De nos jours, de très nombreuses personnes arborent des tatouages. On peut cependant se demander si leur existence est tolérée en toutes circonstances, et notamment sur le lieu de travail.
En principe, on n'a pas à cacher son tatouage dans le bureau ou l'entreprise où l'on travaille. En effet, le tatouage, imprimé à même la peau, peut être considéré comme partie intégrante du corps.
À ce titre, il ressortit à l'apparence physique d'un individu. Et, comme la loi interdit à l'employeur cherchant à recruter du personnel de faire la moindre discrimination sur la base de l'apparence physique des candidats, il ne peut refuser d'embaucher quelqu'un sous le prétexte qu'il porte un tatouage.
Par ailleurs, le tatouage, par son aspect, peut être assimilé à une sorte de vêtement. Or, l'employeur ne peut pas imposer de mesures générales en matière de tenue vestimentaire de ses employés. Ce qui serait contraire à la liberté individuelle. En revanche, il peut prescrire une tenue spécifique si cela se justifie par la nature du poste. Ainsi, il peut demander à une personne en relation régulière avec le public ou des clients de s'habiller d'une certaine manière. Encore faut-il, comme le précise la jurisprudence, qu'une telle mesure soit "proportionnée au but recherché". Ainsi, un employeur peut demander à un serveur ou à une hôtesse de l'air, par exemple, de dissimuler leurs tatouages, et les licencier s'ils refusent de le faire. La "bonne image" de l'entreprise est aussi invoquée pour justifier une telle demande.
Mais les tribunaux ont estimé qu'il s'agissait là d'une considération trop générale et qu'il appartenait donc à la justice d'apprécier, au cas par cas, si la présence d'un tatouage pouvait vraiment nuire à l'image ou à la réputation de l'entreprise.
D'autres éléments sont encore pris en compte pour juger de l'opportunité d'un tatouage sur le lieu de travail. Ainsi prend-on en considération l'emplacement du tatouage, et plus encore, sa nature.
De fait, il pourrait être demandé à une personne arborant un tatouage au contenu raciste, antisémite ou même immoral, de ne pas le montrer sur son lieu de travail.
Le tatouage est un art traditionnel japonais qui existe depuis des milliers d’années. Après avoir exploré l’histoire et la perception du tatouage au Japon dans un précédent article, nous allons nous intéresser tout particulièrement à la signification du tatouage japonais.
Issus de rituels culturels très anciens pratiqués chez les Aïnous, l’art du tatouage nippon trouve son origine dans la spiritualité. En plus de leur rôle protecteur, les dessins ont une dimension sociale et esthétique. Nous avons pu voir que l’Irezumi ou tatouage traditionnel au Japon représentait pour les Yakuza (membres de la mafia japonaise), un moyen de jurer fidélité à leur clan tout en exprimant leurs valeurs de fidélité, d’honneur et de bravoure.
La signification du tatouage japonais est très forte et la plupart des motifs ne sont pas choisis sans raison. Issues de la mythologie, du bouddhisme ou encore du shintoïsme, les créatures gravées sur la peau sont riches de sens pour celui ou celle qui les porte.
Dragons, tigres, carpes Koï, serpents, phœnix, démons ou encore fleurs de cerisier, découvrez la signification des tatouages japonais les plus populaires.
🐉 Tatouage de dragon, la puissance et la protection

Créature fascinante reliée au milieu aquatique, le dragon japonais représente la puissance et la sagesse au Japon. Alors qu’il semble associé au mal en Occident avec sa tête effrayante, c’est un animal de bon augure en Asie, qui apporte la chance et la protection au sein du foyer.
Le dragon est le roi des éléments. Par conséquent, un tatouage de dragon impose le respect. Généreuse et bienveillante, cette créature mythique reste imprévisible et dangereuse si on la provoque.
🐅 Tatouage de tigre, le courage et la combativité

Ce félin est également un symbole protecteur pour les Japonais qui se font tatouer un tigre afin d’écarter les maladies, se donner du courage et combattre le mauvais sort. Il représente également la force intérieure.
Dans le roman chinois « Au bord de l’eau » qui a profondément révolutionné l’art du tatouage, le tigre est une figure majeure. Tout comme le lion, ce dernier protège des démons et des mauvais esprits. Par ailleurs, celui qui porte un tattoo japonais de tigre s’assure une longue vie.
🐟 Tatouage de carpe Koï, la détermination

