Qu’est-ce que le syndrome de la fille aînée ? Et comment le vivre au mieux ? Être l’aînée de sa fratrie lorsqu’on est une femme comporte ...
Qu’est-ce que le syndrome de la fille aînée ? Et comment le vivre au mieux ?
Être l’aînée de sa fratrie lorsqu’on est une femme comporte son lot de complications et de difficultés. Éclairage sur un phénomène encore méconnu.
Êtes-vous celle que l’on appelle en cas de problème ? Devez-vous gérer la logistique familiale : organisation d’anniversaires, fêtes de famille ? Durant votre enfance et adolescence, vous êtes-vous principalement occupée de vos petits frères et sœurs ? Si tel est le cas, alors vous devez certainement souffrir du « syndrome de la fille aînée ». Le hashtag #eldest daughter syndrome a généré à ce jour 312 millions de vues sur TikTok. Si pour l’instant, il n’existe pas d’appellation officielle à ce phénomène, ni de condition psychologique reconnue cliniquement. Force est de constater l’engouement suscité. Alors qu’est-ce le syndrome de la fille aînée ? Comment peut-on mieux le gérer, le vivre ? Décryptage ci-dessous.
Définition du Syndrome de la fille aînée
Vous êtes celle qui accompagne votre parent malade chez le médecin, celle qui rappelle aux autres membres de la famille la date d’anniversaire de mamie et se charge d’acheter le cadeau commun. Très souvent, vous servez d’intermédiaire entre vos jeunes frères/sœurs et vos parents. Vous avez gardé et veillé votre fratrie lorsque vous étiez adolescente. Voici quelques menus exemples de tâches dévolues à celle qui occupe le rang d’aînée dans la fratrie. Alors chance ou malédiction ? La seconde option serait davantage de mise. Le syndrome de la fille aînée est le consensus social tacite, autour des prérogatives et devoirs implicites qui incombent à la sœur aînée. Être une fille aînée équivaut généralement à porter la charge mentale de la famille. En plus de s’occuper de la logistique matérielle, il y a une charge émotionnelle familiale importante à gérer. Très tôt, on leur apprend à se soucier des autres membres et de veiller à leur confort, comme par exemple d’effectuer quelques tâches domestiques au sein du foyer. Ou de protéger leurs petits frangins à l’école. « Les jeunes enfants ont tendance à admirer leurs aînés, et les considèrent comme des figures parentales secondaires. Cela peut conduire à imposer beaucoup de responsabilités aux plus âgés », explique Michelle Elman, coach de vie et conférencière dans une interview.
Cette responsabilisation trop précoce va de pair avec un traitement “deux poids deux mesures” entre les différents enfants, selon leur rang dans la fratrie. En effet les parents n’élèvent pas le premier enfant comme le dernier, et cela est un comportement inconscient. « L’aîné des enfants est le premier enfant avec lequel les parents apprennent leur rôle. Ils sont souvent plus stricts, plus impliqués. Avec l’arrivée des enfants suivants, leur méthode éducative s’assouplit, ils découvrent ce qui fonctionne ou pas. Cela signifie donc que le plus jeune enfant aura une éducation très différente de celle de l’aîné », analyse l’auteure et conférencière.
« Dans la construction psychologique d’un individu, l’influence de la fratrie est bien plus grande que celle des parents. ». Etonnants, ces propos ? 😏 Et pourtant : entre fusion et rivalité, nos frères et sœurs participent à notre identité.
— Psychologies (@Psychologies_) May 2, 2021
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Une tâche principalement réservée aux femmes
Bien entendu, quel que soit notre sexe, en tant qu’aîné, nous sommes susceptibles de connaître ce type de situation. Cependant, le succès de cette expression est dû au fait que l’attente sociétale envers les femmes en matière de responsabilité familiale et domestique est nettement supérieure à celle de leurs homologues masculins. Encore une fois, la fameuse charge mentale est le lot des femmes. « Celles-ci, même lorsqu’elles sont encore enfants, sont attendues dans le rôle de “soignante” plus que les garçons. Cela peut-être soit s’occuper de jeunes frères et sœurs, soit s’il y a un membre âgé ou handicapé dans la famille, d’assurer ses soins et son bien -être » explique Michelle Elman. Difficile, en effet, de se libérer de siècles de patriarcat, où la femme a été cantonnée à un rôle de nourricière, dévouée à autrui. Quitte à en souffrir et à s’oublier.
Comment faire alors, si vous vous reconnaissez dans ce syndrome de la fille aînée ? Peut-on s’en dégager sans blesser ses proches ?
Le poids des responsabilités que cela incombe peut-être très lourd à porter, aussi afin de préserver sa santé mentale, voici les conseils de la coach de vie :
- Fixez des limites. A vous-même d’abord et aux autres membres de la famille. Vous n’êtes ni serviable ni corvéable à souhait.
- Créez votre propre réseau de soutien. Si les liens familiaux sont souvent compliqués, n’hésitez pas à rechercher du soutien émotionnel chez vos amis. Ils sauront vous écouter et comprendre vos difficultés et frustrations.
