, piège; filet, ligne (cit. 25 et 27). || Prendre des animaux vivants. ⇒ Attraper, capturer. || Prendre une bête au miroir (→ Alouette, cit. 4), au lasso (cit. 2), à la glu (cit. 1). || Le chat joue (cit. 12) avec la souris qu'il a prise. || Ça ne mord (cit. 15) plus, je n'ai rien pris. — ☑ Loc. fig. Prendre la mouche*. — ☑ Prov. On ne prend pas les mouches* avec du vinaigre : il faut agir avec diplomatie pour arriver à ses fins.
29 Pourquoi, après avoir échappé à la glu de la mare, au trébuchet de l'oiseleur, au plomb du braconnier, à l'appeau du chasseur, s'être fait prendre et finir ainsi !
L. Pergaud, De Goupil à Margot, p. 147.
♦ Se saisir de (qqn qu'on poursuit, qu'on recherche). || L'ennemi les a pris (⇒ Captif, prisonnier). || Il faut les prendre morts (2. Mort, cit. 3) ou vifs. || Se laisser, se faire prendre. — (Passif). || Vous êtes pris ! ⇒ Fait (Faire, p. p.). ☑ Pas vu, pas pris ! — La police l'a pris. ⇒ Arrêter; appréhender, attraper, avoir; (fam.) agrafer, arnaquer, arquepincer, choper, coincer, cueillir, harponner, paumer, piger, pincer, poisser (→ Mettre la main dessus*, la main au collet*). || Prendre qqn dans une rafle, dans une souricière.
30 (…) nous voilà pris, j'en suis sûr, dans quelque traquenard.
Balzac, les Chouans, Pl., t. VII, p. 789.
31 Ils nous tueraient, les nazis, s'ils nous prenaient ? demanda Pablo tout à coup.
Sartre, la Mort dans l'âme, p. 22.
♦ ☑ Fig. Prendre au piège*. ⇒ (fig.) Attraper (→ Infernal, cit. 5). || Se laisser prendre à un hameçon (cit. 2) grossier, à l'appeau, aux apparences*, aux supercheries (→ 1. Objectif, cit. 12). ☑ On ne m'y prendra plus ! : je ne serai plus dupe*.
32 Que tel est pris, qui croyait prendre.
La Fontaine, Fables, VIII, 9.
33 Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
La Fontaine, Fables, 1, 2.
34 Dans quelle escroquerie s'est-elle laissée prendre ?
Émile Augier, les Effrontés, I, 4.
♦ Attraper, immobiliser involontairement dans… ⇒ Accrocher, coincer. || Prendre son doigt, sa main, se prendre la main dans une porte. || Prendre son manteau dans une portière. — (Passif et p. p.). || Le pied pris dans l'étrier (→ Futur, cit. 7). ☑ Être pris dans l'engrenage* (cit. 2). || Il se trouva pris dans la bagarre, il s'y trouva mêlé malgré lui (→ Être entraîné).
35 (…) il pousse sa compagne, lui fait perdre l'équilibre et la jette à terre, un pied pris dans la basque de son habit et les cotillons renversés sur sa tête. Jacques descend dégage le pied de cette pauvre créature et lui rabaisse ses jupons.
Diderot, Jacques le fataliste, Pl., p. 507.
36 Brunet est pris dans un remous énorme, il se sent bousculé, déplacé, frappé; il voit Moulû qu'un tourbillon emporte et qui lève les mains en l'air, comme s'il se noyait.
Sartre, la Mort dans l'âme, p. 225.
8 ☑ Prendre (qqn) par… : amener (qqn) à ses vues, à faire ce qu'on veut par la persuasion, etc. || Prendre qqn par la douceur, l'amener à ses vues en le traitant doucement. — Prendre qqn par son côté faible, l'attaquer*, lui faire faire ce qu'on veut en flattant ses faiblesses. || Prendre les gens par leur faible (cit. 43 et 45), par l'intérêt, par la gourmandise, par les bons sentiments. || « Toujours par quelque endroit fourbes se laissent (cit. 13) prendre ». ⇒ aussi Compromettre. — Absolt. ☑ Savoir prendre qqn, savoir lui plaire pour en obtenir ce qu'on veut, le soumettre à ses désirs*. ⇒ Amadouer, entortiller, persuader, séduire.
9 Prendre qqn… (suivi d'un compl. circonstanciel). ⇒ Surprendre. ☑ Prendre qqn en faute* (cit. 18), en défaut (→ Appareil, cit. 14), sur le fait* (cit. 1). ☑ Prendre qqn en flagrant délit* (→ Inexactitude, cit. 4), la main dans le sac*. — ☑ Prendre qqn au dépourvu* (cit. 7), de court*, sans vert*. ☑ Prendre qqn au mot* (supra cit. 38).
♦ Prendre qqn à faire qqch., le surprendre au moment où il fait qqch. ⇒ Attraper. || Si je te prends encore à mentir, je te punis. ☑ Je vous y prends ! || Je vous y prends à conspirer ! (→ Plaisanterie, cit. 7).
37 La menace est comme une permission sous condition. « Si je t'y prends »; et c'est la guerre.
Alain, Propos, 25 avr. 1921, Les fruits de la confiance.
37.1 Le directeur comprit que l'héritage ne le tentait pas. Le cas lui parut curieux, mais ne le prit pas sans vert.
M. Aymé, Maison basse, p. 45.
♦ (En parlant des choses extérieures). Rare. (On dit plutôt surprendre). || La nuit allait les prendre (→ Casser, cit. 2). || L'hiver le prit au dépourvu.
38 Un orage épouvantable les prit comme elles étaient sur la chaussée.
Racine, Correspondance, 187, 12 sept. 1698.
10 (Sujet n. de chose abstraite : sensation, sentiment). Saisir (qqn), faire sentir à (qqn). || La fatigue (cit. 5), la fièvre me prend. || Une panique les prenait (→ Maîtrise, cit. 3). || Les douleurs (cit. 4) la prirent l'après-midi. || Ça l'a pris brusquement, à l'improviste. — ☑ Fam. Ça le prend comme ça le quitte. || Quand l'envie, la fantaisie (cit. 17) m'en prendrait. || Pris du désir de… (→ Passer, cit. 112). — ☑ Fam. Ça l'a pris comme une envie de pisser, brusquement. — ☑ Fam. Qu'est-ce qui vous prend ? ☑ Ça vous prend souvent ? se dit à une personne dont on juge l'attitude inattendue ou déplacée. || Qu'est-ce qui lui prend à cette enragée-là ? (→ Chameau, cit. 3). — (Passif). || Être pris de vertige (→ Dire, cit. 115), d'une nausée (cit. 1) soudaine.
39 (…) mon père a été pris, à peine parti de Rouen, d'un mal d'yeux opiniâtre (…)
Flaubert, Correspondance, 97, 15 juin 1845.
40 Voyons, qu'est-ce qui vous prend depuis dix minutes, avez-vous perdu la tête ?
Maupassant, Pierre et Jean, VI.
41 (…) un jeune homme, quelque employé attardé, lui jeta un : « Bonsoir chérie », au passage. Du coup, elle se redressa, elle eut une dignité de reine offensée, en disant : — « Qu'est-ce qui lui prend à ce cochon-là ? »
Zola, Nana, VIII.
42 Lorsqu'il se vit seul, livré aux puissances mauvaises qui planaient dans cette chambre silencieuse et presque obscure, l'épouvante le prit.
Martin du Gard, les Thibault, t. III, p. 248.
43 Je ne sais ce qui lui prit ce jour-là, mais, après la leçon (…) subitement il éclata en invectives d'une violence extrême, déclara qu'il y voyait clair dans mon jeu (…)
Gide, Si le grain ne meurt, I, VI, p. 163.
♦ Impersonnel. || Il me prend l'envie de… (→ aussi Aller, cit. 85), des tentations de… (→ Accommoder, cit. 5).
44 (…) il prit à la sœur de M. Pascal une fièvre dont elle mourut.
Racine, Port-Royal, II.
45 Voilà ma fille aînée qui a trois enfants (…) lorsqu'il lui prendra fantaisie de se marier, elle les emmènera; ils sont les siens : son mari les recevra avec joie (…)
Diderot, Suppl. au voyage de Bougainville, III.
46 Félicien ne dit pas un mot, il prit le manuscrit et dégringola les escaliers. — Que lui prend-il ? s'écria Lucien. — Il porte ton article à l'imprimerie ! dit Hector Merlin, c'est un chef-d'œuvre (…)
Balzac, Illusions perdues, Pl., t. IV, p. 778.
47 Qu'est-ce qu'il lui prend ? avait grommelé Jean.
Pierre Benoit, le Déjeuner de Sousceyrac, p. 161.
11 ☑ Littér. Bien, mal (lui, vous, etc.) prend de : cela a de bonnes, de fâcheuses conséquences. || Bien lui en prit (→ Dictionnaire, cit. 1). || Mal lui en a pris, mal en prit à… (→ Mal, cit. 4 et 5).
48 Bien vous prend que son frère ait toute une autre humeur (…)
Molière, l'École des maris, I, 2.
49 Nous arrivâmes donc d'assez bonne heure… et bien nous prit de n'avoir rencontré sur notre route personne de contrariant (…)
Barbey d'Aurevilly, le Chevalier des Touches, VII.
C (Relation abstraite d'appropriation). — REM. Dans cette valeur, comme en D., prendre sert à former des expressions verbales pouvant suppléer l'absence de verbe simple; dans ce cas le subst. compl. est souvent privé de déterminant (prendre note : noter, prendre place, etc.).
1 Faire sien (une chose abstraite). || Prendre un nom, un surnom. || Prendre une devise, un insigne. || Prendre pour devise (→ Bon, cit. 94), pour règle. || Prendre une citation dans un ouvrage. ⇒ Extraire, tirer. || Prendre un renseignement, ses renseignements (→ Margoulin, cit. 3). || Prendre l'avis de… qqn. ⇒ Consulter. || Prendre des nouvelles* de qqn, à son sujet. || J'ai pris son adresse. || Prendre les ordres, les commandes (cit. 2) de qqn, de lui. || Prendre le mot d'ordre. — ☑ Loc. Prendre conseil* (auprès de qqn). ☑ Prendre acte* (cit. 13). — Prendre les idées, les habitudes de qqn. ⇒ Adopter (→ Mimétisme, cit. 2). || Prendre les façons (cit. 43), les mœurs d'un pays. || Le perroquet (cit. 2) avait pris sa voix.
50 Le monde aujourd'hui n'est plein (…) que de ces imposteurs qui (…) s'habillent insolemment du premier nom illustre qu'ils s'avisent de prendre.
Molière, l'Avare, V, 5.
51 L'histoire, ainsi que les nations déprédatrices et conquérantes, semble avoir pris pour règle d'équité le mot de Brennus : Væ victis (malheur aux vaincus).
Marmontel, Éléments de littérature, t. IV, in Littré.
52 Les ambassadeurs qu'on laisse trop longtemps à la même cour prennent les mœurs du pays où ils résident : charmés de vivre au milieu des honneurs (…) ils craignent de laisser passer dans leurs dépêches une vérité qui pourrait amener un changement dans leur position.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, III, II, XII, 1.