Le symbolisme de la carpe Koï est très important dans la culture japonaise qui affectionne tout particulièrement cet animal aquatique. Symbole de virilité, de détermination ou de valeur familiale, la carpe Koï invitera la chance dans votre maison et vous aidera à accomplir votre destin.
Selon la légende du Fleuve Jaune, la carpe Koï remonte les courants et brave les dangers pour atteindre le sommet de la cascade et se transformer en dragon. C’est une source de persévérance et de courage.
Toutefois, sachez que ce tatouage est très présent chez les yakuza. Alors, attention que l’on ne vous prenne pour un mafieux si vous choisissez de vous faire tatouer ce dessin 😉.
Si le motif de carpe koï est plutôt masculin, les femmes le convoitent également en l’associant au lotus.
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❓ Saviez-vous que le tatouage est un véritable tabou au pays du Soleil Levant ? Bien qu'il soit fortement apprécié dans le monde entier, l'art du tatouage a longtemps été persécuté au Japon, obligeant parfois les tatoueurs à exercer clandestinement. De nos jours, le tattoo à encore la vie dure dans l'archipel. 👉 Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article Le tatouage au Japon, le tabou du tattoo ! |
🐍 Tatouage de serpent, la santé

Si cet animal n’a pas une image sympathique en Occident, il est particulièrement apprécié en Asie.
Ce gardien des trésors de la nature protège des maladies et aide à la guérison. Symbole de régénérescence, c’est également un animal empreint de sagesse, qui vous portera chance.
Un tatouage de serpent peut donc être un soutien spirituel face à une maladie que vous devez surmonter.
🔥 Tatouage de phœnix, la renaissance

Le célèbre oiseau qui renaît de ses cendres est un tatouage japonais populaire qui illustre le triomphe et la renaissance.
Pour le tatoué, il peut représenter un nouveau départ dans la vie ou une volonté de tout recommencer en mieux. Pour les plus combattants, il exprime l’invincibilité face à l’adversité.
C’est aussi un symbole d’immortalité. Un majestueux phœnix tatoué sur le torse ou le dos sera du plus bel effet pour effrayer vos ennemis.
🌊 Tatouage Vague de Kanagawa, la force vitale

La Grande Vague de Kanagawa, véritable emblème du Japon est une œuvre célèbre d’Hokusai qui représente la puissance de la nature face à l’homme.
L’eau est un élément vénéré qui symbolise la pureté et la vie dans la religion shintoïsme. Au Japon, c’est un motif populaire souvent associé à la vague, pour sa nature imprévisible. Ce tatouage traduit la notion de vie et de mort.
🥢 Tatouage de geisha, raffinement et beauté

Au Japon, la geisha est connue pour son sens du raffinement et sa maîtrise des arts. Inaccessible et mystérieuse, la geisha est l’objet de fantasme. C’est une femme cultivée, belle et talentueuse qui est particulièrement admirée au Pays du Soleil Levant. Tatouée sur la cuisse, le haut du dos ou la nuque, la geisha saura vous tenir compagnie.
🌺 Tatouage japonais de fleurs et arbres
Les motifs floraux, végétaux ou naturels tels que les fleurs, les arbres, les feuilles, les nuages, le feu ou le vent sont très utilisés dans les tatouages au Japon. Ils servent souvent de fond aux éléments principaux, mais peuvent également être au premier plan du tattoo, comme le cerisier. L’arbre symbolise souvent la force alors que les fleurs évoquent la délicatesse et la perfection.
🌸 Tatouage de fleurs de cerisier, la vie éphémère

Emblème du Japon, la fleur de cerisier représente la fragilité et la beauté de la vie éphémère. Pour les Samouraï qui étaient prêts à sacrifier leur existence, ce motif exprimait la conscience de la mort qui pouvait survenir à tout instant.
La fleur de cerisier illustre la douceur et la féminité tout en rappelant le caractère évolutif du vivant. Si vous décidez de vous faire tatouer des fleurs de cerisiers sur l’épaule ou l’avant-bras, vous garderez à l’esprit que la vie est courte et belle et qu’il faut en profiter pleinement… à l’image des sakura qui fleurissent au printemps.
Ce tatouage mixte séduit les hommes et les femmes au Japon.
🍃 Tatouage de fleur de lotus, la spiritualité

Le lotus qui s’enracine sous l’eau et remonte pour éclore à la surface représente les épreuves de la vie et le chemin à traverser pour les surmonter.
C’est aussi la fleur de l’éveil spirituel et de l’accomplissement chez les bouddhistes. La fleur de lotus accompagne souvent les tatouages de carpe koï.
👌 Tatouage de fleur de chrysanthème, la perfection