- Ne donnez des conseils que si on vous le demande clairement ! Les membres d’une même famille se permettent d’interférer dans la vie des uns des autres “pour leur bien”. Mais ce comportement s’avère toxique sur le long terme. Respecter l’intimité et les limites des uns et des autres, est un premier pas vers des relations familiales saines et apaisées.
- Apprenez à faire de vous-même votre priorité. Prenez soin de vous et chouchoutez-vous, comme vous l’avez fait durant des années avec vos proches.
Psycho : c'est quoi le "syndrome de la fille aînée" ?
Aînée de la fratrie, vous vous sentez constamment sollicitée par vos parents et vos frères et sœurs ? Ce n'est peut-être pas qu'une sensation, mais le syndrome de la fille aînée, sur qui pèse une lourde charge mentale.
Pour vos proches, vous êtes celle que l'on appelle quand il y a un problème. Vous vous occupez de vos frères et sœurs, plus jeunes que vous, pour leurs devoirs, leur déclaration de revenus, ou simplement pour les soutenir dans les moments difficiles. C'est ce que l'on appelle le syndrome de la fille aînée, ou syndrome de la sœur aînée. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une condition psychologique ou d'une étiquette officiellement reconnue, l'idée ici est qu'être la fille, ou la sœur, aînée, équivaut globalement à gérer la charge mentale de la famille.
Planification des événements et sorties, veille au bon fonctionnement du foyer, gestion des travaux domestiques ou aider à la gestion des émotions des autres, autant de choses qui peuvent être attendues de la fille aînée dans certaines familles. En bref, il s'agit d'un niveau de responsabilité énorme pour une enfant, une adolescente, voire une adulte, surtout lorsque les autres membres de la fratrie ne sont pas soumis aux mêmes obligations. Selon Michelle Elman, coach de vie, ce syndrome de la fille aînée est lié au fait que, de manière générale, avec le ou la première-née, "les parents apprennent à élever leurs enfants". "Et le stéréotype veut qu'ils soient souvent plus stricts, plus impliqués, et au fur et à mesure qu'ils ont des enfants, ils découvrent ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas", explique la spécialiste auprès de Glamour UK.
Un syndrome ancré par la société
Si le syndrome de la fille aînée n'est pas nécessairement une mauvaise chose (on a évidemment le droit de soutenir ses proches), il peut devenir difficile à vivre lorsque la charge mentale et les responsabilités sont trop difficiles à porter. Malheureusement, comme l'explique Michelle Elman, ce schéma est souvent ce que la société attend des femmes et des filles. "Les femmes, même lorsqu'elles sont enfants, sont censées s'occuper davantage des autres que les hommes, qu'il s'agisse de s'occuper de leurs jeunes frères et sœurs ou d'un membre de la famille souffrant d'un handicap, en prenant en charge la majeure partie des tâches de soins", explique la spécialiste.
Comment se préserver du syndrome de la fille aînée ?
Pour préserver sa santé mentale, car c'est bien ce dont il est question avec ce syndrome de la fille aînée, Michelle Elman conseille de fixer ses limites avec sa famille. "Ce n'est pas parce qu'iels sont de la famille que vos limites doivent changer. Restez ferme et, s'iels vous manquent de respect, réaffirmez vos limites", lance la spécialiste. Cette dernière rappelle d'ailleurs que vous avez le droit de demander de l'aide à vos proches : être un soutien pour eux ne signifie pas que vous n'en avez pas, vous aussi, besoin de temps en temps. Enfin, Michelle Elman conseille de ne pas donner de conseils non sollicités à vos proches. "Demandez si l'on veut votre avis avant de le donner. Les familles peuvent être un foyer d'opinions non sollicitées, alors rompez ce schéma en veillant à demander avant de donner votre point de vue", explique-t-elle. Le but ? "Avec un peu de chance, les autres membres de votre famille se feront l'écho de vos bonnes limites et suivront le mouvement", explique-t-elle.
Le "syndrome de la fille aînée" peut avoir de lourdes conséquences
Aîné, cadet, benjamin : on dit souvent que le rang occupé dans la fratrie a un impact sur notre vie. Le "syndrome de la fille aînée", popularisé au cours des mois passés, confirme d'ailleurs cette théorie. Ainsi, la première-née de la famille serait plus responsabilisée que ses frères et/ou soeurs. Une situation qui n'est pas sans conséquences...
Avez-vous entendu parler du “syndrome de la fille aînée” ? Sur internet, cette condition fait parler bon nombre de personnes concernées. Si le phénomène n’est pas médicalement reconnu, il est très certainement vécu - en témoignent les nombreuses filles qui partagent leurs anecdotes sur TikTok. Les hashtags associés (#eldestdaughtersyndrome #oldestdaughtersyndrome) rassemblent ainsi près de 33,9 millions de vues lorsqu’ils sont cumulés. Un sujet qui semble donc toucher et fédérer d’innombrables aînées… Mais à quoi correspond-t-il ? Le syndrome de la fille aînée désigne l’ensemble des devoirs et responsabilités imposées à la première fille de la famille, en raison de son rang dans la fratrie.