53 (…) elle ne vit dans ses yeux que du calme et de la fermeté. Sancha en fut étonnée. « Où cette femme si timide prend-elle tant de courage ? »
Stendhal, Contes et nouvelles, « Le coffre et le revenant ».
♦ (Avec un compl. d'origine). || Prendre une idée quelque part. || Où prends-tu cette audace ? (cit. 17). — Où as-tu pris que cette société est en faillite ?, qui te l'a dit ?
♦ Spécialt. ⇒ Choisir (une date). || Prendre une date*, la déterminer. ⇒ Fixer. || Prendre un jour (cit. 51), une heure. — ☑ Loc. Prendre heure avec qqn pour faire qqch. || Prendre (un) rendez-vous*.
54 (…) je suis obligé de prendre les rendez-vous qui arrangent mes clients.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. II, VI, p. 64.
⇒ Considérer. || Nous prenons ce mot entre mille (→ Incisif, cit. 4). || Prenez monsieur Untel, n'est-il pas dans le même cas ? || Prendre un exemple (→ Instinct, cit. 33).
55 Si l'on prend deux œuvres qui sont au début et à la fin de sa carrière d'agitateur, on est frappé de voir qu'il (Lénine) n'a cessé de lutter sans merci contre les formes sentimentales de l'action révolutionnaire.
Camus, l'Homme révolté, p. 280.
2 Évaluer, définir (pour connaître). || Prendre les dimensions, les mesures d'un objet, d'un terrain, d'une personne. ⇒ Mesurer (→ Mètre, cit. 3). — Fig. || Prendre la mesure de qqn (→ Mari, cit. 8). — Prendre la température (→ Laborantin, cit. 1). || Prendre le pouls*, la tension d'un malade. — Prendre le diapason (cit. 2). || Prendre le vent* (la direction du vent).
56 Comme Pierre se penchait pour prendre son pouls, elle retira sa main d'un mouvement si brusque qu'elle heurta une chaise voisine.
Maupassant, Pierre et Jean, VI.
57 Mieux valait (…) retourner à l'Humanité pour prendre la température de l'après-midi.
Martin du Gard, les Thibault, t. VI, p. 256.
3 Inscrire ou reproduire. || Prendre un double. ⇒ Faire. || Prendre une copie (cit. 1). || Prendre des notes* (cit. 23 et 24). || Prendre note* (cit. 25) : noter. || Prendre un croquis (→ Gourd, cit. 2). || Prendre le masque (1. Masque, cit. 27) d'un mort. || Prendre des photos (→ Médailler, 2), des instantanés (→ Enregistreur, cit.). || Ce croquis a été pris sur le vif. — REM. Le sens correspond à prise III., A., 4. : prise de vues.
4 (1132, « épouser »). S'adjoindre (une personne). || Prendre une femme, prendre femme* (→ Douter, cit. 2; île, cit. 8), prendre un mari (cit. 7). ⇒ Épouser. || Il s'engage à la prendre sans dot (cit. 3). || Prendre un amant (cit. 6), une maîtresse. — (Avec un compl. prépositionnel). || Prendre qqn à son service, à gages. ⇒ Employer, engager (→ Pizza, cit.). || Prendre qqn à l'essai (cit. 7). — (Sans compl. prépositionnel). || On ne prend plus personne (à l'usine). ⇒ Embaucher. || Prendre un gérant, un précepteur, une institutrice (cit. 2), un avocat (→ Invisible, cit. 10), un guide (→ Orienter, cit. 10), un porteur…
58 Car d'hymen, point de nouvelles.
Celle que je prendrais voudrait qu'à sa façon
Je vécusse et non à la mienne.
La Fontaine, Fables, I, 17.
59 Quand les Orientaux prennent femme, ils ne voient qu'après la noce le visage de leur fiancée, qui jusque-là reste voilée devant eux (…)
A. de Musset, Nouvelles, « Fils du Titien », IV.
♦ Prendre qqn pour, comme… : s'adjoindre, se servir de (qqn) en tant que… ⇒ Faire (en faire son). || Consentez-vous à prendre Monsieur X pour époux ? || Il l'avait prise pour ménagère (cit. 11) plutôt que pour femme. || Prendre pour associé. ⇒ Associer (s'), attacher (s'). || Il l'a prise comme secrétaire. || Prendre pour arbitre (1. Arbitre, cit. 3), pour juge (→ Lâche, cit. 13). || Prendre pour modèle (→ Inclination, cit. 3), pour exemple, en exemple. || Prendre pour cible. — REM. En ce sens le complément n'est jamais accompagné d'un déterminant : on ne peut pas non plus, comme dans la langue classique, le faire précéder d'un possessif. Cf. Prendre pour son ambassadeur (cit. 4, Molière).
60 Par où, dites-moi, ai-je mérité cette rigueur désolante ? Je ne crains pas de vous prendre pour juge : qu'ai-je donc fait ?
Laclos, les Liaisons dangereuses, XXIV.
61 Alors Battaincourt m'a pris pour confident, sans crier gare. Il m'a raconté toute sa vie, comme on confie sa fortune à un banquier en lui disant : Occupez-vous de mes affaires, je m'en rapporte à vous.
Martin du Gard, les Thibault, t. II, p. 215.
♦ Prendre à (dans des loc.). ☑ Prendre qqn à témoin*. ☑ Prendre qqn à partie* (cit. 21, 22).
5 Prendre pour : croire* qu'une personne, une chose est (autre ou autrement). || Prendre une personne pour une autre. → Distinction, cit. 6; gâter, cit. 4. ⇒ Méprendre (se), tromper (se). || On aurait pu le prendre pour son frère jumeau (cit. 1). || On nous prend l'un pour l'autre (→ Gémeau, cit.). ⇒ Confondre. || On le prenait pour un savant. ⇒ Regarder (comme). → Il passait* pour… || Pour qui me prenez-vous ? || Tu me prends pour un imbécile ? un menteur ? || Vous me prenez pour une autre. — Des fleurs qu'on prendrait pour des papillons d'or (→ Ajonc, cit. 1). || Ils prirent son laconisme (cit. 1) pour de la bêtise. || Ce que nous prenons pour des vertus (→ Assemblage, cit. 20).
62 (…) je t'avouerai que je n'y entends rien du tout; que je serais bien embarrassé de distinguer une école d'une autre; qu'on me donnerait un Boucher pour un Rubens ou pour un Raphaël; que je prendrais une mauvaise copie pour un sublime original (…)
Diderot, Jacques le fataliste, Pl., p. 663.
63 Toi ! que j'ai vu grand comme ça, dont le père vendait du drap, me prends-tu pour un nigaud ?
Balzac, les Ressources de Quinola, I, 11.
64 Que de fois il nous est arrivé de prendre Jules pour Edmond, et de continuer avec l'un la conversation commencée avec l'autre !
Th. Gautier, Portraits contemporains, Goncourt.
65 Don Quichotte prenait les moulins à vent pour des géants et les moutons pour des armées, d'Artagnan prit chaque sourire pour une insulte et chaque regard pour une provocation.
Dumas, les Trois Mousquetaires, I.
66 Elle commença par dire qu'on la prenait pour ce qu'elle n'était pas et qu'Albert s'était trompé d'adresse (…)
P. Nizan, le Cheval de Troie, I, IV.
67 Si l'astronome s'obstine à prendre pour un lac de la lune le défaut de sa lunette, qu'il change donc de lunette.
J. Paulhan, les Fleurs de Tarbes, p. 129.
♦ ☑ Loc. Vous me prenez pour une autre, formule par laquelle une femme proteste devant le comportement hardi d'un homme (Cf. Je ne suis pas celle que vous croyez).
67.1 — Monsieur Valentin, vous m'prenez pour une autre.
— Valentin, lui passant les bras autour de la taille. J'vous prends pour moi, méchante.
Henri Monnier, Scènes populaires, t. I, p. 330.
♦ ☑ Loc. prov. (vx). Prendre l'ombre pour le corps*. ☑ Prendre son cul* pour ses chausses. — ☑ Prendre des vessies pour des lanternes* (cit. 8). ☑ Prendre ses désirs (cit. 5) pour des réalités (cf. fam. Croire que c'est arrivé). ☑ Prendre une chose pour argent* (cit. 62) comptant. — ☑ Prendre le Pirée pour un nom d'homme, pour un homme (→ La Fontaine, IV, 7) : se tromper grossièrement.
♦ (Avec un adjectif attribut). Vx (langue class.). ⇒ Compter, croire. || Je le prenais pour raisonnable (→ Bon, cit. 126). || Nous prendrions pour certain l'opposé de ce que dirait le menteur (→ Mensonge, cit. 7).
6 Absorber, mettre en soi. || Prendre la nourriture (→ Faim, cit. 8), de la nourriture, un repas (→ Modique, cit. 3). ⇒ Absorber, manger. || Prendre une boisson. ⇒ 1. Boire (cit. 1; et rem.). || Prendre son café (→ Excellentissime, cit.), du lait (→ 1. En, cit. 38), de la soupe (→ Encore, cit. 10). || Prendre un verre. ⇒ Consommer (→ Garçon, cit. 21). — ☑ Fam. Viens, on va prendre un pot*, un glass. || Voulez-vous prendre quelque chose ? || Qu'est-ce que vous prenez ? — Prendre une médecine (→ Aller, cit. 15), un remède (→ Difficulté, cit. 16), un cachet. ⇒ Absorber, avaler; prise.
♦ ☑ Fig. Prendre la poudre* d'escampette : s'enfuir — Faire prendre qqch. à qqn. ⇒ Administrer. || Prendre un lavement (→ 2. Hâte, cit. 8). || Prendre les eaux (cit. 16.9). — ☑ Prendre l'air* (1. Air, cit. 11). → Effarer, cit. 2. || Prendre le frais (1. Frais, cit. 5, 6 et 10). — Par ext. || Prendre un bain, une douche (→ Ambré, cit. 1; parfum, cit. 10).
68 (…) un pauvre bougre qui ne prend que des lavements et des bouillons, qui ribote avec de la tisane et bamboche avec le clysoir.
Flaubert, Correspondance, 74, 10 févr. 1843.
69 Lorsqu'on passait devant, on voyait la porte toujours fermée (…) et un grand chat maigre qui prenait le soleil sur le bord de la fenêtre et vous regardait d'un air méchant.
Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin, « Secret de Maître Cornille ».
70 S'il était permis de tant dépenser ! Elle n'avait rien pris, le matin, pour en avaler davantage le soir.
Zola, la Terre, II, VII.
70.1 Je la fis asseoir, car elle ne tenait plus sur ses jambes, et je la suppliai de prendre quelque chose, mais elle me dit qu'il lui serait impossible d'absorber pour le moment même une goutte d'eau, et elle claquait des dents.
G. Leroux, le Parfum de la dame en noir, p. 78.
71 (…) entrez donc (…) Vous prendrez bien quelque chose (…)
Aragon, les Beaux Quartiers, I, XXIV.
72 — Je vais prendre un bain de pieds.