Symbole de l’empereur, le tatouage de chrysanthème évoque un rang social supérieur et un sens de la perfection hors du commun. Cette fleur que l’on honore chaque année au Japon lors du Kiku Matsuri représente la lumière et le soleil. Alors qu’en France, le chrysanthème est connoté à la mort.
Si vous choisissez de vous faire tatouer un chrysanthème au Japon, gare à ne pas prendre la grosse tête.
💸 Tatouage de fleur de pivoine, richesse et confiance

La fleur de pivoine symbolise la prospérité, la confiance et la richesse. Eh oui, lorsque l’on croit en soi, on arrive à beaucoup de choses. Le tatouage de pivoine est un pilier pour ne plus jamais douter de ses compétences.
🏹 Tatouage de Samouraï, l’honneur

Le tattoo de samouraï exprime l’honneur et la loyauté à toute épreuve ainsi que le sacrifice. Il est souvent entouré de fleurs de cerisier. Pour les tatoués, il représente des valeurs encore très ancrées au Japon.
👹 Tatouage du masque d’Hannya, la vengeance

Dans les légendes nippones, Hannya est une femme démon qui revient sur Terre dans le but de se venger de l’homme qui lui a infligé sa souffrance. Elle est à la fois triste et en colère. Un tatouage de démon Hannya évoque une double facette : la femme blessée et la femme dangereuse et redoutable.
On dit que le tatouage est le reflet de l’âme. La signification du tatouage est au moins aussi importante que sa qualité esthétique. Pour cause, les choix des motifs en disent long sur votre personnalité. C’est pourquoi, avant de franchir la porte d’un salon de tatouage, vous devez connaître la symbolique des dessins que vous choisissez.
Le tatouage au Japon, le tabou du tattoo !
Souvent associé aux Yakusa, le tatouage au Japon n’est pas aussi bien perçu qu’en Occident. Alors que les Européens et les Américains exhibent leurs tatoos avec fierté 💪, les Japonais, eux, préfèrent les cacher. Pourtant, cet art japonais ancestral est particulièrement ancré dans l’histoire du pays du Soleil Levant.
Apparu dès la préhistoire, le tatouage était associé à des rituels dans les premières civilisations nippones. Il servait alors de symbole d’appartenance sociale, de protection spirituelle ou encore d’ornement. Plus tard, il est utilisé pour identifier les criminels avant de devenir la marque de fabrique des yakusa 💣. Bien que cet art soit un sujet sensible sur l’archipel, les tatoueurs japonais sont particulièrement réputés pour leur talent dans le monde entier. Des premiers peuples aux temps modernes en passant par l’ère Edo, découvrez comment le tatouage a définitivement marqué l’histoire du Japon.
Les origines du tatouage au Japon
La pratique du tatouage remonte à la Préhistoire comme peuvent l’attester les statuettes en argile ornées de symboles tribaux, retrouvées dans des tombeaux de l’époque Jomon.
Les Aïnous, tribu aborigène de chasseurs, pêcheurs et cueilleurs se tatouaient en guise de protection spirituelle, mais aussi pour montrer leur rang social ou pour s’embellir. Ainsi, les femmes se faisaient graver des symboles sur les bras et autour des lèvres dès la puberté et jusqu’au mariage, selon les rites traditionnels.
Tribu Aïnou et tatouages traditionnels.
Les hommes quant à eux, étaient tatoués sur le visage et le corps pour afficher leur appartenance à un clan ou à un type de métier.
Dans certaines îles du sud du Japon, les femmes indiquaient qu’elles étaient mariées en se tatouant les mains, dans un but à la fois religieux et social.
Un art ancestral mal-aimé
Les récits sur les Aïnous relatés par les chroniqueurs chinois rapportent une perception négative du tatouage. Ces rites de passage sont mal compris et considérés comme une pratique barbare. Par conséquent, l’arrivée du bouddhisme et de l’influence chinoise au Japon nuisent à l’image de cet art traditionnel devenu tabou 🤐. Ainsi, les prisonniers sont marqués de symboles sur le bras ou le front, en guise de châtiment jusqu’en 1870. En parallèle, les Japonais se détournent du tatouage pour se consacrer à la mode du vêtement et du parfum.
L’essor du tatouage à l’ère Edo
A l’ère Edo, le tatouage connaît un fort développement et une certaine codification apparaît. Ainsi, l’on distingue le tatouage d’honneur qui flatte les héros du tatouage de prisonnier destiné aux bandits. Toutefois, le tatouage japonais continue d‘essuyer une mauvaise réputation. En effet, le nombre de criminels est en forte augmentation dans les grandes villes. Ces derniers camouflent leurs marques indélébiles de prisonniers sous de nouveaux motifs plus étendus. De même, les prostituées et les geishas de bas rang se font tatouer le corps dans un but esthétique, ce qui a pour effet d’accentuer la connotation négative de cet art japonais.
