Mi-septembre 2023, L'iPhone 12 a été retiré de la vente, et ceux déjà en circulation pourraient être rappelés dans toute la France. Le modèle émet trop d'ondes.
Apple est en pleine tourmente. Ce mardi 14 septembre, alors que Tim Cook, le directeur général, présentait l’iPhone 15 au grand public, L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a annoncé ordonner le retrait de la vente de l’iPhone 12.
L’organisation, ainsi que le ministre de la Transition numérique, Jean-Noël Barrot reprochent à ce téléphone, le premier à avoir bénéficié de la technologie 5G d’émettre trop d’ondes. Bien que ce soit très léger, l’iPhone 12 dépasse la limite règlementaire de débit d’absorption spécifique (DAS).
Seul l’iPhone 12 est concerné
Problème : dans l’ordre de retrait de vente, aucune précision n’est donnée quant au modèle en particulier. Car l’iPhone 12 a aussi des cousins : l’iPhone 12 Pro, l’iPhone 12 Pro Max et l’iPhone 12 mini.

À première vue, seule leur taille, qui va de 13,2 cm à 17,02 cm les différencie. C’est le « mini » (logique) qui est le plus petit, et le Pro Max, qui est le plus grand.
Mais, l’iPhone 12 classique et l’iPhone 12 Pro font la même taille. Pour les différencier, il faudra retourner son téléphone.
Comment savoir si c’est un iPhone 12 ou un iPhone 12 Pro ?
« L’arrière est en verre mat texturé et son cadre est entouré d’une bande à bords plats en acier inoxydable », note Apple concernant l’iPhone 12 pro, sur son site internet. Pour le 12 classique, « l’arrière est en verre, et son cadre est entouré d’une bande à bords plats en aluminium anodisé ».
Encore plus simple : il faut compter le nombre d’objectifs d’appareils photo. Le 12 classique en dénombre 2, quand le Pro en a 3.
Vers un rappel des iPhone 12 classique ?
Et c’est important de bien savoir quel est le modèle de cet appareil qui nous accompagne partout. Car outre l’interdiction de vente, le ministre et l’ANFR brandissent une autre menace : forcer le rappel national, voire européen, de tous les iPhone 12 classiques.
En effet, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe donc les ondes électromagnétiques comme cancérogènes possibles.
Aussi, les dernières expertises de l’Anses ont fait apparaître, avec des niveaux de preuve limités, différents effets biologiques chez l’être humain ou chez l’animal, notamment sur « le sommeil, la fertilité mâle chez l’animal ou encore les performances cognitives ».
Mais l’Anses précise : « À ce jour, aucun lien entre les effets biologiques décrits sur des modèles cellulaires, animaux ou chez l’être humain et d’éventuels effets sanitaires qui en résulteraient n’a été démontré. »
Pour autant, il y a deux ans de cela, Apple recommandait de tenir les iPhone 12 à distance de certains appareils médicaux tels que les simulateurs cardiaques implantés, pacemaker ou défibrillateurs.
D’ailleurs, Didier Cugy, médecin spécialiste du sommeil au CHU de Bordeaux, contacté par actu.fr, recommande de laisser son téléphone le plus loin possible de soi. Que ce soit lorsque l’on l’utilise, ou lorsque l’on dort. « Mettre à distance son téléphone, c’est se protéger des ondes », certifie-t-il.
Si s’endormir sans le téléphone est trop dur, le mettre en mode avion est également une bonne option : « Le mode avion déconnecte tous les éléments radio du téléphone : il n’émet plus », rappelle le médecin.
Ondes : Apple va mettre à jour l'iPhone 12 pour se conformer aux règles européennes
«Le constructeur m’a assuré qu’il mettrait en place dans les prochains jours une mise à jour sur l’iPhone 12», affirme ce vendredi le ministre Jean-Noël Barrot.
C’est la fin d’un bras de fer entre la multinationale et les autorités françaises et européennes. «Après discussions et comme demandé (mardi) par l’ANFR (l’agence des fréquences), le constructeur Apple m’a assuré qu’il mettrait en place dans les prochains jours une mise à jour sur l’iPhone 12», affirme ce vendredi le ministre français délégué au Numérique, Jean-Noël Barrot.
«Nous publierons une mise à jour logicielle pour les utilisateurs français afin de tenir compte du protocole utilisé par les autorités françaises de régulation», a souligné un porte-parole d'Apple dans une déclaration distincte.
Si le constructeur a décidé de se conformer aux normes européennes sur le niveau d’émission d’ondes, c’est pour mettre fin au retrait de la commercialisation de l’iPhone 12 en France, en oeuvre depuis mercredi. Ce modèle dépassait de 1,74 W par kilogramme (W/kg) la valeur limite réglementaire correspondant à l’énergie pouvant être absorbée par le corps humain lorsque le téléphone est tenu à la main.
Une mise à jour qui sera contrôlée par l’ANFR
Néanmoins, le dossier n’est pas encore clos. Une fois la mise à jour publiée, l’ANFR aura deux semaines pour mener des tests en laboratoire afin de vérifier si elle a effectivement permis à l’iPhone 12 de repasser sous les seuils d’émissions d’ondes. Si c’est le cas, les mesures seront levées et les commerçants pourront à nouveau proposer l’iPhone 12 à l’achat. Dans le scénario inverse, l’ANFR confirmera l’interdiction de vente et pourra ordonner le rappel des appareils concernés. Cette mesure est rarissime. Elle a été prononcée quatre fois depuis 2019 pour les smartphones Razer Phone 2, Echo Horizon Lite, Leagoo S8 et Allview X4 Soul Mini.
Apple continue de soutenir que son produit, commercialisé en 2020, est conforme aux standards définis dans le monde par de nombreuses organisations internationales. «Les régulateurs français utilisent un protocole de test spécifique», explique le porte-parole. La marque a fourni à l’ANFR des résultats d’études indépendantes menées en laboratoire par des tiers pour démontrer que ses appareils respectent les normes.
Ce n’est pas la première fois que l’agence des fréquences prend des mesures contre des constructeurs, avec une quarantaine de smartphones mis en cause depuis 2017 : Wiko, Huawei, Nokia, Motorola, Xiaomi, One Plus, RealMe, Logicom, Essentiel B ou Samsung. Mais Apple n’avait encore jamais été épinglé par l’organisme.
Le dépassement de la mesure est probablement inoffensif. D'ailleurs, «la non-conformité détectée ne justifiait pas un rappel immédiat», assure l'ANFR. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), «rien n'indique pour l'instant que l'exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité soit dangereuse pour la santé humaine».