Il trempa son pied droit dans l'eau (…)
Sartre, la Mort dans l'âme, p. 73.
73 Prenez de l'hémostyle, disait le médecin, ça provient du sang.
Henri Michaux, La nuit remue, p. 146.
7 (Choses; personnes). Subir l'effet de. || Bateau qui prend l'eau; chaussures qui prennent l'eau. ⇒ Imprégner (s'). || Tissus, cheveux, poils qui prennent la teinture, qui retiennent le colorant, se teignent bien. — ☑ Prendre feu*, s'enflammer (→ Mazout, cit.). — (Personnes). ⇒ Contracter. || Prendre une maladie (→ Autopsie, cit. 2; inoculer, cit. 1). ⇒ Gagner (iron.). || Prendre du mal (3. Mal, cit. 21). || Prendre les fièvres paludéennes (cit. 2). — Prendre des habitudes (→ Ivrognerie, cit. 2), l'habitude de… (→ Accoutumer, cit. 19; dicter, cit. 3; fainéantise, cit. 1). || Prendre certaines façons au contact de quelque chose. — ☑ Loc. (sans déterminant). Prendre froid (→ Fluxion, cit. 2), mal. ⇒ Attraper.
74 Ne te fâche pas, je vais me refourrer dans le lit. Tu n'auras plus peur que je prenne mal.
Zola, la Bête humaine, XI.
75 À cultiver une terre ingrate, à forcer, à embellir de mauvaises herbes, il avait pris quelque chose de dur qui ne s'accordait guère avec sa douceur.
Cocteau, le Grand Écart, p. 5.
♦ (D'un moteur). || Prendre des tours : tourner plus vite.
D Se mettre à utiliser, à avoir, à être (sans idée d'appropriation durable). Voir rem. en C., ci-dessus (loc. verbales formées avec prendre).
1 a Commencer à mettre sur soi, à utiliser. ⇒ Employer, user, utiliser. — Prendre un manteau. ⇒ Mettre, munir (se). || Il prenait chaque jour un gilet de piqué blanc (→ Fluctuer, cit.). || Prendre des bottes de sept lieues (cit. 1). — ☑ Loc. fig. Prendre des gants* (cit. 17) : agir avec délicatesse pour ne pas froisser (qqn). ☑ Prendre le voile (→ Monastère, cit. 3), l'habit (cit. 16 et 19). ⇒ Endosser; prise. — Par ext. ☑ Prendre le deuil* (cit. 6) : mettre des vêtements de deuil. — ☑ Prendre la plume*. || Je n'ai pas voulu prendre mon papier (cit. 12) à lettres pour t'écrire. — Prendre un siège (→ Approcher, cit. 32; fond, cit. 21) : s'asseoir. ☑ Prendre place* (et fig.) : s'installer, se situer. ☑ Prendre le lit (cit. 13) : s'aliter. — ☑ Prendre les armes (→ 1. Jacques, cit. 1; et aussi courir* aux armes) : se disposer à combattre. || Quitter son métier pour prendre son fusil (→ Canarder, cit. 3). || Ceux qui prennent le glaive (cit. 2) périront par le glaive. — ☑ Prendre la clef* des champs : s'enfuir. ☑ Prendre les rênes*. — Mar. || Prendre le vent : présenter les voiles au vent de manière à en utiliser la force (⇒ Navigation).
76 Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose
Observe exactement la loi que je t'impose (…)
Corneille, Cinna, V, 1.
77 Et je suis tout prêt à faire comme les copains : à prendre un flingot, et à défendre le pays.
Martin du Gard, les Thibault, t. VII, p. 295.
78 (…) Marie, toute à ses pensées, prit le fauteuil, et abandonna sa main à Sammécaud, qui s'assit près d'elle.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XXIII, p. 211.
♦ Faire usage de (un véhicule). — (Concrètement). || Prendre un train. ⇒ Monter (dans). || Prendre un autre train. ⇒ Changer; correspondance. || C'est mon mari qui a pris la voiture. — (En général). ⇒ Emprunter. || Prendre sa voiture, un taxi. || Prendre la diligence (cit. 8), le train (→ Inspecter, cit. 1), le bateau, l'avion.
79 (…) pour les longs voyages, il est plus simple et plus confortable de prendre le train.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. III, XII, p. 165.
b S'engager dans. ⇒ Emprunter. || Prendre un chemin (cit. 3), le chemin de… || Prendre une route (→ Camp, cit. 8); un défilé, un couloir. ⇒ Enfiler, entrer (dans). — Prendre un tournant (→ Corde, cit. 7), un virage. || Il a mal pris son tournant. — ☑ Prendre la tangente*. — ☑ Loc. Prendre le change*. ☑ Prendre la porte* (→ Ouste, cit. 2). — Prendre la direction* (cit. 5) de… — Prendre la mer : se mettre à voyager sur mer. ⇒ Embarquer (s'). → 1. Contrecœur (cit. 2). || Prendre le large (cit. 23 et 24). || Prendre terre, port (vx). ⇒ Débarquer. — (XXe). || Prendre l'air : s'envoler (pour un avion; par métonymie pour les passagers). || « Les navires sont en mesure de quitter les ports à tout instant. Les avions peuvent prendre l'air au premier signal » (le Monde, 7 juin 1964).
80 Salavin se retrouva sur le trottoir de la petite rue Littré (…) Prendrait-il, pour regagner la maison, la rue de Vaugirard, profonde et rapide, ou le boulevard du Montparnasse ?
G. Duhamel, Salavin, V, II.
81 Dès le boulevard traversé, il avait pris la rue Championnet.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. I, XVII, p. 177.
c User à son gré de… (le compl. désigne une durée, le temps). ☑ Prendre le temps* de…, prendre son temps (→ Laisser, cit. 46; médiocre, cit. 7; orphelin, cit. 5). ☑ Prendre du bon temps. ⇒ Amuser (s'). → Aise, cit. 13; libertin, cit. 3. — Théâtre (vx). || Prendre des temps, déclamer en prenant complaisamment son temps.
81.1 (…) Melchior (…) ne déclamait pas, mais (…) il bramait ses vers, tant il allongeait les sons en s'écoutant lui-même. En argot de coulisse, Canalis prenait des temps un peu longuets.
Balzac, Modeste Mignon, Pl., t. I, p. 510.
♦ ☑ Loc. Vx. Prendre lieu (2. Lieu, cit. 40) de… : se donner l'occasion de… — Mod. || Prendre occasion de… ☑ Prendre congé*. — Prendre le droit de…, la liberté (cit. 9) de…, des libertés (cit. 10). ⇒ Permettre (se). || Prendre des licences (cit. 10), des privautés (→ Objet, cit. 27). || Prendre la hardiesse (cit. 13) de… — Spécialt. Dans les formules de politesse. || Excusez-moi si je prends la liberté de vous écrire. — ☑ En prendre à son aise*.
2 Se mettre à avoir, se donner. || Prendre un air (2. Air, cit. 12), une voix (→ Aigu, cit. 6), un ton (→ Doctoral, cit. 2). ⇒ Adopter, affecter. || Prendre une apparence. || Prendre une attitude, une position, une pose. || Prendre le contrepied (propre et fig.). — ☑ Loc. Prendre appui. ☑ Prendre pied* (propre et fig.). — Prendre son élan (→ Bondir, cit. 4), son essor, son vol (→ Hanneton, cit. 1), sa course (→ Incertain, cit. 25), ses ébats*. || Prendre une allure rapide. || Prendre le départ. || Prendre de l'exercice. ⇒ Donner (se); pratiquer (→ Neurasthénique, cit. 2; 2. pêche, cit. 5). || Prendre du repos (→ Calmer, cit. 2), son somme (vx). → Chêne, cit. 2. ☑ Prendre une cuite*, une sacrée beurrée… : s'enivrer. — ☑ Prendre la parole (cit. 30 et 31) : commencer son discours.
82 Depuis un mois que son mari avait obtenu sa place de sergent de ville, la grande brune prenait des allures cavalières et parlait d'arrêter tout le monde.
Zola, l'Assommoir, VII, t. I, p. 253.
♦ ☑ Prendre ses distances*, prendre du recul*, du champ*, de la hauteur*. ☑ Prendre la tête* (→ 2. Marche, cit. 22), les devants* (cit. 24). || Prendre rang (→ Ordinaire, cit. 4). ☑ Prendre le pas sur… (→ Contraindre, cit. 4) : passer devant (propre et fig.). — ☑ Fig. Prendre le dessus, l'avantage. ⇒ Gagner; ascendant.
♦ Prendre une condition (→ Messie, cit. 1), une profession (→ Jouir, cit. 12). ⇒ Embrasser, entrer (dans). || Prendre sa retraite (→ Obstiner, cit. 1). || Prendre du congé, des vacances. — Commencer à assurer* (une fonction). || Prendre la garde (→ Magasin, cit. 2). || Guetteur (cit. 3) qui prend la veille. || Prendre la relève. || Prendre la succession. || Prendre la direction d'une entreprise. || Prendre des contacts (→ Mécontent, cit. 8).
83 (…) je voudrais pourtant bien par moments, comme tout écolier émérite, prendre quelque semaine de congé.
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 13 oct. 1851.
♦ (Dans des emplois plus ou moins figés, le compl. étant parfois sans déterminant). — REM. Dans ce type d'emplois, la nominalisation avec prise est relativement fréquente. → Prise. — Prendre contact* (cit. 10) avec qqn. || Prendre connaissance de qqch. || Prendre possession* de qqch. (→ Dominateur, cit. 1). — Prendre position*. ☑ Prendre parti* (cit. 14 à 16) : choisir. ☑ Prendre le parti (cit. 13) de…, son parti (cit. 18 à 21) : soutenir. || Prendre la défense* de… : défendre (→ Assurer, cit. 25; chamailler, cit. 2). ☑ Prendre fait* et cause pour qqn : intervenir* en sa faveur. || Prendre une part à (→ 1. Part, cit. 3, 4 et 6). — ☑ Loc. Prendre part*. ⇒ Participer. ☑ Prendre des risques : se mettre dans une situation qui peut devenir dangereuse. — Prendre l'engagement de… (→ Liquidateur, cit. 2). || Prendre l'initiative (cit. 2), l'offensive* (→ Attaquer, cit. 36). || Prendre une décision (→ Initial, cit. 2). ⇒ Décider. || Prendre une résolution (→ Destin, cit. 16; irrésolu, cit. 2), des dispositions (→ Artillerie, cit. 2), des mesures (cit. 29), des précautions (→ Assertion, cit. 3).
84 En ce moment, ma résolution était prise et rien ne pouvait plus m'en faire changer.
France, le Crime de S. Bonnard, VI, Œ., t. II, p. 473.
♦ Prendre du plaisir, un plaisir extrême (→ Âne, cit. 17), prendre plaisir à… || Prendre intérêt (cit. 21), de l'intérêt (à qqch.). — ☑ Loc. Prendre patience (→ Fortune, cit. 13) : attendre patiemment. ☑ Prendre soin* (→ Apostille, cit. 1; corps, cit. 4), du soin à… ⇒ Apporter. ☑ Prendre garde* (1. Garde, cit. 35 à 59). ☑ Prendre de la peine* (cit. 18 et 19). || Prendre la peine de… (→ Appartenir, cit. 11; 1. gazer, cit. 2). || Prenez la peine d'entrer : veuillez entrer (→ Se donner la peine* de…).