Guerriers japonais tatoués dans les années 1870 (photographies colorisées).
Paradoxalement, on assiste à l’émergence d’une nouvelle tendance où le tatouage est à la fois décoratif et symbolique. Le roman illustré de Shui hu zhuan ("Au bord de l’eau"), dont les héros sont des guerriers intégralement tatoués est un véritable succès au Japon. A noter que les chevaliers de rue connus pour leurs tatouages et leur bravoure étaient eux aussi admirés à l’époque Edo. Le corps recouvert d’élégants motifs devient un modèle de virilité et de courage inspirant l’art et la littérature nippone.
D’autre part, les artistes Ukyo-e et le théâtre Kabuki participent fortement à l’effervescence du tatouage dans l’archipel. Ainsi l’on pouvait voir des gravures de dragon, de tigre, de carpe koï, serpent et autres créatures de la mythologie japonaise sur de nombreuses estampes. La popularité de l’Ukyo-e combinée à l’amélioration des techniques de gravure donne un nouvel élan au tatouage traditionnel japonais.
Ce dernier se répand particulièrement dans plusieurs corps de métier, notamment chez les pompiers, les coursiers et dans le secteur de la construction. D’ailleurs, saviez-vous que certains ouvriers japonais avaient l’habitude de travailler sans vêtements ? 😳
C’était le cas des tobis ; des travailleurs de haute voltige, très appréciés des habitants du Japon. Ces ouvriers se faisaient souvent graver d’imposants dragons pour habiller leur corps et se protéger du danger. De la popularité du tatouage au développement des motifs naquit un nouveau métier : celui d’artiste-tatoueur ou horishi au Japon.
Tatouage au Japon, le fruit défendu
Avec l’ouverture du Japon sur le monde, le gouvernement Meiji, soucieux de l’image qu’il donne aux Occidentaux, décide d’interdire la pratique du tatouage en 1872. C’est alors que les dessins sont camouflés par les vêtements et les coutumes pratiquées chez les aïnous et dans certaines régions sont proscrites. Les tatoueurs opèrent dans l’ombre, près des ports où ils reçoivent les marins clandestinement ⚓, tout en se couvrant d’un autre métier. Toutefois, le tattoo japonais, réputé pour son raffinement, séduit les personnalités royales aux 4 coins du monde telles que le Prince Georges ou le Tsar Nicolas II.
Pendant l’occupation américaine qui suivit la Seconde Guerre mondiale, la pratique est à nouveau légalisée, cependant, l’image du tatouage reste sombre, car il est associé aux classes basses et aux yakuzas.
Le tatouage chez les Yakuzas
Si le tatouage connaît un regain de popularité à l’après-guerre et pendant les années 70-80, il reste une pratique courante au sein de la mafia japonaise. Une tradition reprise à leurs pères, les bakutos, qui se marquaient les bras de cercles pour symboliser chaque crime commis. Une manière d’imposer la crainte autour de soi.
Le tatouage chez les Yakusa.
Au 19e siècle, les yakuza s’emparent définitivement du tatouage comme signe distinctif du crime organisé. Les motifs encrés servaient de rites d’initiation pour prouver l’engagement des membres et l’appartenance à un clan. Les yakuza voyaient dans cette pratique artistique, un moyen d’exprimer leur courage et leurs valeurs tout en se marginalisant de la société.
Les tatouages des yakuza, appelés Irezumi, recouvraient une large surface du corps voire son intégralité : le dos, le torse les bras, les fesses et les jambes.
Signification des tatouages
Parmi les motifs les plus populaires du yakuza, on peut citer :
- 🐲 le dragon ou le lion, symboles de protection face au danger
- 🐅 le tigre qui exprime la force et la longévité
- 🐟 la carpe koï, symbole de chance et de persévérance
- 🦅 le phœnix qui désigne la gloire et l’immortalité
- 🐍 le serpent évocateur de puissance et de santé
- 🗡 le samouraï qui représente l’honneur et la loyauté
- 🌸 la fleur de cerisier qui évoque la fragilité de la vie éphémère
- 💀 la tête de mort, les démons, la pivoine, le lotus et autres illustrations issues des légendes asiatiques.
Aujourd’hui, les yakuza privilégient davantage les motifs discrets de type tribal ou américain au style japonais. Si le tatouage fait partie de leur culture, cette pratique tend à diminuer car ils cherchent d’avantage à se fondre dans la masse.
Le métier de tatoueur et l’art de l’Irezumi
