
Si les Hébreux sont élus par Dieu pour sceller son alliance avec les hommes, ils sont d'abord un peuple « à la nuque raide » [Livre de 'Exode]. Et ce caractère est loin d'être une qualité, tant leur résistance aux ordres divins les retardera, selon la tradition, dans le grand dessein qu'il a conçu pour eux.
Néanmoins, dans l’obstination à n’en faire qu’à leur tête réside certainement toute la profondeur de la pérégrination du peuple hébreu relatée au sein des Livres de l’Exode et des Nombres : les Hébreux sont avant tout humains, et c’est avec cette humanité qu’ils vont suivre Moïse dans le désert – lieu géographique qui, dans une lecture spirituelle, doit être entendu de façon symbolique.
« La pérégrination au désert est l’image de la vie intérieure du croyant » et ses épreuves sont « autant de purifications du cœur humain », explique le religieux Philippe Plet dans Les Hébreux au désert. Lecture du Livre de l’Exode (Salvator, 2018), une lecture spirituelle de l’épisode biblique. Cheminer au désert réclame un acte de foi initial : les Hébreux avancent vers une terre uniquement promise comme le croyant chemine en lui-même armé de la seule certitude qu’il va vers Dieu.
Mais avant d’atteindre le pays « où coulent le lait et le miel » (Exode 3, 8), il faut endurer le désert, d’abord un lieu de lumière et de dépouillement, donc de purification. Celui-ci est aussi le lieu des tentations – Jésus y passera quarante jours à résister au diable – parce que tout manque.