85 Prenez la peine de vous asseoir, madame.
Sartre, l'Âge de raison, XV.
3 Commencer à avoir (un mode d'être). ⇒ Acquérir. || Prendre une forme* (cit. 2, 19, 37 et 60). || Prendre forme (cit. 8). || Prendre l'aspect (cit. 20 et 22), un aspect (→ Désaffecté, cit. 1), un caractère (→ Organique, cit. 4). ☑ Prendre une bonne ou mauvaise tournure*, prendre tournure (→ 2. Meule, cit. 1). || Prendre un tour (→ Mieux, cit. 38). ☑ Prendre le pli*. ☑ Prendre une couleur (→ Mimétisme, cit. 1; peler, cit. 2), prendre couleur*. || Prendre un mauvais goût. || Prendre une consistance (cit. 4). ☑ Prendre corps*. ☑ Prendre racine*.
♦ (Personnes). Désignant une action involontaire. Avoir plus de; gagner en. || Prendre du poids; prendre du ventre. ⇒ Gagner (→ fam. Prendre de la brioche*, de la bouteille*, fig.). || Prendre de l'âge : vieillir. || Prendre du retard, de l'avance. || Prendre de l'altitude, de la vitesse : aller plus haut, plus vite. || Prendre fin* (→ Pavoiser, cit. 2). || Prendre de l'importance, du prix (→ Miette, cit. 5), de l'empire (cit. 8) sur…
♦ Acquérir (un caractère abstrait). || Prendre de l'assurance. — ☑ Prendre conscience* (cit. 7; → aussi Abord, cit. 9; accuser, cit. 24; capital, cit. 9; désir, cit. 13). ☑ Prendre goût* (cit. 27 et 28), y prendre goût. ☑ Prendre peur (cit. 15). ☑ Prendre ombrage* (cit. 13).
86 Oui, puisque je retrouve un ami si fidèle,
Ma fortune va prendre une face nouvelle (…)
Racine, Andromaque, I, 1.
87 Julien prenait de l'humeur de ne point se trouver touché de tout cet héroïsme.
Stendhal, le Rouge et le Noir, II, XXXIX.
88 (…) son visage osseux, le grand nez busqué, la perspective fuyante du front, et ces boucles blanches, comme poudrées, prenaient du style.
Martin du Gard, les Thibault, t. III, p. 280.
89 L'affaire prend un tour romanesque.
M. Aymé, la Tête des autres, I, 12.
♦ ☑ Prendre son origine, sa source; prendre naissance : commencer, naître.
———
II V. intr.
1 Durcir, épaissir (le sujet désigne une substance). || Mayonnaise, crème, gelée qui prend. || Le mortier, le plâtre commence à prendre. — Spécialt. ⇒ Geler. || Le lac a pris. || Faire prendre un sorbet.
90 La Tamise prit, ce qui n'arrive pas une fois par siècle, la glace s'y formant difficilement à cause de la secousse de la mer.
Hugo, l'Homme qui rit, I, I, I.
2 Attacher, coller (le sujet désigne une substance). || Aliment qui prend au fond de la casserole. ⇒ Attacher, cramer.
3 (Végétaux). Pousser des racines, continuer sa croissance après transplantation. || Bouture qui prend. ⇒ Raciner, reprendre. || Greffon qui prend bien.
4 (Le sujet désigne le feu). Se mettre à consumer une substance. || Actionner un soufflet pour faire prendre le feu d'un foyer. || Le feu s'éteint, ne prend pas. || Le feu ne prend pas tout seul (→ Pin, cit. 2), prend facilement en forêt (→ Inoffensif, cit. 2). || Le feu prit à la petite cagna (→ Pied, cit. 27).
91 Un de mes amis (…) a mis une fois le feu à une forêt pour voir, disait-il, si le feu prenait avec autant de facilité qu'on l'affirme généralement.
Baudelaire, le Spleen de Paris, IX.
5 Fig. (Sujet n. de chose). Produire son effet, l'effet recherché. ⇒ Marcher, réussir. || Greffe (2. greffe, cit. 2) animale qui prend. || Vaccin qui prend. || La teinture de ce tissu a bien pris. || Coutumes étrangères qui prennent en France. ⇒ Implanter (s'). || C'est une mode qui ne prendra pas.
92 Il faut autant de peine pour faire prendre un nom nouveau, un auteur et son livre, que pour faire réussir les théâtres étrangers (…)
Balzac, Illusions perdues, Pl., t. IV, p. 701.
♦ (Mil. XXe). Réussir, obtenir le succès désiré. || « Le syndicalisme a du mal à “prendre” dans le transport routier qui emploie de très nombreux artisans » (le Monde, 14 févr. 1975).
♦ ☑ Spécialt. (En parlant de ce qu'on veut faire admettre à qqn). Être cru, accepté. On leur a raconté cela, mais ça n'a pas pris. || Ils nous ont assez menti, ça ne prend plus !
93 Cette affectation de supprimer les distances ne prenait plus auprès des garçons de cette espèce.
F. Mauriac, le Sagouin, p. 12.
94 J'avais beau répéter : « C'est une racine » — ça ne prenait plus.
Sartre, la Nausée, p. 164.
6 (Sujet n. de personne). Se mettre à suivre une direction, un chemin. || Prendre à gauche, sur la gauche, par (cit. 6) un endroit, à travers champs (→ Franc-tireur, cit. 1). || Prenez par ici. || Par où (cit. 62) a-t-elle pris ? || S'il fait laid à droite, je prends à gauche (cit. 10, Montaigne).
95 (…) j'errai dans la ville déserte jusqu'au son des premières cloches; puis, sentant le matin, je pris par les petites rues derrière Chiaia, et je me mis à gravir le Pausilippe au-dessus de la grotte.
Nerval, les Filles du feu, « Octavie ».
7 Commencer (le sujet désigne ce qui suit une direction). || La grand'rue prend devant la gare et va jusqu'à la poste. || L'escalier prenait à gauche (→ Loge, cit. 14). || Une découpe, une pince qui prend à l'épaule et descend jusqu'à la taille.
➪ tableau Verbes exprimant une idée de mouvement.
——————
se prendre v. pron.
A (Sens passif). Être mis en main. || Objet qui se prend aisément. ⇒ Maniable. || Cela se prend avec les doigts… par le milieu. — Être absorbé. || Médicament qui se prend avant les repas. Être attrapé. || Poisson qui se prend généralement au filet.
96 Il y a des folies qui se prennent comme les maladies contagieuses.
La Rochefoucauld, Maximes, 300.
♦ Être considéré ou employé. || Mot qui se prend dans tel ou tel sens.
B (Sens réfléchi).
1 ☑ Loc. fam. Se prendre par la main : s'entraîner soi-même à faire qqch. || S'il veut terminer ce travail aujourd'hui il peut se prendre par la main ! — Dans le même sens :
97 Chaque jour je me prends par les épaules et me force à une promenade, parfois assez longue.
Gide, Journal, janv. 1944.
2 Se laisser attraper (dans un piège). || Moucheron qui se prend dans une toile d'araignée (cit. 5). — ☑ Fig. Se prendre à son propre jeu (cit. 75).
98 Elle n'eut plus besoin de feindre une sympathie qu'elle éprouvait réellement; et le garçon vint de lui-même se prendre à sa toile et s'y empêtrer avec délices.
F. Mauriac, la Pharisienne, XIII.
♦ Par ext. Être attrapé, coincé comme dans un piège. || Le pied se prit aux houppes (cit. 1) des cordons. || Sa robe s'est prise dans la portière.
3 Vx ou littér. S'attacher, s'accrocher à… || « Il faut se prendre à l'arbre et non pas aux rameaux » (Tristan, in Littré). — Aliment qui se prend au récipient, qui attache*. || Ne savoir à quoi se prendre, à quoi recourir. — Fig., littér. S'attacher, s'intéresser vivement à…
99 (…) je ne pouvais me prendre à rien en voyant des choses auxquelles je ne sentais plus mon âme attachée.
Balzac, le Lys dans la vallée, Pl., t. VIII, p. 885.
100 (…) dans les efforts que je ne cesse d'accumuler pour me prendre aux choses de la vie.
A. de Gobineau, les Pléiades, II, IX.
4 ☑ S'en prendre à : s'attaquer à, en rendant responsable. ⇒ Incriminer (→ Prendre à partie*). — Vx. || Se prendre à qqn (de qqch.). || « C'est ainsi qu'aux flatteurs, on doit partout se prendre Des vices où l'on voit les humains se répandre » (Molière, le Misanthrope, II, 5).
101 Qu'attaquer Rosidor, c'est se prendre à moi-même (…)
Corneille, Clitandre, III, 1.
♦ Il s'en est pris à moi qui n'y étais pour rien. ☑ Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même : il est responsable de ses propres malheurs, il l'a voulu. ☑ Ne savoir à qui s'en prendre : chercher un responsable à incriminer (→ Destinée, cit. 2). || Ne sachant à qui s'en prendre, il s'attaquait (cit. 51) à tout. — S'en prendre à qqch. (→ Marmonner, cit. 3; optimisme, cit. 3).
102 Trouvait-on quelque chose au logis de gâté :
L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage.
La Fontaine, Fables, IX, 17.
103 Le jour où il lui arrivera malheur, il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même.
Aragon, les Beaux Quartiers, II, VI.
5 ☑ Se prendre de… : se mettre à avoir. || Se prendre d'amitié pour qqn. ⇒ Concevoir, éprouver. || Se prendre d'une passion. || Se prendre de querelle* avec qqn. — Se prendre de vin, de boisson : s'enivrer.
104 Graslin passait pour s'être pris d'amour.
Balzac, le Curé de village, Pl., t. VIII, p. 559.
105 Félicité se prit d'affection pour eux.
Flaubert, Trois contes, « Un cœur simple », II.
106 (…) il se prenait peu à peu pour elle d'un goût singulier, d'une passion perverse, où son ancienne amitié d'enfant tournait à des raffinements sensuels.
Zola, la Joie de vivre, IV.
6 ☑ Se prendre à… (suivi d'un infinitif). Littér. Se mettre à (généralement de façon inopinée). || Se prendre à rire (→ Âpre, cit. 19), à pleurer amèrement (cit. 1), à geindre (1. Geindre, cit. 1), à réfléchir (→ Camouflage, cit. 1).
107 Elle se prit à tousser, puis elle bâilla, finement.
G. Duhamel, Chronique des Pasquier, IX, I.
108 Et, soudain, parce qu'elle est malade, maman se prend à trembler du menton (…)
G. Duhamel, Chronique des Pasquier, II, IX.
109 Il se prit à penser que sa piété allait bien à sa paresse (…)
Aragon, les Beaux Quartiers, I, IX.