L’apprenti tatoueur est formé par un maître qui exerce sous un patronyme auquel il ajoute le mot hori (graver). Il manipule les outils, prépare les encres et s’entraîne à dessiner les motifs de son mentor durant de nombreuses années avant de pouvoir tatouer les clients à son tour. Par ailleurs, il observe et apprend les différentes techniques traditionnelles. Lorsqu’il est prêt à exercer, il reçoit officiellement un nom de tatoueur dérivé de celui de son maître.
Tatouage irezumi réalisé à l'aide d'un tébori.
C’est un métier difficile à pratiquer au Japon tant la réglementation est floue. L’art du tatouage est dévalorisé sur ses propres terres. De plus, les autorités japonaises lui font régulièrement la peau. Depuis quelques années, les interpellations dans les salons de tatouages se multiplient en invoquant la loi 2001 qui stipule que seuls les médecins ont le droit d‘injecter de l’encre sous l’épiderme. C’est pourquoi de nombreux tatoueurs japonais exercent leur art de manière clandestine ou s’installent à l’étranger.
Technique traditionnelle de l’Irezumi
L’Irezumi est le style de tatouage traditionnel japonais qui consiste à recouvrir une large partie du corps ou parfois le corps en entier. Les dessins s’arrêtent au poignet et à la cheville pour être facilement dissimulés par des vêtements, comme ceux des yakusa.
Ce type de tatouage est très long à réaliser et douloureux. L’artiste utilise le tébori, un outil constitué d’un bâton de bambou muni d’aiguilles à son extrémité. Ces dernières sont imprégnées de Nara noir, une encre aux pigments bleu-vert. Le tatoueur insère l’encre en piquant sous la peau point par point, de manière répétitive.
Il existe plusieurs formes d’Irezumi en fonction de la zone tatouée, ainsi on peut opter pour un tatouage intégral ou plus localisé comme un « dos de tortue » un « buste fendu » ou simplement une « manchette » qui s’étend sur l’avant-bras. Aujourd’hui, avec les risques de contamination, les matériaux se sont modernisés pour des questions sanitaires, mais les méthodes restent intactes.
Si vous avez envie de vous faire tatouer un Irezumi traditionnel, sachez que cela vous coûtera un bras 💪. Un tatouage intégral peut valoir jusqu’à 30 000 euros 💰. Il faut aussi avoir beaucoup de temps puisque certains motifs prennent plus de 5 ans à réaliser. Pour les plus pressés, vous pouvez choisir la technique du dermographe beaucoup plus rapide, mais moins précise pour les dégradés.
En général, le tatoueur trace d’abord les contours à la machine avant de remplir au tébori sur de nombreuses séances. Les motifs quant à eux sont toujours les mêmes qu’à l’époque Edo. C’est à dire des créatures issues de la mythologie asiatique pour la plupart, entourées d’éléments naturels tels que l’eau, le feu, la faune et la flore. Les jeux d’ombres et de lumières sont particulièrement marqués. La pratique de l’Irezumi est extrêmement codifiée que ce soit au niveau des formats, des couleurs et des techniques utilisées. Aussi, l’artiste-tatoueur a pour habitude de signer son œuvre.
Le rapport au tatouage dans le Japon actuel
S’il fait partie de son histoire, Le Japon n’a pas vraiment le tatouage dans la peau. Toutefois, la vision moderne tend à évoluer. En règle générale, les petits tatouages discrets sont acceptés et sont même jugés plutôt cool 👍 aux yeux des jeunes Japonais. Les motifs de prédilection sont les formes tribales et les tatouages occidentaux.
En revanche, les stigmates des gros tatouages ont la peau dure. La forme Irezumi qui recouvre une grande partie du corps a tendance à effrayer toutes les générations, d’autant plus s’il sont portés par des Japonais. Le tatouage est donc toujours corrélé à la pègre et aux yakusa. A noter que certains bains publics, salles de sport et onsen excluent encore les personnes tatouées. Aussi, il faut savoir qu’avoir un tatouage est mal vu dans le milieu du travail. Heureusement, les mentalités évoluent et l’art de l’encrage semble de plus en plus accepté dans les grandes villes.
Exemples de panneaux d'interdiction aux personnes tatouées dans certains lieux publics.
Si le tatouage n’est pas encore totalement reconnu à sa juste valeur au Japon, il est considéré comme une véritable œuvre d’art dans le reste du monde. Ainsi, de nombreux Occidentaux se font tatouer dans l’archipel. Quant aux Japonais, on espère qu’ils prendront conscience de ce trésor caché afin de perpétuer l’art traditionnel de l’Irezumi.
Référence : https://universdujapon.com/blogs/japon