Les coachs en parentalité expliquent que, puisqu’elle a été leur premier enfant, les parents ont dû apprendre à l’éduquer sur le tas. Ils ont donc fait preuve de beaucoup de zèle et de sévérité à son égard. Dès le plus jeune âge, elle a été conditionnée pour se plier excessivement à l’autorité parentale, pour coller à l’étiquette de "modèle" qu’ils lui ont attribuée, et pour remplir les responsabilités qui lui sont incombées. Elle doit effectuer ses devoirs sans broncher, car elle est une “figure parentale secondaire”* qui montre l’exemple aux cadets (qui apprennent en imitant les personnes plus âgées). Si les internautes s’en amusent et plaisantent à ce sujet, le phénomène est en réalité plus grave qu’il n’y paraît… Il implique des conséquences lourdes et destructrices sur la santé mentale de la première-née, qui incluent la charge mentale, le burn-out ou encore la parentification de l’enfant concernée.
Syndrome de la fille aînée : une charge mentale multidimensionnelle
On connaît tous une fille aînée dans notre entourage. Qu’importe la famille dont elle est issue, sa personnalité ou bien son vécu, elle correspond souvent à la même description que celle appliquée à ses pairs : celle de l’enfant qui doit surveiller ses petites soeurs et/ou petits frères, qui doit aider les parents dans les tâches ménagères ; bref, qui doit soutenir les membres de la famille dans toutes les sphères… Dès le plus jeune âge, la fille aînée est inconsciemment noyée de responsabilités, soumise à une charge mentale difficile à supporter : c’est ce phénomène qu’on appelle “syndrome de la fille aînée”.
Avec le temps, la charge mentale de la fille aînée ne disparaît pas : bien au contraire, elle s’accroît. En grandissant, elle ne se déleste pas de ses responsabilités déjà bien ancrées, mais d’autres viennent en plus s’y ajouter. Puisqu’elle gagne en âge et en maturité, les parents considèrent qu’elle est désormais apte à assumer plus de responsabilités… Résultat : ils se permettent de déléguer plus de choses, dans plus de domaines. Et la charge mentale revêt plusieurs dimensions.
- Charge domestique : plus que les autres enfants de la fratrie, elle va s’occuper des tâches ménagères du foyer. Faire la vaisselle, faire le ménage, faire les courses, laver le linge : l’aînée assume énormément de corvées pour alléger la charge de travail de ses parents. Cette charge domestique commence dès l’enfance.
- Charge émotionnelle : pilier de la famille sur tous les plans, les membres de la fratrie peuvent aussi se reposer sur elle en termes émotionnels. Lorsqu’ils ne vont pas bien, qu’ils ont un chagrin, qu’ils ont besoin de se confier ou qu’ils nécessitent des conseils : ils se tournent vers elle.
- Charge mentale dite de “kinkeeping” : en plus d’être un soutien émotionnel, l’aînée se porte également garante de l’entente entre les membres de la fratrie et préserve l’harmonie relationnelle de la famille.
- Charge médicale : elle va par exemple s’occuper de prendre rendez-vous chez le médecin pour son petit-frère et/ou sa petite sœur, voire même pour ses parents.
- Charge administrative : adulte, c’est vers l’aînée qu’on va automatiquement se tourner pour s’occuper des papiers administratifs des parents lorsque ceux-ci ne sont plus en capacité de se débrouiller. Factures, impôts, lettres…
Ces nombreuses couches de charge mentale qui se superposent avec les années, condamnent l’aînée de la fratrie à assumer beaucoup trop de responsabilités par rapport à ce qu’elle peut vraiment supporter. Cela a des effets sur sa santé mentale : épuisement émotionnel et physique, stress, burn-out...
Un trop-plein de responsabilités qui peut basculer dans la parentification de l’aînée
L’autre risque engendré par le syndrome de la fille aînée est de la soumettre au phénomène de parentification. Ce dernier intervient quand les parents imposent de trop grandes responsabilités à la première-née ; responsabilités non adaptées à son âge ou à son niveau de maturité. Ainsi, lorsque l’aînée est responsabilisée à outrance depuis sa plus tendre enfance, cela peut avoir de lourdes conséquences sur sa santé mentale et sur son psyché. Puisqu’elle endosse des devoirs d'adulte qui ne devraient pas la concerner, qu’elle ne se sent pas capable d’assumer, elle peut ensuite subir stress chronique et anxiété.
Le deuxième risque entraîné par la parentification est le déni des émotions : l’aînée, qui se sent investie de la mission de soulager ses parents, peut mettre de côté ses émotions pour servir le reste de la fratrie. Invalidée, négligée, non reconnue dans ses émotions par elle-même et donc par les autres, elle peut devenir une femme très critique envers sa personne, constamment en proie au sentiment de culpabilité.
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