7 ☑ S'y prendre, (vx) se prendre à : agir d'une certaine manière en vue d'obtenir un résultat déterminé. ⇒ Agir. || S'y prendre bien, mal, de travers, avec douceur (→ Persuader, cit. 9). ⇒ Procéder. || Je m'y pris maladroitement (cit. 2). ☑ S'y prendre à deux fois, à plusieurs fois : tâtonner, ne pas réussir du premier coup. || En s'y prenant bien, avec de l'adresse (→ Calomnie, cit. 5). || Comment il s'y prend, elle s'y est prise (→ Dénouer, cit. 11). || Elle doit s'y prendre (→ Flirt, cit. 3). ⇒ Faire. || Savoir s'y prendre (→ Malin, cit. 14). || Dites-moi, montrez-moi comment il faut s'y prendre : donnez-moi le procédé, la méthode, la recette, l'exemple.
110 (…) lorsqu'un censeur à contresens m'arracha la plume et me dit que c'était mal se prendre au panégyrique de louer une jeune personne de beauté, parce qu'elle était rousse.
Cyrano de Bergerac, Lettres diverses, Pour une dame rousse.
111 Le renard, ayant mis la peau,
Répétait les leçons que lui donnait son maître.
D'abord il s'y prit mal, puis un peu mieux, puis bien.
Puis enfin, il n'en manqua rien.
La Fontaine, Fables, XII, 9.
112 Jouons à l'attaque de la diligence. Je vais vous montrer comment on s'y prend.
France, le Petit Pierre, XXXI.
113 — Si, mon petit, il faut que je m'en aille. Je ne sais pas où, ni comment je m'y prendrai, ni ce que je dirai, mais il le faut.
Maupassant, Pierre et Jean, VII.
114 (…) les Allemands (…) avec sans doute la consigne (…) de faire souhaiter leur règne, et s'y prenant comme il faut pour cela.
Gide, Journal, 11 déc. 1942.
♦ (Avec une précision de temps). Se mettre à, s'occuper de… || Si vous voulez louer des billets pour ce spectacle, il faut vous y prendre une semaine à l'avance. || Ils s'y sont pris trop tard. — Par plais. || C'est s'y prendre un peu tôt pour radoter (→ Ganache, cit. 4).
115 Il y a une chose qui m'a semblé très farce dans ce qu'il t'a dit, à savoir, l'aveu qu'il travaillait pour la postérité (il est temps qu'il s'y prenne).
Flaubert, Correspondance, 387, 30 avr. - 1er mai 1853.
116 Voilà quinze ans qu'on la voit venir (la guerre). Il fallait s'y prendre à temps pour l'éviter ou pour la gagner.
Sartre, la Mort dans l'âme, p. 75.
8 Se considérer, se juger. ☑ Se prendre au sérieux* (→ Diablerie, cit. 5).
♦ ☑ Se prendre pour (suivi d'un nom) : estimer qu'on est. ⇒ Croire (se). || Se prendre pour un héros, un génie (cit. 44), un prophète, un martyr. || Il se prend pour quelqu'un de très fort, pour quelqu'un*. — ☑ Fam. Il ne se prend pas pour rien, pas pour une merde : il a une très haute opinion de lui-même. — Péj. || Pour qui se prend-il ? (→ Il ne se mouche* pas du pied; fam. Qu'est-ce qu'il se croit* !) — REM. Se prendre pour ne s'emploie pas avec un adjectif; toutefois il est usité avec un comparatif : se prendre pour plus malin qu'on n'est.
117 Le docteur, ce jour-là, ne se prenait pas pour de l'eau de bidet.
Aragon, les Beaux Quartiers, II, VII.
118 La vérité, c'est que vous vous prenez pour des caïds. Vous méprisez vos camarades.
Sartre, la Mort dans l'âme, p. 271.
9 Devenir dur, en parlant d'une substance. → ci-dessus, v. intr. (1.). || Se prendre en caillots. ⇒ Caillebotter (vx), cailler, coaguler.
119 Semblable à ces roches granitiques qui se sont prises en englobant dans leur masse encore liquide des substances étrangères, qui éternellement feront corps avec elles (…)
Renan, l'Avenir de la science, XXIII, Œ. compl., t. III, p. 1117.
♦ Spécialt. ⇒ Geler (cit. 8). || La mer de Norvège se prit. — Par ext. || Le ciel, le temps se prend, se couvre.
C (Sens récipr.).
1 Se saisir, se tenir l'un l'autre. || Se prendre par la main (→ Chœur, cit. 1), le bras, le cou… || Se prendre la main. — ☑ Loc. Se prendre aux cheveux* : se quereller.
120 Quand elles se retrouvèrent face à face, sur leurs sièges, elles se prirent les mains, et restèrent ainsi, se regardant et se souriant (…)
Maupassant, Pierre et Jean, VIII.
REM. Cette valeur du verbe correspond aux sens I., A., 3. et 4. de prise.
2 S'ôter l'un à l'autre. || Joueurs qui cherchent à se prendre le ballon.
3 S'unir sexuellement.
121 Prenons-nous. Le meilleur moyen
de s'expliquer sans être dupe,
c'est de s'étreindre, corps à corps.
Paul Géraldy, Toi et Moi, XVII.
——————
pris, prise [pʀi, pʀiz] p. p. adj.
1 Occupé. || Cette place est-elle prise ? Non, elle est libre. || Tout est pris. || Je regrette de ne pouvoir vous engager, la place est déjà prise, pourvue. || Avoir les mains prises, occupées à tenir quelque chose. — Occupé, utilisé, en parlant du temps. || Matinée prise par deux rendez-vous. || Tout mon samedi est pris. — Par ext. (Personnes). Qui a des occupations. || Le médecin est pris jusqu'à 5 heures. || Je suis prise toute la journée. — Je suis très pris, cette semaine. ⇒ Occupé.
122 Simone semblait fort ennuyée. La lettre était d'un jeune homme auquel elle avait promis pour le soir. Elle remit à madame Bron un billet griffonné : Pas possible ce soir, mon chéri, je suis prise. Mais elle restait inquiète; ce jeune homme allait peut-être l'attendre quand même.
Zola, Nana, V.
123 Il avait sa journée prise, des tas de rendez-vous importants et il s'est dérangé pour me porter secours.
Sartre, l'Âge de raison, VIII.
2 Subitement affecté (de…). || Être pris de fièvre, de peur, de panique… prise de fou rire. || Pris de vin, de boisson, ivre*.
124 Sans jamais être absolument ivre, il était presque toujours pris de vin (…)
Rousseau, les Confessions, III.
125 Le maréchal de Villars (…) alla faire sa cour au roi de Sardaigne, tellement pris de vin, qu'il ne pouvait se soutenir, et qu'il tomba à terre. Dans cet état, il n'avait pourtant pas perdu la tête, et il dit au roi : Me voilà porté tout naturellement aux pieds de votre Majesté.
Chamfort, Caractères et anecdotes, « Jambes et tête du maréchal de Villars ».
126 Et Pauline, oubliée, les regardait toujours, prise d'une rage sombre (…)
Zola, la Joie de vivre, IV.
3 Atteint* d'une affection. || Avoir le nez pris, la gorge prise, le nez, la gorge enflammés. || Un seul poumon est pris. || La gangrène s'est déclarée, le jarret s'est trouvé pris (→ Dessous, cit. 14).
127 (…) le père a été pris par les jambes, une paralysie assez fréquente dans nos villages (…)
Zola, la Joie de vivre, IV.
4 Fam. (d'une femme). || Prise : enceinte.
128 Au début de mai, elle avait compris sans erreur possible que cette fois elle était prise. De qui ? Pierre ou Lamberdesc ?
Aragon, les Beaux Quartiers, II, XXII.
5 (Personnes). Amoureux. ⇒ Épris. || Il est bien pris.
129 (…) il regardait comme une insulte qu'on continuât à lui parler de quelque autre; Maurice S. le croit sérieusement pris.
Gide, Journal, 8 mai 1905.
6 Bien pris : beau*, bien fait, bien proportionné, en parlant du corps humain. || Une taille aisée (cit. 1) et bien prise. || Buste (cit. 4) bien pris.
130 Enver monte en wagon; il est de taille bien prise et de démarche très assurée (…)
Gide, Journal, 1914, Marche turque, Koniah.
7 (Choses). Durci, coagulé. || Crème bien prise. ⇒ Dur. — Spécialt. Gelé. || La rivière est prise (→ Geler, cit. 12; hyperboréen, cit. 1).
131 Vers minuit, la boue avait déjà durci, les flaques d'eau étaient prises (…)
Th. Gautier, Voyage en Russie, I, XXI.
132 C'était ma mère elle-même (…) qui, quand le lait était pris, faisait les petits fromages, ces jonchées du pays d'Arles (…)
F. Mistral, Mes origines, Mémoires et récits, X.
❖
CONTR. Lâcher. — Jeter. — Abandonner, écarter, laisser, quitter, rejeter, renvoyer. — Donner, offrir. — Perdre.
DÉR. Prenable, prenant, preneur, prise.
COMP. Déprendre (se), éprendre (s'), entreprendre, méprendre (se), reprendre, surprendre (V. aussi Appréhender, comprendre, pourpris, préhension).
HOM. (De pris) Prix.
1. priser [pʀize] v. tr.
ÉTYM. XIVe; preiser, 1080, Chanson de Roland; prisier, XIIe; bas lat. pretiare « apprécier »; de pretium « prix ».
❖
1 Vx. Évaluer*, mettre un prix à… ⇒ Estimer; prisée, 1. priseur.
1 (…) je dis au marchand que je m'en rapportais à sa bonne foi; qu'il n'avait qu'à priser la bête en conscience, et que je m'en tiendrais à sa prisée.
A. R. Lesage, Gil Blas, I, II.
2 Fig., littér. Donner du prix à… ⇒ Apprécier, estimer (→ Faire cas* de). || Priser un ouvrage (→ Déshonorer, cit. 16). || Priser une qualité chez qqn (→ 1. Feu, cit. 31; montant, cit. 3).
2 Et comme je ne vois nul genre de héros
Qui soient plus à priser que les parfaits dévots.
Molière, Tartuffe, I, 5.
3 Il n'est pas un seul de ces livres qui ne soit digne, par quelque mérite singulier, de l'estime d'un galant homme. Quel autre possesseur saura les priser comme il faut ?
France, le Crime de S. Bonnard, Œ., t. II, p. 448.
4 J'y eus la table, le couvert et cette douceur d'amitié que je prisais plus que tout.
G. Duhamel, la Pesée des âmes, XII.
——————
se priser v. pron.
♦ Vx ou littér. S'estimer.
5 Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes,
D'un grain moins que les éléphants.
La Fontaine, Fables, VIII, 15.
——————
prisé, ée p. p. adj.
♦ || Une qualité assez prisée, très prisée.
❖
CONTR. Dépriser, discréditer, mépriser.
DÉR. Prisable, prisage, 1. priseur.
HOM. Prisée, 2. priser.
————————
2. priser [pʀize] v. tr.
ÉTYM. 1807; de prise, III.
❖
1 Prendre, aspirer (du tabac) par le nez. || Priser du tabac en poudre (→ Inconvenant, cit. 2). || Tabac* à priser (→ Caftan, cit. 2). — Absolt. || Personne qui prise. || Priser, fumer ou chiquer.
1 (…) Chazelle et Paulmier étaient deux employés toujours en guerre : l'un fumait, l'autre prisait, et ils se disputaient sans cesse à qui pratiquait le meilleur mode d'absorber le tabac.
Balzac, les Employés, Pl., t. VI, p. 946.
2 Elles ne fument pas encore comme aujourd'hui, mais elles prisent : Madame de Caylus elle-même a son joli nez barbouillé de tabac.
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 23 févr. 1852.
3 Quant à mon second défaut, j'en demande pardon aux dames… mais je prise… j'aime à me fourrer du tabac dans le nez. (Tirant mystérieusement une tabatière.) Voilà l'objet !… pendant que je suis seul… j'ai bien envie…
Il ouvre la tabatière et y plonge les doigts.
E. Labiche, Mon Isménie, 6.
2 (Complément n. de médicament, de stupéfiant en poudre). || Priser de l'héroïne, de la cocaïne. ⇒ Sniffer (anglic.). — Pron. (Passif). || La poudre d'héroïne (2. Héroïne, cit. 1) se prise aisément.
❖
DÉR. 2. Priseur.
HOM. Prisée, 1. priser.
Le Petit Robert 2007
prise [pʀiz] nom féminin
étym. fin XIIe s. ; de prendre
ð Encadré : prendre
I Action de prendre
A Pour tenir
1 Littér. Action, manière de prendre qqch. pour tenir. è préhension. L'énergie de sa prise.
▫ Spécialt (1548) Cour. Manière de saisir et d'immobiliser l'adversaire. Prise de catch, de judo. Il « va essayer de m'attirer à lui, de me faire une prise pour me déséquilibrer » (J. Semprun).
u Fig. (1842) Prise de bec : altercation, dispute*. « toutes les occasions étaient bonnes pour des prises de bec » (Chr. Rochefort). Avoir une prise de bec avec qqn.
u (1672) Être aux prises avec : se battre avec. Être aux prises avec qqn.
▫ Fig. (1580) Être en lutte contre. Se trouver aux prises avec des difficultés (cf. Être en butte* à ).
▫ Fam. (concret) Il est aux prises avec l'imprimante.
▫ Mettre aux prises : faire s'affronter. « il était très saisi de se sentir aux prises avec cette chose mystérieuse qui est le souvenir » (Loti).
u (1587) Lâcher prise : cesser de tenir, de serrer. « Serrez bien, dirent-ils; gardez de lâcher prise » (La Fontaine). Faire lâcher prise à qqn.
▫ Fig. Abandonner.
u Prise de tête*.
2 (1567) Endroit, moyen par lequel une chose, une personne peut être prise. Je n'ai pas de prise pour attraper, tenir cet outil. « Ça glisse un peu entre les doigts, ça manque de prise » (Pennac).
▫ (Abstrait) « Qu'importe de paraître avoir moins de faiblesses qu'un autre, et donner aux hommes moins de prises sur vous ? » (Chamfort).
u Spécialt (1889) Endroit d'un rocher, d'une paroi où l'on peut se tenir, prendre un point d'appui. Chercher une prise. Bonne prise.
u Loc. (1614) Donner prise à . « ces bâtisses excessives donnaient de toute part prise à la bourrasque » (Hugo).
▫ Fig. « Je donne assez de prise à la malignité des hommes par mes récits » (Rousseau).
u (1632) Avoir prise sur : avoir un moyen d'agir sur. « Les gens qui n'eurent point de faiblesses sont terribles : on n'a point de prise sur eux » (France). N'avoir aucune prise sur les événements. è influence.
B Pour posséder (è prendre, I, B)
1 (fin XIIe s.) Action de s'emparer. La prise de la Bastille. La prise de Constantinople. è conquête.
▫ Prise d'otages. è enlèvement.
▫ La prise d'une pièce, d'un pion aux échecs, au jeu de dames. Mettre (une pièce) en prise (aux échecs), dans une position où elle peut être prise par l'adversaire.
u (fin XIVe s.) Dr. mar. Prise de navire, de cargaison : saisie d'un navire ou d'une cargaison. è capture.
u (fin XIIIe s.) Dr. Prise de corps : le fait pour la justice de s'assurer de la personne d'un accusé. Ordonnance de prise de corps.
2 (début XIIe s.) Ce qui est pris (chasse, pêche, vol, confiscation). è butin. Venez voir ma prise ! Les douaniers ont fait une belle prise.
II Dans des locutions : Prise de…, en prise
A Action de commencer à utiliser, de prendre (I, C).
1 (1834) Prise d'armes : parade militaire en présence de soldats en armes pour une revue, une cérémonie.
2 (1680) Prise d'habit, (1862) de voile : cérémonie par laquelle un (une) novice prend l'habit, le voile.
3 (1897) Prise de vue(s) : tournage d'un plan, entre le déclenchement de la caméra et son arrêt. Opérateur de prises de vue(s).
▫ (Non qualifié) « Quand c'est possible, je ne fais qu'une seule prise » (J. Renoir).
u Prise de son : opération qui traduit le son en signaux électriques, pour le transmettre ou l'enregistrer. Prise de son d'un film pendant le tournage.
4 Prise de sang : prélèvement de sang pour l'analyse, la transfusion.
5 (1904) Prise directe : position du changement de vitesse dans laquelle la transmission du mouvement moteur est directe. Mettre la prise directe.
▫ En prise. Voiture qui a sa troisième vitesse en prise. Être en prise (opposé à être au point mort).
u Fig. (1955) Être en prise (directe) sur la réalité, sur son temps, en contact direct et actif. L'art « est désormais un contact en prise directe » (Aymé).
B Dispositif qui « prend »
1 (1600) Prise d'eau : robinet, tuyau, vanne où l'on peut prendre de l'eau. « Près d'elle, une prise d'eau, mal fermée, ruisselait et entretenait une mare » (Zola). Barrage* de prise.
u (1898) Prise d'air.
2 (1902) Prise de courant ou prise (électrique) : contacteur électrique; chacune des deux parties du dispositif (bouton isolant portant deux fiches ou prise mâle; socle isolant muni de deux douilles ou prise femelle). Brancher une lampe sur la prise. Prise d'antenne, de terre*. Prise péritel*. Prise multiple : prise femelle à plusieurs douilles.
▫ Prise de téléphone. è conjoncteur.
C Dose Quantité de médicament administrée en une seule fois; dose, pincée (de tabac) que l'on aspire par le nez (è 2. priser). « Parfois, maman aspirait une petite prise de tabac » (Duhamel).
III Fig. Action de se mettre à avoir, de prendre (I, C)
1 (XVIe s.) Prise de. (1918) Prise de conscience. (1560) Prise de possession. Prise de position sur une question. Prise de contact avec qqn. Prise de participation d'un groupe financier dans une société.
2 (1957) Prise en charge : action de prendre en charge qqn, d'assurer son entretien, ses dépenses. Prise en charge d'un parent âgé. Prise en charge d'un assuré par la Sécurité sociale.
▫ Prix forfaitaire minimal de départ, au compteur d'un taxi.
3 (1599) Dr. Prise à partie : poursuite contre un juge, voie de recours extraordinaire portée devant une cour d'appel ou la Cour de cassation.
IV Le fait de durcir (1783) Le fait de prendre (II, 1o). Ciment à prise rapide.
prendre
Ce verbe est issu du latin prendere « saisir » (cf. roumain prinde, italien prendere, catalan prendre, espagnol et portugais prender), contraction de prehendere « saisir, prendre », forme courante de praehendere, contractée en prendere, plus énergique que son synonyme capere (→ chasser*).
latine a donné des mots liés à ce qui est pris à la guerre, à la chasse ou à la pêche (proie, prédateur, prédation et déprédation), le fait de reprendre (représailles [de l'italien], répréhension et répréhensible), l'action de saisir (les doublets prison et préhension, préhensile, préhenseur, emprisonner, emprendre disparu en laissant emprise, reprendre et repreneur, reprise qui fait repriser), ce qui fait cailler (« prendre ») le lait (présure), ou enfin le fait de saisir par l'esprit (les doublets apprendre et appréhender, apprenti, comprendre, compréhension, compréhensible et compréhensif). Le français a formé prise, priser (le tabac), prenable et imprenable, prenant, se déprendre et déprise, s'éprendre et épris, se méprendre et méprise (mépris et mépriser font partie d'une autre famille → prix*), surprendre et surprise, entreprendre (et entreprise, le récent entreprenaute, ainsi que entrepreneur, dont l'équivalent italien est impresario).
anglais doit au français prey « proie » (xiiie s.), apprentice (xive s.), to comprise « inclure », impregnable « imprenable », enterprise et surprise (xve s., revenu dans surprise-party), to apprise « informer » (xviie s.). Prison est passé en anglais (prison, xiie s., puis prisoner) et en italien (prigione, xiiie s., puis prigioniero); prise en anglais (prize, xive s.) et en allemand (Prise, xvie s., ainsi que Reprise).
ð appréhender, apprendre, apprenti, compréhensible, compréhensif, compréhension, comprendre, déprédation, déprendre (se), déprise, emprise, emprisonner, entreprenaute, entreprendre, entrepreneur, entreprise, éprendre (s'), épris, imprenable, imprésario, méprendre (se), méprise, prédateur, prédation, préhenseur, préhensile, préhension, prenable, prenant, prendre, présure, prise, 2. priser, prison, proie, répréhensible, répréhension, reprendre, repreneur, représailles, reprise, repriser, surprendre, surprise, surprise-partie.
1. priser [pʀize] verbe transitif 4conjugaison 13
étym. preiser 1080; bas latin pretiare « apprécier », de pretium « prix »
ð Encadré : prix
v
1 Vx Mettre un prix à . è estimer, évaluer; commissaire-priseur. Priser un héritage.
2 Fig. et littér. Donner du prix à . è estimer. Priser un avantage. Ils prisent la nourriture saine. è apprécier.
▫ P. p. adj. Une marchandise, une qualité très prisée.
v
■ contr. Discréditer, mépriser.
2. priser [pʀize] verbe transitif 4conjugaison 13
étym. 1807; de prise (II, C)
ð Encadré : prendre
v
■ Prendre, aspirer (du tabac) par le nez. Tabac à priser.
▫ Par ext. Priser de la cocaïne. è renifler, snifer.
Le Robert Dixel
PRISE nom féminin
(de prendre)
I.
1. Manière de saisir et d'immobiliser l'adversaire. Prise de judo.
♦ loc. fig. Prise de bec : altercation, dispute.
♦ loc. Être aux prises avec : se battre avec. – fig. Se trouver aux prises avec des difficultés. – Lâcher prise : cesser de tenir, de serrer; abandonner. Ce n'est pas le moment de lâcher prise !
2. Endroit, moyen par lequel une chose peut être prise, tenue. – spécialement Endroit d'une paroi où l'on peut s'agripper ou prendre appui. Chercher une bonne prise.
♦ loc. fig. Donner prise à : s'exposer à. Son silence donne prise aux soupçons. – Avoir prise sur (qqn, qqch.) : avoir un moyen d'agir sur.
3. Action de s'emparer. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789. – Prise d'otages.
4. Ce qui est pris (chasse, pêche, vol…). → BUTIN. Une belle prise.
II. (dans des loc.) Prise de.
1. Prise d'armes : parade militaire en présence de soldats en armes pour une revue, une cérémonie.
2. Prise de vue(s) : tournage d'un plan, entre le déclenchement de la caméra et son arrêt.
♦ Prise de son : réglage de la qualité du son pour le transmettre ou l'enregistrer.
3. Prise de sang : prélèvement de sang pour l'analyse, la transfusion.
4. Prise directe : position du changement de vitesse dans laquelle la transmission du mouvement moteur est directe (opposé à point mort). – fig. Être en prise directe sur son époque, en contact direct et actif.
5. (Dispositif qui prend). Prise d'eau : robinet, tuyau, vanne où l'on peut prendre de l'eau.
♦ Prise de courant; prise (électrique) : dispositif de contact électrique. Prise mâle; prise femelle. Prise multiple : prise femelle à plusieurs douilles.
6. Quantité de médicament administrée en une seule fois. – Dose, pincée (de tabac) que l'on aspire par le nez.
III. fig. Action, fait de se mettre à avoir (correspond à prendre + n.). Prise de. Prise de contact. Prise de conscience; prise de position.
♦ Prise en. Prise en charge. Prise en considération.
IV. Fait de prendre, de durcir. Ciment à prise rapide.
PRENDRE verbe — conjugaison [58] (vient du latin prehendere, prendere → PRÉHENSION)
I. v. tr. Mettre avec soi ou faire sien.
1. Mettre dans sa main (pour avoir avec soi, pour faire passer d'un lieu dans un autre, pour utiliser…). Prendre un objet dans sa main, à pleine main. → EMPOIGNER, SAISIR. – pronom. (passif) Cela se prend par le milieu. – Prendre qqch. des mains de qqn. → ARRACHER, ENLEVER, ÔTER, RETIRER. – loc. Prendre une affaire en main, décider de s'en occuper. Prendre dans ses bras. → EMBRASSER. – pronom. (récipr.) Elles se sont prises par la main.
2. Mettre avec soi, amener à soi. N'oublie pas de prendre ton parapluie. → EMPORTER. – spécialement Prendre du pain, en acheter. – (compl. n. de personne) Le coiffeur m'a pris à 5 heures. → RECEVOIR. Je passerai vous prendre chez vous. → CHERCHER.
3. Prendre qqch. sur soi, sous sa responsabilité : en accepter la responsabilité. → ASSUMER. – Prendre sur soi de : s'imposer de. Il a pris sur lui de venir malgré sa fatigue. – absolt Prendre sur soi : supporter les choses pénibles.
4. fig. Aborder, se mettre à considérer (qqch., qqn) de telle façon. Prendre la vie du bon côté. On ne sait par où le prendre, il est susceptible. Elle n'est pas à prendre avec des pincettes*. – (sans compl. de manière) → CONSIDÉRER. Prenons cet exemple. – loc. adv. À tout prendre : somme toute. – Prendre bien, mal qqch. : l'accepter ou en souffrir. → ACCUEILLIR. – Prendre les choses comme elles viennent. Prendre qqn, qqch. au sérieux, à la légère. pronom. Se prendre au sérieux. – Si vous le prenez ainsi, si c'est là votre manière de voir. – Prendre en… : avoir en. Prendre qqn en amitié. Prendre en grippe*.
5. Faire sien (une chose abstraite). Prendre (un) rendez-vous. Prendre une habitude.
6. Évaluer, définir (pour connaître). Prendre des mesures. Prendre la température.
7. Inscrire ou reproduire. Prendre des notes, une photo.
8. S'adjoindre (une personne). → EMBAUCHER, ENGAGER. – Prendre pour, comme, à, en, s'adjoindre, se servir de (qqn) en tant que… Il l'a prise comme assistante.
9. Prendre pour : croire qu'une personne, une chose est (autre ou autrement). Prendre une personne pour une autre. → CONFONDRE. Prendre ses désirs pour des réalités. – pronom. (réfl.) Se prendre pour un génie, considérer qu'on en est un. → SE CROIRE.
10. Absorber, manger ou boire. Prendre un verre. → 1. BOIRE. Vous prendrez de la viande ou du poisson ? → CHOISIR. – pronom. (passif) Médicament qui se prend avant les repas. – fig. Prendre le soleil. Prendre un bain.
II. v. tr. Agir de façon à avoir, à posséder (qqch., qqn).
1. Se mettre en possession de; se rendre maître de. → S'APPROPRIER. Prendre qqch. par force, par ruse. – loc. C'est à prendre ou à laisser*.
♦ Posséder sexuellement.
2. Demander, exiger. Combien prend-il ?, quel est son prix ? – Ce travail me prendra une heure.
3. fam. Recevoir, supporter. Elle a pris un coup de pied. → ATTRAPER. Qu'est-ce qu'elle a pris !
4. Se rendre maître par force; conquérir. Prendre (un lieu) d'assaut, en attaquant de vive force. → ENLEVER. Prendre le pouvoir. – loc. fam. au p. p. C'est autant de pris (sur l'ennemi), se dit d'un avantage dont on est assuré.
5. Prendre qqch. à qqn : s'emparer de (ce qui appartient à qqn). → 2. VOLER. Il lui a pris son argent. Prendre la place de qqn.
6. Se saisir de (ce qui fuit, se dérobe : animal, personne). → ATTRAPER, CAPTURER. Il s'est fait prendre par la police. → ARRÊTER. – (passif) Être pris dans l'engrenage. (choses) Le navire est pris par (dans) les glaces.
7. Amener (qqn) à ses vues, à faire ce qu'on veut. Prendre qqn par la douceur, en le traitant doucement. Prendre qqn en traître, par traîtrise. → 1. AVOIR. – absolt Savoir prendre qqn, agir envers lui avec diplomatie pour obtenir de lui ce qu'on veut.
8. Prendre qqn (de telle ou telle manière). → SURPRENDRE. Elle les a pris au dépourvu. – Prendre qqn à (qqch., faire qqch.). Je vous y prends !
9. (sensation, sentiment) Saisir (qqn), faire sentir à (qqn). Les douleurs la prirent brusquement. Être pris de vertiges. – fam. Qu'est-ce qui vous (te) prend ?, se dit à une personne dont l'attitude est inattendue ou déplacée. – impers. Il me prend l'envie d'aller le voir.
10. Bien, mal lui, vous… prend de : cela a de bonnes, de fâcheuses conséquences. Mal lui en a pris de mentir, il a eu tort, il en subit les conséquences.
III. v. tr. exprimant le commencement ou la progression d'une action (avec certains substantifs)
1. Se mettre à utiliser, à avoir, à être (sans idée d'appropriation). Prendre le deuil : mettre des vêtements de deuil. Prendre la plume : écrire. Prendre le lit : s'aliter.
♦ Faire usage de (un véhicule). Prendre l'avion, le train, sa voiture.
♦ S'engager dans. Prendre un virage. Prendre la porte, sortir. Prendre la mer, s'embarquer. Prendre un raccourci. → EMPRUNTER. – sans compl. direct Prenez à droite, sur votre droite.
2. User à son gré de. Prendre le temps de, prendre son temps. Prendre congé.
3. Se mettre à avoir, se donner. Prendre une décision. Prendre la fuite. Prendre du repos. Prendre la parole, commencer à parler. Prendre l'avantage sur qqn. – (compl. sans article) loc. Prendre position, choisir. Prendre soin de… Prendre acte. Prendre garde. – (formule de politesse) Prenez la peine d'entrer : veuillez entrer.
4. Commencer à avoir (une façon d'être). Prendre une mauvaise tournure. loc. Prendre forme. – (personnes; désignant une action involontaire) Prendre de l'âge : vieillir. Prendre des couleurs. Elle y prend goût. loc. Prendre peur.
5. Subir l'effet de. Prendre feu : s'enflammer. Prendre froid; prendre mal, du mal.
IV. v. intr.
1. (substances) Durcir, épaissir. La mayonnaise a pris. – Attacher, coller.
2. (végétaux) Pousser des racines, continuer sa croissance après transplantation. La bouture a pris.
3. Le feu va prendre, se mettre à brûler.
4. Produire son effet, l'effet recherché. → RÉUSSIR. Vaccin qui prend. C'est une mode qui ne prendra pas.
5. Être cru, accepté. À d'autres, ça ne prend pas !
⬜️ SE PRENDRE v. pron.
1. Se laisser attraper. Un poisson qui se prend dans un filet. – fig. Se prendre au jeu.
2. S'en prendre à : s'attaquer à, en rendant responsable. → INCRIMINER. Il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même, il est responsable de ses propres malheurs.
3. Se prendre de : se mettre à avoir. Se prendre d'amitié pour qqn. → ÉPROUVER.
4. S'y prendre : agir d'une certaine manière en vue d'obtenir un résultat. Elle s'y est mal prise. → PROCÉDER. S'y prendre à deux fois, tâtonner. Savoir s'y prendre.
♦ (avec une précision de temps) Se mettre à s'occuper de. Il faudra s'y prendre à l'avance.
PRIS, PRISE adjectif
(de prendre)
1. (opposé à libre) Occupé. Cette place est-elle prise ? Avoir les mains prises. Ma journée est prise. – Je suis très pris ce mois-ci.
2. Pris de : subitement affecté de. Pris de fièvre; de panique. – Être pris de vin, de boisson : ivre.
3. Atteint d'une affection. Avoir la gorge prise, enflammée.
4. vieilli Bien pris : bien fait. Taille bien prise.
5. Durci, coagulé. La crème est prise. – L'étang est pris, gelé.
2 PRISER verbe transitif — conjugaison [1]
(de prise [II, 6])
◼ Prendre, aspirer (du tabac) par le nez. Tabac à priser. – Priser de la cocaïne.
1 PRISER verbe transitif — conjugaison [1]
(du latin → PRIX)
◼ littér. Donner du prix à. → APPRÉCIER, ESTIMER. – au p. p. Une qualité très prisée.
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prise
---------
奖
=========
0_0: Translations of prise
# n.
奖: award, prize, reward, encouragement
奖金: bonus, prize, reward, award, premium, award money
奖品: prize, award, reward, premium, meed, gong
彩: color, prize, variety, colored silk, blood from a wound, variegated silk
荣获: award, prize
奖杯: cup, prize, premium, reward
锦标: title, trophy, prize
标: sign, indication, award, prize, symptom, surface
# v.
撬: pry, prize, lift
宝贵: treasure, prize, value, esteem, rate highly, regard
宝重: esteem, prize, rate highly, regard, treasure, set a high value on
Larousse Pratique
prise
n.f. prise
1. Action de prendre, de tenir serré:
• Ma prise n'était pas assez forte, le chien s'est échappé.
2. Action, manière de saisir l'adversaire, dans une lutte, un corps-à-corps:
• Des prises de judo.
3. Ce qui permet de saisir:
• Le grimpeur ne trouvait plus de prise pour continuer son ascension (Syn. aspérité, saillie).
4. Action de s'emparer de qqch, de retenir prisonnier qqn; ce qui est pris:
• La prise du pouvoir par l'opposition (Syn. conquête).
• Une prise illégale d'intérêts.
• Une prise d'otages (Syn. capture, enlèvement; Ant. libération).
• Les douaniers ont fait une prise record.
5. Action de recueillir, de capter qqch:
• L'infirmier a fait une prise de sang (Syn. prélèvement).
6. Dispositif de branchement électrique relié à une ligne d'alimentation (on dit aussi prise de courant ou prise électrique):
• Une prise murale.
7. Dispositif servant à capter un fluide:
• Une prise d'eau (= un robinet, une vanne).
8. Action d'absorber; quantité administrée en une fois:
• La prise d'alcool est déconseillée pendant le traitement (Syn. absorption, ingestion).
• Cette dose doit être répartie en trois prises.
9. Pincée de tabac en poudre aspirée par le nez.
10. Action de prendre une attitude, d'adopter un comportement:
• Une prise de position.
• Une prise de décision.
11. Fait de se figer, de se durcir:
• Un ciment à prise rapide.
➤➤➤
Avoir prise sur, avoir des moyens d'action sur:
• Il n'a aucune prise sur elle.
Donner prise à, fournir la matière ou l'occasion de s'exercer à:
• Donner prise à la critique.
Être aux prises avec, lutter contre:
• Les policiers sont aux prises avec des casseurs;
être tourmenté par:
• Il est aux prises avec des difficultés.
Lâcher prise lâcher. Prise de conscience, fait de devenir conscient de qqch, notamm. de son rôle, de sa situation, etc. Prise de contact, première rencontre:
• Ce rendez-vous est une simple prise de contact.
Prise de possession, acte par lequel on entre en possession d'un bien, d'une fonction, d'un territoire, etc. Prise de son, ensemble des opérations permettant un enregistrement sonore. Prise de terre, conducteur électrique servant à établir une liaison avec la terre; prise de courant comportant un tel conducteur. Prise de vue, photographie. Prise de vues, enregistrement des images d'un film; au pl., ces images elles-mêmes. Prise directe, dans la boîte de vitesse d'une automobile, dispositif de transmission directe du mouvement; fig., contact immédiat, étroit:
• Cette romancière est en prise directe avec son époque.
prendre
v.t. prendre (lat. prehendere) [conj. 79]
1. Saisir avec les mains ou avec un instrument:
• Prendre un crayon sur la table.
• Prendre qqn par le bras.
• Prendre des tiges de rosier avec des gants (Syn. attraper).
2. Se munir de:
• Prenez un imperméable.
• Elle a pris ses papiers d'identité avec elle (Syn. emporter; Ant. oublier).
3. Se rendre acquéreur de:
• Prends du pain en rentrant (Syn. acheter).
• Elle prend ses fruits au marché (Syn. se fournir en).
4. Fixer son choix sur:
• Laquelle prenez-vous ? — Je prends la rouge (Syn. choisir; Ant. laisser).
5. Enlever qqch à qqn:
• Les cambrioleurs ont pris ce qui avait de la valeur (Syn. dérober, subtiliser, voler).
• Il lui a pris sa place (Syn. ravir).
6. Se rendre maître de:
• Les policiers ont pris les trafiquants (Syn. appréhender, arrêter).
• Les terroristes ont pris des otages (Syn. capturer).
• Les rebelles ont pris la ville (Syn. conquérir, s'emparer de).
• Prendre le pouvoir.
7. Aller chercher qqn:
• Je passerai vous prendre à la gare.
8. S'assurer les services de qqn:
• Prendre un avocat (Syn. engager).
9. Ingérer qqch:
• Prendre son petit déjeuner.
• Pour vous soulager, prenez un cachet d'aspirine (Syn. absorber, avaler).
• Prendrez-vous un café ? (Syn. boire).
10. Se procurer ce que l'on a besoin de savoir:
• Prendre les mesures de qqn.
• Prendre des nouvelles de qqn (Syn. demander, s'enquérir de).
• Prendre des renseignements sur qqn (Syn. recueillir).
11. Utiliser un moyen de transport:
• Nous prendrons un taxi pour rentrer.
• Prendrez-vous le train ou l'avion ? (= voyagerez-vous par le train ou l'avion ?).
12. S'engager sur une voie de communication, dans une direction; passer par:
• Elle a pris un raccourci (Syn. emprunter).
• Nous prendrons la route vers huit heures.
• Veuillez prendre la porte (= sortir d'ici).
13. S'installer dans:
• Je prendrai un studio en ville (Syn. louer).
• Elle prend ses fonctions en mai (Syn. entrer en, occuper).
• Prendre sa retraite.
14. Livrer son corps à un élément naturel:
• Prendre le soleil.
• Prendre une douche (= se doucher).
15. Opter pour un comportement, une action:
• Prendre des mesures pour lutter contre la pollution (Syn. décider).
• Prendre les précautions nécessaires (Syn. s'entourer de).
• Prendre une initiative.
• Prendre des risques.
16. Se charger de:
• Prendre ses responsabilités (Syn. assumer).
• Prendre la parole (= se mettre à parler).
17. Aborder qqn, qqch de telle manière:
• Elle prend les enfants par la douceur (Syn. traiter).
• Il faut prendre le problème autrement (Syn. envisager).
• Il prend tout de travers (Syn. interpréter).
18. En parlant d'un sentiment, s'emparer soudain de qqn; envahir:
• L'angoisse nous prend en songeant aux otages (Syn. étreindre, oppresser).
19. Surprendre qqn en train de commettre une action répréhensible:
• Les policiers l'ont pris en flagrant délit de vol.
• Je l'ai pris à fouiller dans mes affaires.
20. Absorber entièrement qqn:
• Ses recherches la prennent entièrement (Syn. accaparer).
21. Recevoir en cadeau, en paiement:
• Prenez ces fleurs qui vous sont offertes par notre magasin.
• La maison ne prend pas les chèques (Syn. accepter).
• Il ne prend pas cher.
22. Se faire donner:
• Prendre un rendez-vous chez le médecin (Syn. obtenir).
• Il ne prend ses ordres que d'elle (Syn. admettre, recevoir).
23. Nécessiter tant de temps, tant de place:
• La réparation a pris deux heures.
• Le dossier prend tout le bureau.
24. Accepter de transporter qqn, qqch, de transmettre qqch, de recevoir qqn:
• Prendre un auto-stoppeur.
• Ce train ne prend pas de voyageurs.
• Prendre un message pour qqn (Syn. se charger de).
• Le médecin vous prendra entre deux rendez-vous (Syn. accueillir).
25. FAM. Recevoir un coup, qqch sur le corps:
• Prendre une gifle.
• Il a pris une balle dans le bras.
26. Subir une modification de forme, d'aspect:
• Elle a pris quelques kilos pendant sa grossesse (= elle a grossi de).
• Les événements prennent une bonne tournure.
27. Accrocher, coincer involontairement un vêtement, une partie de son corps:
• Elle a pris sa jupe dans les ronces.
• L'enfant a pris ses doigts dans la porte (Syn. coincer).
28. En parlant d'un objet, d'un lieu, se laisser pénétrer par:
• Les murs prennent l'eau (Syn. absorber, s'imprégner de).
29. En parlant d'un mot, comporter telle lettre, tel signe:
• «Colline» prend deux «l», mais un seul «n».
30. Suivi d'un nom, forme des locutions verbales:
• Prendre feu.
• Prendre racine.
• Prendre froid (= s'enrhumer).
• Prendre part à.
• Prendre garde à (= faire attention à).
• Prendre soin de. (Voir aussi ces mots.)
➤➤➤
À tout prendre, tout bien considéré:
• À tout prendre, il vaudrait mieux partir maintenant.
FAM. Ça me prend la tête, cela m'énerve. C'est à prendre ou à laisser, il n'y a pas d'autre choix qu'accepter ou refuser. Il y a à prendre et à laisser, il y a du bon et du mauvais. Prendre en (+ n.), se mettre à éprouver un sentiment à l'égard de:
• Prendre qqn en pitié.
• Prendre qqch en horreur.
Prendre pour (+ n.), choisir en tant que:
• Il l'a prise pour femme (= il l'a épousée).
• Elle m'a prise pour confidente;
se tromper sur le caractère, l'identité de:
• Je l'avais pris pour une personne de confiance (= j'avais cru qu'il l'était).
• Elle a pris votre retard pour un affront (= considéré comme).
Prendre qqch sur soi, en assumer la responsabilité:
• Vous pouvez vous absenter, je le prends sur moi.
Prendre son temps, ne pas se presser.
v.t. ind. [à].
En parlant d'une idée, d'un comportement, venir soudain à qqn:
• Il lui a pris l'envie de se promener.
• Qu'est-ce qui leur prend ? (= d'où vient leur comportement tout à fait inattendu ?).
➤➤➤
Bien, mal m'en a pris, cela m'a été profitable, préjudiciable.
v.i.
1. Passer de l'état liquide à l'état pâteux ou solide; épaissir:
• Le plâtre commence à prendre (Syn. se figer, se solidifier).
• La mayonnaise prend.
2. Commencer à se développer:
• La bouture a bien pris (Syn. s'enraciner, pousser).
3. Commencer à brûler:
• Le feu ne veut pas prendre (Syn. s'allumer, partir).
• L'incendie a pris dans la cuisine (Syn. se déclarer).
4. Produire l'effet recherché:
• La mystification n'a pas pris (Syn. réussir).
5. Suivre une direction; s'engager dans une voie:
• Prenez à gauche (Syn. tourner).
• Nous avons pris à travers champs (Syn. couper).
➤➤➤
FAM. Ça ne prend pas, je ne vous crois pas. Prendre sur soi, réprimer un mouvement d'humeur; s'imposer un choix désagréable et contraignant.
v.pr. se prendre
1. S'accrocher:
• Sa manche s'est prise dans la poignée.
• La mouette s'est pris les ailes dans le filet.
2. [à]. (Suivi de l'inf.) LITT. Se mettre à:
• Soudain elle rougit et se prit à pleurer (Syn. commencer à).
3. [de]. LITT. Commencer à éprouver:
• Elle s'est prise de tendresse pour eux.
4. [pour]. Se considérer comme:
• Il se prend pour un génie (Syn. se croire).
S'en prendre à qqn, à qqch, s'attaquer à eux, les incriminer. S'y prendre, agir d'une certaine manière en vue d'un résultat:
• Vous vous y êtes mal prise.
• Nous aurions dû nous y prendre plus tôt.
pris
adj. pris, prise
1. Qui est accaparé par une occupation:
• Elle est très prise en ce moment.
2. Qui est atteint par une maladie:
• Avoir le nez pris, la gorge prise (= enflammé).
ⓘ REMARQUE:
Voir aussi prendre.
priser
I.
v.t. priser (du lat. pretium, prix) [conj. 3]
LITT. Faire cas de:
• Elle prise le calme de ce quartier (Syn. apprécier, estimer).
ⓘ REMARQUE:
Ce mot est de la même famille que précieux.
II.
v.t. priser (de prise) [conj. 3]
Aspirer du tabac par le nez.
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